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Les Livres

C'est moi, François, Edith Bruck (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 13 Janvier 2023. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Editions du Sous-Sol

Edith BRUCK, C'est moi, François, 2022, 132 p., 13 euros. Traduit de l'italien par René de Ceccatty. Préface du Pape François. Edition: Editions du Sous-Sol

 

Une rencontre insolite, merveilleuse de sens, entre le Pape François et la survivante de la Shoah.

François a désiré rencontrer chez elle celle qui depuis des décennies témoigne de la condition juive, dans les écoles, lors de conférences.

Edith, née en Hongrie, en 1931, a raconté dans "Le pain perdu" la tragédie que sa famille a connue.

Devenue Italienne et écrivaine, elle a épousé le poète Nelo Risi, frère de l'auteur du "Fanfaron".

D'emblée, une mystérieuse chimie unit ces deux êtres, poursuivis tous deux par le désir de paix.

Le Pape a apprécié "La lettre à Dieu" qui clôt "Le pain perdu". Et sa poésie. Le livre ainsi déroule quelques poèmes d'auteurs particulièrement appréciés par Edith : Attila Jozef, Miklós Radnóti, César Vallejo.

Les deux amis vont se rencontrer à plusieurs reprises et c'est l'occasion d'offrandes, de surprises, de partages. Et d'émotions, aussi.

Un bonheur viril, La Trilogie du Losange, Tome III (inédit), Françoise d’Eaubonne (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 13 Janvier 2023. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

Un bonheur viril, La Trilogie du Losange, Tome III (inédit), Françoise d’Eaubonne, novembre 2022, 320 pages, 20 € Edition: Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

Nous pouvons rencontrer chez les saints une délicatesse et une bonté féminines ainsi qu’une sollicitude véritablement maternelle envers les âmes qui leur sont confiées, et, à l’inverse, chez les saintes, une intrépidité, une fermeté et un esprit de décision virils (Edith Stein)

Pourquoi les hommes ont disparu ?

Un bonheur viril est le dernier tome de La Trilogie du Losange, de Françoise d’Eaubonne (1920-2005). Le thème de ce roman d’anticipation s’inspire d’une époque masculiniste tellement oppressive qu’elle a causé la disparition des hommes et la révolte des femmes, la fin de l’andocentrisme, l’avènement de l’« ère Ectogenèse », où les derniers rescapés, des éphèbes transgenres, étaient faits prisonniers. Les femmes ont alors inauguré la toute nouvelle société matriarcale du Losange. Le pouvoir « viril » est abouché à l’industrie, au rendement massif, au profit, et « un oligopole » impose un capitalisme brutal, avec le fascisme comme système politique.

Le mur de l’Atlantique – Olivia Resenterra (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 12 Janvier 2023. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Les éditions du Rocher

Le mur de l’Atlantique – Olivia Resenterra – 176 p. – 16,50 euros – 11/01/2023 Edition: Les éditions du Rocher

 

« Dans la chambre de la Nonna, plus aucune trace du grand lit en bois dans lequel je dormais avec elle, ni du crucifix garni d’un rameau d’olivier placé à sa tête, ni de la banquette d’appoint où couchait mon frère, bordé jusqu’au menton comme s’il risquait de chavirer en pleine mer. »

 

Le mur de l’Atlantique est un livre inspiré par les souvenirs des grands-parents, la mémoire des lieux de l’enfance, les instants de bonheur partagé, sans jamais tomber dans des niaiseries romanesques. La mémoire est toujours musicale quand elle est ainsi célébrée, quand elle s’accorde au temps retrouvé, et fait surgir des mélodies et des chansons italiennes, pour ne pas oublier d’où viennent ces hommes et ces femmes qui ont fondé une famille loin de leur terre natale, et si près de l’Atlantique.

Volontaires pour l’échafaud, Vincent Savarius (Bela Szasz) (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 12 Janvier 2023. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Julliard

Volontaires pour l’échafaud, Vincent Savarius (Bela Szasz) Traduit du hongrois par Jérôme Hardoin, Julliard (Les Lettres Nouvelles), 317 pages Edition: Julliard

 

Dans le tome 3 de Soixante ans de journalisme littéraire, somme publiée en novembre 2022 par les Editions Maurice Nadeau, portant sur Les années “Quinzaine littéraire” (1966-2013), Maurice Nadeau évoque et commente l’ouvrage de Bela Sàndor Szasz, alias Vincent Savarius, intitulé dans sa traduction française "Volontaires pour l'échafaud ».

Voici un extrait de ce qu’en dit le célèbre critique :

« S’il planait encore un mystère sur les Procès de Moscou, on savait déjà par l’admirable livre de Savarius sur l’Affaire Rajk que tout le système reposait sur un truc, une astuce enfantine :  amener l’accusé à collaborer avec son juge instructeur, de façon qu’ils fabriquent tous deux ensemble un produit qui s’appelle l’aveu. Savarius avait refusé de jouer le jeu et, finalement, s’en était miraculeusement tiré. »

Giono et la nouvelle d’atmosphère : relire Solitude de la pitié (par Olivia Guérin)

Ecrit par Olivia Guérin , le Jeudi, 12 Janvier 2023. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

 

Quand on pense à l’œuvre de Giono, on pense au premier chef aux romans de sa deuxième période, comme Un roi sans divertissement (1947) ou Le hussard sur le toit (1951). Il est pourtant une partie de son œuvre bien intéressante et trop peu connue : ses nouvelles, en particulier celles d’avant-guerre. Je m’intéresserai ici au recueil Solitude de la pitié, initialement paru en 1932.

Pour ma part, j’affectionne tout particulièrement le premier Giono, celui des chroniques paysannes, de la Trilogie de Pan (Colline, Un de Baumugnes, Regain), où l’auteur s’est attaché à décrire le monde rural de Haute-Provence, les gens de peu, la nature, avec une affection et une vigueur rarement égalées. En lisant Solitude de la pitié, j’ai eu plaisir à retrouver ses portraits mi-affectueux mi-moqueurs des paysans de cette région (par exemple dans la nouvelle « Joselet »), dans des textes où l’auteur s’amuse à pointer leurs petites marottes (« Jofroi de la Moussan ») ou leurs grandes folies (la pièce maîtresse du recueil est sans conteste la longue nouvelle « Prélude de Pan », racontant une scène de transe qui s’empare de tout un village et se termine en orgie).