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Théâtre

Le théâtre est dans le pré (2) (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 08 Septembre 2020. , dans Théâtre, Les Chroniques, La Une CED


Le Collectif artistique Le Lieu-Dit, après Puissance de la Douceur, spectacle donné en ouverture du « micro-festival post confinement », a donné carte blanche à Vanessa Amaral (membre du collectif) et à Gabriela Alarcon-Fuentes, pour rêver, penser le mot sirène en amont de la représentation. Chimère maléfique ou amoureuse, ayant traversé tant d’univers imaginaires, voici la sirène. Proposition, chantier, écriture en devenir, en attendant les sirènes, se dévoile : texte lu ou dit, feuillets encore en mains comme aux répétitions.

Travail donc à deux voix, à deux corps. Tout d’abord, songe du célèbre conte cruel d’Andersen. La petite sirène, là, dans la campagne, émerge d’une mer de hautes herbes blondes que le vent par rafales agite ; elle danse dans les vagues végétales. Mais n’y-a-t-il pas dans le domaine du roi de la mer un grand jardin ?

Les gens légers, Jean Cagnard (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 17 Juin 2020. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espaces 34

Les gens légers, 75 pages, 13 € . Ecrivain(s): Jean Cagnard Edition: Espaces 34


L’œuvre de Jean Cagnard est une œuvre prolifique, touchant à tous les grands genres littéraires (romans, nouvelles, poésie), mais le théâtre sans doute tient une place de choix dans l’ensemble de ses œuvres. Il a d’ailleurs été en 2018 lauréat du grand prix de Littérature Dramatique pour Quand toute la ville est sur le trottoir d’en face.

Les pièces de Jean Cagnard ont été publiées notamment chez Ed. 1057 Roses, Ed. Théâtrales et Espaces 34.

Espaces 34 propose une seconde édition des Gens légers, sorti en 2006. D’une certaine manière, le texte s’affirme dans un temps suspendu. Il s’agit d’une pièce qui échappe à quelque chose de particulier : elle ne prononce pas, elle n’articule pas ce que certains appellent hâtivement son sujet. L’auteur, en une seule page dense que l’on pourrait nommer « postface », écrit qu’il a effacé le mot shoah parce qu’il ne lui appartient pas. C’est un mot fantôme comme ces étranges voix qui se croisent ici.

Ce qui arriva après le départ de Nora, suivi de Après Nora, Elfriede Jelinek (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 10 Juin 2020. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'Arche éditeur

Ce qui arriva après le départ de Nora, suivi de Après Nora, février 2020, trad. allemand, Magali Jourdan, Mathilde Sobottke, 120 pages, 14 € . Ecrivain(s): Elfriede Jelinek Edition: L'Arche éditeur

 


Elfriede Jelinek est née en 1946 en Autriche. Musicienne éprise de culture, de littérature, elle devient romancière, autrice de théâtre mais aussi traductrice, poétesse, scénariste. Elle n’a jamais cessé de bousculer, de scandaliser même la société bourgeoise autrichienne, à l’histoire trouble durant la période nazie. Elle aborde également frontalement la condition des femmes, leur sexualité. Ce sont surtout ses romans qui l’ont fait connaître en France du plus grand nombre, comme La Pianiste, adapté au cinéma. Elle a reçu en 2004 le prix Nobel de littérature.

Le théâtre traduit en français d’Elfriede Jelinek est édité chez L’Arche.

Mangrove Lucie Vérot (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 05 Février 2020. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espaces 34

Mangrove, Lucie Vérot, 2019, 70 pages, 13,80 euros. Edition: Espaces 34

 

La Guyane est un très lointain territoire français coincé entre le Brésil et le Surinam. Pays atlantique et de la forêt amazonienne. Souvenir et fantasme d'empire colonial.

La mémoire collective l'associe à son bagne de Cayenne, à la déportation terrible et inique du capitaine Dreyfus sur l'île du Diable, au site de lancement de fusées à Kourou et à la violence autour des chercheurs d'or. Elle n'a, en revanche et injustement, pas suscité l'émergence d'oeuvres littéraires importantes ou ayant retenu l'attention des lecteurs. Certes Cendrars en baroudeur et reporter a consacré un texte en 1930, Rhum, au personnage controversé de Jean Galmot, industriel, homme politique, installé en Guyane. En 2017, une série télévisée, Guyane, est diffusée sur Canal +. Ce qui, somme toute, est assez maigre. Ce pays mérite mieux.

Le repli du paysage Magdalena Schrefel (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 30 Janvier 2020. , dans Théâtre, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espaces 34

Le repli du paysage Magdalena Schreffel, 2019, traduction de Katarina Stalder. 62 pages, 13 euros. Edition: Espaces 34

 

La lecture d'un texte de théâtre contemporain est une expérience, qui assez souvent tient d'un mystère à dévoiler, d'un sens qui ne pourra réellement se donner que lorsque le spectacle effacera le texte « pur ». Il y a dans tout cela une énigme, parfois une impossibilité à tout saisir. La pièce de M. Schreffel, Le repli du paysage témoigne de cette expérience déstabilisante. En effet de quoi parle cette pièce ? Est-ce une fable écologique qui met en lumière l'abandon du travail humble de la terre, dans la campagne de Carinthie, en Autriche, le changement du paysage au profit de l'élaboration d'une Machine toute puissante qui se mettra même à parler et ce, au travers du personnage de Josef, le père désigné dans la liste des personnages comme un « excentrique » que ni son fils, ni le bourgmestre du village ne parviennent à détourner de son entreprise qu'ils jugent insensée. S'agit-il d'une tragédie contemporaine où le Destin ne relève plus des dieux mais des dérèglements inéluctables du climat ? Dans le premier monologue de la pièce, dit par le père, s'annonce le déluge à venir que le tableau 10 décrira par la voix du maire : la rivière a fait sauter son corset (p 46).