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La Déroute des idées, Appel à la résistance, Philippe-Joseph Salazar (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 18 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Essais

La Déroute des idées, Appel à la résistance, Philippe-Joseph Salazar, Piranha Editions, octobre 2021, 252 pages, 18 €

 

 

La rhétorique ? Un mot très ancien pour désigner une chose plus ancienne encore. Selon d’aucuns, le mot et la chose sentent le renfermé, le moisi, la naphtaline, la toge mitée, les estrades vermoulues, les péroraisons prévisibles d’avocat commis d’office ou de sous-préfet d’arrondissement aux comices agricoles, les effets de manche, les figures de style aux noms qu’on imagine échappés des pages d’un dictionnaire médical (chleuasme, épanorthose, tapinose, etc.).

Et s’il s’agissait d’autre chose ?

La Passe-Miroir, Christelle Dabos (4 tomes) (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 17 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Folio (Gallimard)

La Passe-Miroir, Christelle Dabos, Folio, octobre 2021, quatre tomes : Les Fiancés de l’hiver (608 pages, 8,70 €), Les Disparus du Clardelune (704 pages, 9,50 €), La Mémoire de Babel (576 pages, 8,70 €) & La Tempête des échos (704 pages, 9,50 €) Edition: Folio (Gallimard)

 

Un « phénomène éditorial », c’est ainsi qu’est présentée la tétralogie de La Passe-Miroir, publiée par Christelle Dabos entre 2013 et 2019 : le succès a immédiatement été au rendez-vous, et le premier tome, Les Fiancés de l’hiver, a été primé à quatre reprises. Dans la catégorie Roman pour la jeunesse, cette tétralogie est chaudement recommandée à n’importe quel parent s’enquérant de lectures pour un enfant déjà amateur de J.-K. Rowling, C.-S. Lewis ou Philip Pullman (l’auteur de ces lignes en est témoin : c’est ainsi qu’il a découvert La Passe-miroir, pour sa fille âgée de onze ans). La curiosité, ainsi que le goût pour les romans à destination de la jeunesse qui font rêver, réfléchir et au fond montrent que l’adolescence n’est qu’une transition parfois heurtée et chaotique vers l’âge adulte (qui elle-même ne sort jamais vraiment de la jeunesse, de l’émerveillement de l’enfance), incitaient à lire cette tétralogie, récemment rééditée chez Folio.

Vivian Maier, À la surface d’un miroir, Paulina Spucches (par Arnaud Genon)

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 17 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Arts

Vivian Maier, À la surface d’un miroir, Paulina Spucches, éditions Steinkis, novembre 2021, 151 pages, 22 €

 

 

Vivian Maier, en peinture

Dans les quelques publications récentes autour de Vivian Maier (catalogue de l’exposition au Musée du Luxembourg, essais biographiques de Françoise Perron et de Ann Marks qui retracent sa vie et interrogent son œuvre), le livre de Paulina Spucches occupe une place particulière. Il s’agit d’un roman graphique, le premier livre de la jeune autrice, âgée de 21 ans, qui a découvert le travail de Maier lors d’une exposition à San Sebastian en 2019. Elle créé ici un dialogue inattendu mais bienvenu entre l’art photographique, celui de Vivian Maier et la bande-dessinée, mais aussi entre le biographique et la fiction, raison pour laquelle le livre n’a pas été approuvé par la succession de Vivian Maier, la collection Maloof ou la galerie Howard Greenberg.

La femme qui a tué les poissons, et autres contes, Clarice Lispector (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 14 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Amérique Latine, Nouvelles, Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

La femme qui a tué les poissons, et autres contes, Clarice Lispector, décembre 2021, trad. portugais (Brésil) Izabella Borges, Teresa Thiériot, ill. Julia Chausson, 104 pages, 15 € . Ecrivain(s): Clarice Lispector Edition: Editions Des Femmes - Antoinette Fouque

 

Le cafard est aussi une bête

Dans une toute récente traduction de contes, Clarice Lispector (1920-1977) fabrique de courtes nouvelles pour enfants avec ce recueil intitulé La femme qui a tué les poissons et autres contes. Ces contes sont suivis d’un texte inédit, Comme si c’était vrai. Les différentes histoires sont illustrées par une trentaine de gravures sur bois bichromiques et trichromiques (vert olive, émeraude clair et moutarde), de Julia Chausson (née en 1977). Certaines gravures situeraient l’illustratrice du côté de Félix Vallotton ou de Paul Gauguin, au vu des angles, des lignes noires et épaisses et du traitement graphique sans ombres portées.

Dire ton nom, Max Alhau (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 14 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie

Dire ton nom, Max Alhau, Les Lieux Dits, 2021, Coll. Les Cahiers du Loup bleu, Ill. Germain Roesz, 40 pages

Ce qui intrigue bien sûr, dans ces poèmes, c’est le « nom » qui ne sera jamais prononcé, gage à la fois de mémoire, de respect et d’étrangeté.

Le poète décline ainsi sur une petite quarantaine de pages le « visage », la lumière de cette figure secrète, riche et féconde de tous les signes.

Elle est ce « tu » auquel nombre de poèmes s’adressent :

 

Tu ne te dérobes pas au blizzard,

à ce qui brise la marche.

(…)

Tu es l’habitante d’un pays

dont les légendes fortifient la réalité.