Identification

La Une Livres

Dans l’herbe, Victor Malzac (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 28 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie, Cheyne Editeur

Dans l’herbe, Victor Malzac, décembre 2021, 64 pages, 16 € Edition: Cheyne Editeur

 

Ce second livre de Victor Malzac vient de recevoir le Prix de la Vocation 2021.

En quatre longs poèmes, le livre déploie une quête, une soif, une volonté de comprendre son corps, son âme, ses proches. On est dans le cœur-corps d’un jeune homme qui n’en finit plus de découvrir ses plaies, ses désirs, ses envies « dans un parc », « dans l’herbe ».

Il a des compagnons de fortune (ou d’infortune), des parents, il n’a pas d’âge, il multiplie les saccades de langage, il s’interrompt, il gère sa fatigue, ses pulsions, il ne gère rien du tout et sa langue beugue, beugle, gémit, ardente, improvisée, syncopée en diable.

C’est la langue juvénile et si mature d’un jeune poète flamboyant, qui flambe sa jeunesse à coups de vers nouveaux.

Cette langue de vrai poète – jaculatoire et forte – mime tous les assauts d’un cœur-corps qui se découvre, qui a la faim de tout, qui mange et veut manger, et veut « boire la mousse de mon nombril ».

La Nuit comme le jour est lumière, François Huguenin (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 27 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Biographie

La Nuit comme le jour est lumière, François Huguenin, Les éditons du Cerf, janvier 2022, 176 pages, 18 €

 

« Green m’a révélé la violence des sentiments qui campaient en moi et auxquels je ne comprenais rien. Il m’a parlé du silence de Dieu en mettant en lumière un désir inassouvi et que je ne savais nommer.

Green m’a sauvé ».

Il faut toujours prendre au sérieux les noms que donnent les écrivains à leurs livres, La Nuit comme le jour est lumière en est l’exemple parfait. Il donne la note à laquelle va s’accorder le livre, comme le fait un chef de chœur. Les romans et les Journaux de Julien Green sont des pièces musicales (1) qui se répondent, sombres ou lumineuses, souvent tremblantes, certaines brillent plus que d’autres par leur force littéraire, mais toutes révèlent les tourments et les inspirations de l’écrivain qui s’attache toujours à la langue française, sa langue, celle de ses confessions et de sa consécration à l’Académie française.

D’une île à l’autre, Patrick Renou (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Jeudi, 27 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Roman, Presses de la Cité

D’une île à l’autre, Patrick Renou, août 2021, 320 pages, 20 € Edition: Presses de la Cité

 

Tout est vrai dans ce livre pourtant un roman. Dans sa préface l’historienne Arlette Farge parle d’un style tendre et persuasif.

J’ajouterai qu’il est sincère et efficace à plus d’un titre.

Tout d’abord, le romancier est un travailleur acharné de détails et de documentations diverses à partir du moment où le hasard lui met entre les mains, chez un bouquiniste, un livre ancien sur les paquebots et qui lui révèle, à bord, la présence d’une passagère clandestine donnant naissance, en pleine mer, à une petite fille. Ensuite il cherchera à savoir et construira, autour de la vie d’un couple et de l’enfant à naître, un roman profondément humain et attachant.

Passagère clandestine sur « L’Ile de France », Milena quitte la Lettonie avec New York pour objectif.

Enceinte, sur le bateau, initialement, personne ne la comprend : « Elle raccrocha, regarda Milena comme la Sainte Vierge “Mais d’où tu viens ?”. Toujours est-il que sainte, célibataire ou fille de joie, Jeanne la couvrait de soins ».

La Poésie de la terre ne meurt jamais, John Keats (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mercredi, 26 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Iles britanniques, Poésie

La Poésie de la terre ne meurt jamais, John Keats, Poesis Editions, novembre 2021, trad. anglais, Cécile A. Holdban, Thierry Gillyboeuf, 128 pages, 16 €

Ce recueil offre, d’abord, d’admirables traductions (par Cécile Holdban) des plus forts poèmes de Keats, dont voici – la lecture ici suffit à tout – deux extraits (l’un tiré de : À l’automne ; l’autre de : Bright star) :

« Saison des brumes et des fruits veloutés,

Amie intime du soleil mûrissant,

Conspirant avec lui pour charger et bénir

De fruits les vignes courant sous les toits de chaume ;

Pour courber sous les pommes les arbres moussus des jardins

Et gorger chaque fruit de maturité jusqu’en son cœur ;

Capter l’indicible, Silvaine Arabo (par Parme Ceriset)

Ecrit par Parme Ceriset , le Mercredi, 26 Janvier 2022. , dans La Une Livres, Les Livres, Recensions, Poésie

Capter l’indicible, Silvaine Arabo, éditions Rafael de Surtis, septembre 2021, 76 pages, 15 €

 

Ce recueil est une quête, une aventure exploratoire dont la visée est de déchiffrer en transparence la grande énigme du monde, « l’arcane mystérieux » qui se cache sous le voile des apparences, afin de « reconquérir en somme le privilège d’être ».

Cette mission s’inscrit dans la continuité de la spiritualité ancestrale, de « toutes ces mains filant le destin du silence / D’âge en âge / De blancheur en blancheur ».

L’auteure incite le lecteur à s’engager lui aussi sur ce chemin : « L’univers est en toi / Entends, ami, entends / Le chant suprême des Transparents ! ».

Pour l’accompagner, elle, poète, « Elle – tisseuse », l’aide à ouvrir « les vannes de l’indicible », à percevoir ce « grand souffle arrimé au métier transparent », ce « quelque chose en l’être qui se détend / qui vibre, enfin, dans l’univers du reflet ».

Elle lui délivre quelques indices, points de repères qui éclaireront son parcours : ainsi, il reconnaîtra