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Zombi, Joyce Carol Oates

Ecrit par Paul Martell , le Samedi, 09 Juillet 2011. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Stock

Zombi. Stock La Cosmopolite – 216 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Joyce Carol Oates Edition: Stock

Dans la tête d’un monstre. Dans la tête d’un serial killer. Dans Zombi (déjà sorti en 1997 en France et réédité cette année) il ne s’agit pas de l’un de ces tueurs « cools », à la Patrick Bateman d’American Psycho, ou diablement retors, suprêmement intelligent, comme le cannibale Hannibal Lecter du Silence des agneaux. C’est dans la tête d’un malade mental, au véritable sens du terme, que l’on est invité. Et d’un pauvre gars, il faut bien le dire.

Pour écrire Zombi, plongée à la première personne dans quelques mois de la vie d’un serial killer, Joyce Carol Oates s’est inspiré du cas Jeffrey Dahmer, prénommé ici Quentin, ou Q… P… (Pour prolonger la lecture, ou la préparer, on pourra se reporter au chapitre que consacre Stéphane Bourgoin à Jeffrey Dahmer dans son très réussi Livre Noir des serials killers, paru chez Points).

Quelque temps plus tôt, Quentin a été accusé d’agression sexuelle sur un mineur. Une agression à laquelle ne veulent pas croire ses parents, mais aussi sa grand-mère qui le prend pour le plus parfait des petits-fils.

Mais ils se font berner. Si Quentin s’est fait pincer pour agression sexuelle, le lecteur soupçonne qu’il a commis bien plus grave, mais surtout qu’il envisage de faire bien plus grave. Car une idée lui est venue.

Psychose, Robert Bloch (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 19 Juin 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Moisson Rouge

Psychose. Robert Bloch. Nouvelle traduction de l’américain Emmanuel Pailler. Mai 2011. 188 p. 15 € . Ecrivain(s): Robert Bloch Edition: Moisson Rouge

 

On doit imaginer d'abord l’étrangeté absolue de l’entreprise d’une lecture qui consiste à retrouver un univers, des personnages, une histoire non seulement connus mais installés dans nos mémoires depuis des décennies ! Par le livre de Bloch déjà, écrit en 1959 et traduit une première fois en français en 1960. Et surtout par le chef-d’œuvre cinématographique d’Alfred Hitchcock en 1960.

Et pourtant, il se trouve que cette lecture est un formidable moment de découverte.

D’abord par la préface de Stéphane Bourgoin, qui éclaire les sources de la fiction : L’affaire Ed Gein, fermier du Wisconsin, Serial killer de femmes chez qui la police trouvera un véritable musée des horreurs, du dépeçage au cannibalisme. Point de départ de « Psychose » certes mais aussi de milliers de livres et scenarii (Le silence des agneaux et le Dahlia Noir entre autres …)

Ensuite par l’étonnant personnage central, le célèbre Norman Bates, auquel il nous est bien difficile de ne pas prêter le physique félin et filiforme d’Anthony Perkins. Il est chauve, gras, petit, laid ! On ne peut plus antipathique, à mille lieues du charme vénéneux et ambigu de notre Anthony.

Spooner, Pete Dexter (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 12 Juin 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil)

Spooner. 2011. 555 pages. 24 € . Ecrivain(s): Pete Dexter Edition: L'Olivier (Seuil)

Spooner est de ces livres-fleuve qui vous installent des personnages et des scènes destinés à durer toujours dans votre mémoire littéraire. Et il faut bien commencer par le début : la naissance du bonhomme.

« La mère de Spooner se lève seule en roulant sur le côté et, durant ces premiers instants à la verticale, une main agrippée à une chaise et l’autre couvrant sa bouche en cas de mauvaise haleine matinale, accouche de Spooner, apparu les pieds devant et de la couleur d’une aubergine, le cordon ombilical enroulé autour du cou, tel un petit homme nu précipité dans l’autre monde par la trappe d’un gibet »

Pete Dexter a planté le décor, comme les pieds de Spooner sur cette terre ! Comment ne pas penser à Rabelais, à ce moment bien sûr mais  tout au long de ce roman picaresque, drôle, baroque, émouvant, puissant ? La vie de Spooner va nous coller à la peau sur plus de 500 pages. Dans une famille décalée d’enseignants américains pauvres (pléonasme ?) ayant « pondu » trois garçons plus étonnants l’un que l’autre. Deux surdoués intellectuels et … Spooner, surdoué aussi mais autrement, par ses performances physiques (il sera un grand joueur de Base-Ball), par son humanité dévorante, par sa folie assoiffée de la vie. Un personnage et un livre qui évoquent aussi John Fante par la fluidité de la narration, son flot qui emporte et par la vie bouillonnante qui anime les personnages et les scènes de vie qu’ils traversent.

Dans un jour ou deux, Tony Vigorito

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 05 Juin 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Gallmeister

Dans un jour ou deux, 360 p, 23,50 € . Ecrivain(s): Tony Vigorito Edition: Gallmeister

Quel drôle de livre que ce Un jour ou deux !

Tout commence par un graffiti. Blip, professeur de sociologie en passe de perdre son emploi, et meilleur ami du narrateur du livre, Fountain, devient soudainement un adepte du graffiti. Sous un pont, il écrit à la peinture blanche les mots « OH OH ». Le graffiti a un effet inattendu, provoque réactions et interrogations.

« Le graffiti de Blip offrait aux gens quelque chose à partager, si bizarre fût-elle, et un esprit de corps littéralement inédit se pose sur la ville comme un enivrant nuage de gaieté ».

Puis quelqu’un écrit une réponse : « Quand ».

Et Blip d’inscrire ensuite : « Dans un jour ou deux ».

Mais que va-t-il se passer dans un jour ou deux ? Blip a une intuition. Un complot mondial est en route. Un complot mondial ??? Mais quand un champignon est pour lui une sonde extraterrestre, on peut penser qu’il souffre d’une légère paranoïa.

Quoique…

Ce monde cruel, Richard Lange (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 22 Mai 2011. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Ce monde cruel, 352 pages, 23 € . Ecrivain(s): Richard Lange Edition: Albin Michel

Ce monde cruel. Le titre est un peu bateau, rappelle bien d’autres livres, films ou téléfilms. Ça promet le roman à thèse, forcément, où l’on apprendra au final pourquoi le monde est cruel. Mais nous ne le savions pas déjà un peu, non ?

Jimmy Boone est un ex-détenu en liberté conditionnelle. Ancien marine et garde du corps, il a passé près de cinq ans à prison. Devenu barman au Tick Tock, il doit se tenir à carreaux, éviter les ennuis, sinon c’est retour à la case prison.

Un jour, il accompagne Robo, l’homme de la sécurité du Tick Tock, à un rendez-vous. Il doit faire semblant d’être policier. Et Jimmy qui s’était promis de rester sage sait qu’il a déjà mis les pieds dans un engrenage fatal, forcément fatal.

Ils rendent visite au grand-père d’un sans-papier guatémaltèque retrouvé mort dans un bus, le corps criblé de morsures de chiens infectées. Le grand-père veut juste savoir comment est mort son petit-fils. Juste connaître les circonstances du drame. Il ne s’agit même pas de retrouver un ou des coupables.

Et Boone se retrouve propulsé dans une enquête où il croisera des dealers peu habiles, des organisateurs de combats de chiens, une strip-teaseuses vengeresse ou une ex-policière à la beauté troublante.