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Ecriture

Art de consommer - 34

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 22 Avril 2013. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

« Les autres pourront aimer certaines choses en vous, d’autres choses moins. Ils pourront envier certaines choses en vous. Ils ne vous envieront que très rarement dans votre entier. N’essayez jamais de vous conformer à leurs attentes. Ils seraient toujours déçus.

Ils ne savent pas vraiment ce qu’ils attendent. »

Note 55 (feuillet 40) du carnet (D48) de Jeannot Reveiri.

 

Jeannot avait téléphoné à Maartje. Le numéro n’était plus attribué.

Il avait appelé Liesbeth. Elle avait éteint son portable. Il avait appelé Liesbeth sur son fixe. Il ne supprimait jamais un numéro qu’il avait entré dans son répertoire.

Il y avait eu quelques exceptions.

52.dimanche (XIV)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 20 Avril 2013. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

dimanche 1er avril 2012

 

lettre pour les pâques fleuries

qui va ?

en fait qui est celui qui agit à l’intérieur, et que je connais simplement dans le prisme de ma propre étrangeté ?

je ne sais

il s’agit sans doute de quelqu’un qui a une part de ressemblance avec moi, car celui qui écrit n’est pas exactement celui qui vit

par exemple, que puis-je définir à partir du bon goût du bol de café de ce matin, sinon à m’en faire l’interprète ?

Art de consommer - 33

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 15 Avril 2013. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Byou avait renoué avec les angoisses de la fin du dix-neuvième siècle, et notamment avec la peur d’être enterré vivant. Il avait insisté auprès d’une société pour qu’elle lui fabrique un Karnice (il lui avait fourni les plans détaillés), appareil mis au point par Byou de Karnice-Karnicki, que l’on pouvait définir en onze points :

« 1° L’appareil est hermétique et ne laisse aucune communication entre l’intérieur de la tombe et le monde vivant, de sorte que toute crainte d’émanations dangereuses est absolument écartée ;

2° Il est facilement transportable et peut servir à un nombre infini de tombes, condition essentielle pour pouvoir arriver au bon marché, de telle sorte que son emploi augmente à peine les frais d’enterrement ;

3° La pose de l’appareil, ainsi que son enlèvement, se font sans ouvrir le cercueil et sans déplacer une pelletée de terre, travail pas plus compliqué que celui de planter un pieu dans le sol ;

4° La construction de l’appareil est des plus simples – pas de batteries électriques faisant si souvent défaut, pas de rouages compliqués, rien qui ne puisse être compris par l’ouvrier le plus simple ;

52.dimanche (XIII)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 13 Avril 2013. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

le dimanche 25 mars 2012

 

qui discourt ?

ou le portrait de l’artiste en lui-même

ce matin, au milieu de la page, l’angélus qui sonne comme une biffure

et par cette sonnerie je vais essayer de rendre intelligible ce quelque chose de la blessure, de l’instabilité propre à l’action d’écrire, apparition des idées et des discours

c’est comme naturel que cette intelligence vienne en brise-lames, une forme d’esprit qui s’étaie dans le bois d’œuvre de mon travail

La maison de Salvatore

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 09 Avril 2013. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

A Venise, toutes les maisons sont numérotées. Comme les Vénitiens ambitionnent, à juste titre, de se distinguer du monde entier, la numérotation qu’ils ont adoptée est incompréhensible pour les non-initiés. Et pas seulement pour eux, les autochtones s’y perdent aussi, il paraît que même les facteurs ne s’y retrouvent pas.

Toutes sont numérotées, sauf une qui s’élève dans la Calle del Forno (1).

C’est une petite rue qui doit son nom au four à pain qui s’y trouvait jadis ; elle est située dans le Sestier Dorsoduro, celui qui est au sud de Venise, au-delà du Grand Canal, et qui englobe l’île de la Giudecca. La Calle del Forno débouche sur le Campo San Margherita (2). Quant à l’unique maison vénitienne dont la façade est demeurée vierge de tout numéro, elle est très ancienne, inhabitée et sa décoration intérieure n’a jamais été achevée. Pourquoi ? C’est une vieille histoire qui remonte au 16è siècle.