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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


L'Algérie ou la mort des autres, Virginie Buisson

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Vendredi, 03 Février 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

L’Algérie ou la mort des autres, Gallimard, Scripto, 5 janvier 2012, 112 p., 7 € . Ecrivain(s): Virginie Buisson Edition: Gallimard

 

L’Algérie ou la mort des autres est un court roman autobiographique qui narre dans une langue acérée et fulgurante six ans de guerre. Une guerre vécue par une enfant dont le père, gendarme, est muté de la Lorraine à l’Algérie. Une guerre qui de lointaine, vague rumeur noyée dans les amusements de la narratrice petite fille, se rapproche au fur et à mesure pour transformer radicalement sa vie et son regard sur les « autres » qui meurent si facilement autour d’elle. Si ce roman est paru pour la première fois en 1978, on doit à la collection Scripto, de Gallimard, une belle réédition destinée aux jeunes adultes, à l’occasion du cinquantenaire de la fin du conflit franco-algérien.

D’emblée le texte est étonnant, peut-être déroutant, mais en tout cas envoûtant : l’écriture est fragmentée, kaléidoscopique, nous proposant un incessant va et vient entre la France d’avant 1954, l’Algérie et la France d’après 1962. De petits paragraphes se succèdent comme autant de petits cristaux de couleur, composant et décomposant les paysages et les sensations d’une mémoire douloureuse.

Dieu, ma mère et moi, Franz-Olivier Giesbert

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 01 Février 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits

Dieu, ma mère et moi. janvier 2012. 192 p. Prix : 16.90 € . Ecrivain(s): Franz-Olivier Giesbert Edition: Gallimard

Le titre, un programme à lui seul. Le thème, l’auteur en trace les contours dès les premières lignes :

« Je sais déjà que je vais déranger en me mêlant de ce qui ne me regarde pas. De philosophie et de théologie, par exemple. Pardonnez-moi. Je ne suis qu’un amateur ».

Si le sujet a des allures de sérieux, le ton, par effet contrastant, se fait désinvolte :

« Tant pis si on me cherche des poux : j’ai eu envie de reprendre une conversation avec ma mère dont la mort, il y a longtemps déjà, a brisé le fil ». Et l’ouvrage de commencer par une déclaration péremptoire, une posture théologique, un acte de foi : « Je n’ai jamais eu à chercher Dieu : je vis avec lui. […] Il m’accompagne tout le temps. Même quand je dors. C’est ma mère qui m’a inoculé Dieu. […] Je suis sûr qu’elle avait de l’eau bénite en guise de liquide amniotique. Elle exsudait la foi. […] Je suis né avec la foi, une foi increvable qui a inscrit sur mon visage, entre deux crises de mélancolie, cet air de niaiserie ébahie, que l’on retrouve dans les monastères où la vie semble un sourire inaltérable ».

Le Messie du peuple chauve, Augustin Guilbert-Billetdoux

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 29 Janvier 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le Messie du peuple chauve, janvier 2012, 246 p. 18 € . Ecrivain(s): Augustin Guilbert-Billetdoux Edition: Gallimard

Ça commence bien, très bien même. Le livre est à la hauteur de son titre qui promet un programme réjouissant. Le ton est drôle et décalé, l’humour fait mouche, avec une énergie débridée. On se dit qu’avec Augustin Guilbert-Billetdoux, dont Le Messie du peuple chauve est le premier roman, on tient une vraie bonne plume.

Quelle bonne idée que de mettre en scène un jeune homme de vingt six-ans, Bastien Bentejac, qui découvre qu’il est frappé « d’alopécie androgénogénétique aiguë, accompagnée d’un léger effluvium télogène ». Autrement dit, il sera bientôt chauve. Et c’est une catastrophe pour lui.

« Les jeunes chauves entrent dans un monde parallèle. Ils ont l’apparence des vivants, sourient comme des vivants. Alors on les croit vivants. Seulement, à l’intérieur, quelque chose est brisé. Ils n’ont plus envie. Le rayonnement faiblit progressivement, puis finit par s’éteindre, comme le Soleil dans quelques milliards d’années. Pour eux, c’est plus rapide ».

La calvitie peut, à la limite, convenir aux hommes costauds, mais avec son physique de gringalet, Bastien va plutôt ressembler à un déporté ou à un cancéreux. Il peut dire adieu à toute vie sentimentale, mais aussi à toute vie sociale tout court.

Potemkine ou le troisième coeur, Iouri Bouïda

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 25 Janvier 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, Roman

Potemkine ou le troisième cœur. Traduit du russe par Sophie Benech, janvier 2012, 162 p. 17,50 € . Ecrivain(s): Iouri Bouïda Edition: Gallimard

Quand un film change une vie.

Paris, 1926. En prenant son ticket de cinéma pour aller voir l’une des toutes premières séances du Cuirassé Potemkine, de Sergueï Eisenstein, Fiodor Ivanovitch Zavalichine, dit Théo, n’imaginait pas que « soixante quinze minutes après le début de la séance, sa vie allait connaître un changement irréversible. »

En tant que militaire, il avait participé à la répression de 1905 et « c’est seulement alors, en découvrant sur l’écran sur qui il avait tiré bien des années auparavant, que cet homme dit avoir compris l’horreur du crime auquel il avait participé sans s’en rendre compte ».

Il se rend à la police en se déclarant coupable d’avoir commis un crime épouvantable.

« Un hasard m’a ouvert les yeux et j’ai compris que j’étais un criminel. J’ai commis un crime, il y a vingt et un ans, et je viens seulement de l’apprendre… A l’époque, je croyais juste exécuter un ordre. Je croyais tirer sur des insurgés, et voilà que maintenant, j’ai découvert que ce n’étaient pas des insurgés, mais des femmes et des enfants. »

Si rien avait une forme, ce serait cela, Annie Le Brun

Ecrit par Laurence Pythoud Grimaldi , le Vendredi, 20 Janvier 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Si rien avait une forme, ce serait cela, Gallimard 2010 . Ecrivain(s): Annie Le Brun Edition: Gallimard


Obscur objet du désir…


« Pour qu’il n’y ait pas d’erreur, je suis toujours au bord du monde, au cœur du vide. Je ne recommence rien. J’aggrave. Et je vais peut-être remonter très loin, puisque nous n’arrêtons pas de revenir de loin. Il n’y a de voyage qu’en deçà, en deçà des racines qu’on exhume de plus en plus pour nous ramener dans les bourbiers du ciel, en deçà des racines contrefaisant les chemins à prendre pour resserrer jusqu’à l’obscénité le nœud coulant de la légitimité. Attention, la vieille intendance est de retour, rafistolée avec de la sève plastifiée et des charretées de positif. Bref, de l’immémorial pour bétaillères à rosiers rampants.

Est-ce d’ici ou de là que je suis partie ? Qu’importe. Ce n’est surtout pas à recommencer. Personne n’a jamais encore rattrapé la merveille intempestive de ce qui vit. Elle fait flèche de tout bois, elle fait cœur de tout sang, elle fait feu de tout être. Et si personne ne m’attend à l’arrivée, il y aura toujours mon ombre pour dire Non ».