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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Mensonges d'été, Bernhard Schlink

Ecrit par Patryck Froissart , le Dimanche, 23 Septembre 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles

Mensonges d’été, 2012, (Sommerlügen), trad. allemand Bernard Lortholary. 290 p. 21 € . Ecrivain(s): Bernhard Schlink Edition: Gallimard

 

Sept nouvelles, d’une longueur plutôt inhabituelle, ont été regroupées dans ce recueil sous l’appellation générique : « Histoires ».

Le titre en présente explicitement le thème général.

L’intrigue de L’arrière-saison commence et se poursuit comme au cinéma hollywoodien : Suzan, une dame riche, et Richard, un musicien pauvre à qui elle ne révèle pas sa richesse, se rencontrent et s’aiment. Comme de bien entendu, il est très fâché quand il découvre la vérité. Comme il se doit, ils se réconcilient, bien qu’il supporte mal ce qu’il ressent comme une dépendance, un état inférieur. Comme on s’en douterait, pour corser l’histoire, elle est américaine, il est européen, elle se projette dans l’avenir, il porte en lui le poids de l’Histoire du vieux continent.

« Vous autres Européens, vous êtes des pessimistes. Vous venez de l’Ancien Monde et vous ne pouvez imaginer que le monde devienne nouveau et les êtres humains aussi… »

"Oh...", Philippe Djian

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 14 Septembre 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Oh…, 237 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Philippe Djian Edition: Gallimard

Voilà ce que c’est : lire un livre d’un auteur qu’on connaît, de ci, de là, mais pas à fond ; on voit le nom, et la gueule, plus que l’œuvre ; une traînée lumineuse, de néon médiatique. On en attend un peu tout, sans savoir au juste quoi…

Mais, pourtant, Vengeances en 2011, et évidemment, 37°2 le matin de 85 !! des trouées qu’on n’est pas prêt d’oublier ; de grands coups de bleu électrique dans la pile de livres…

Alors, on entre en lecture à petites bouchées silencieuses ; on hume – ça ne peut qu’être là derrière ! Ce parfum un peu synthétique (fraise Tagada, en meilleur) ; ces couleurs criardes à la californienne, ce climat de thriller américain transféré, mine de rien, sur un sable atlantique bien de chez nous… on renifle, et, oh !! ça ne vient pas, c’est comme éventé ! Philippe ! Il est passé où, votre univers ?

Et bien, non, ce Oh… (on aura remarqué que ce n’est pas : oh !!!) ne fait pas partie du troupeau familier des bouquins du bonhomme. Il s’est comme échappé, ailleurs. Du coup, on lit çà et là, quelques bémols navrés : bien tiède, ce Djian, bien mollasson, bien plus cuit – mitonné, même, parfois un peu rance, que le cru auquel il nous habituait… du sexe, certes, mais… de cette tristesse existentielle et bourgeoise dont il a souvent fait son ragoût, mais… du sang – un peu – une violence, au bout, plus française qu’américaine… du Chabrol, peut-être, plus que le film noir d’outre atlantique.

Le coursier de Valenciennes, Clélia Anfray

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 12 Septembre 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le coursier de Valenciennes, août 2012, 148 p. 14,90 € . Ecrivain(s): Clélia Anfray Edition: Gallimard

 

C’est une histoire originale que cette courte tranche de vie de Simon, juif rescapé des camps nazis, qui, six ans après la guerre, quitte l’Auvergne et traverse une partie de la France pour « monter » à Valenciennes remplir une mission qu’il considère comme sacrée : retrouver la famille de Pierre, un camarade mort en déportation, pour lui remettre un paquet au contenu mystérieux que lui a confié son ami avant d’être envoyé à l’abattoir d’Auschwitz.

Il est accueilli dans une maison bourgeoise de l’Athènes du Nord par Suzanne et par Renée, la belle-sœur et la fille de Pierre, et fait la connaissance, le lendemain, dans un autre quartier valenciennois, du fils de son compagnon de déportation.

L’une des marques fortes de ce roman est l’omniprésence de la ville wallonne, imposée par la grande précision de la description et l’usage systématique de la toponymie réelle pour situer les lieux où se succèdent les événements qui marquent son séjour, à Valenciennes intra muros d’abord puis de Valenciennes à la frontière belge. Tout Valenciennois y sera chez soi et ressentira vivement les sensations qu’éprouve le personnage, y adhérera, s’en amusera, ou s’en offusquera.

Coupables, Ferdinand von Schirach

Ecrit par Olivier Verdun , le Lundi, 10 Septembre 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles, La rentrée littéraire

Coupables, traduit de l’allemand par Pierre Malherbet, septembre 2012, 187 p. 17,90 € . Ecrivain(s): Ferdinand Von Schirach Edition: Gallimard

 

Dans son dernier recueil de nouvelles sobrement intitulé Coupables, Ferdinand von Schirach ne ménage guère son lecteur qu’il plonge dans l’opacité sans fond des motivations humaines, au cœur de la mécanique des affaires criminelles.

Avocat de la défense au barreau de Berlin depuis 1994, Ferdinand von Schirach sait de quoi il parle. Les événements qu’il relate, tous aussi sordides les uns que les autres, seraient restés de simples faits divers tout droit sortis des annales judiciaires sans le regard clinique et profondément humain à la fois de l’écrivain.

Au fil de ces quinze nouvelles, dont certaines donnent la nausée tant l’écriture, qui n’est pas sans rappeler celle d’Agota Kristof, du Michel Houellebecq d’Extension du domaine de la lutte ou, au cinéma, de Bruno Dumont, est limée jusqu’à l’extrême concision, l’auteur traque, au-delà des seules questions de justice et de procédure, des vies sur le fil du rasoir, des vies qui se détraquent, des vies qui basculent jusqu’au point de non retour, prises dans l’engrenage de sibyllines nécessités.

Les bas-fonds du rêve, Juan Carlos Onetti

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 30 Août 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Amérique Latine, Nouvelles

Les bas-fonds du rêve, (Tan triste como ella y otros cuentos para una tumba sin nombre), 1981, traduit de l’espagnol uruguayen par Laure Bataillon, Abel Gerschenfeld et Claude Couffon . Ecrivain(s): Juan Carlos Onetti Edition: Gallimard

Qu’est-ce qu’une histoire ?

A quel moment du récit commence « la véritable histoire » ?

Quel est le degré de réalité des faits rapportés ? Quelle est la part d’authenticité des lieux de l’action ? Quelle certitude peut avoir le narrateur par rapport au déroulement et à la place des différents « temps » de la narration ? Que sait l’auteur des protagonistes qu’il met en scène ? Quel est le « vrai roman » dans l’infinie possibilité des variantes dans lesquelles s’égare le narrateur principal, ou dans lesquelles des narrateurs secondaires entraînent le lecteur et le narrateur principal lui-même ?

Voilà une partie des questions que pose, que se pose l’auteur des nouvelles de ce recueil, dont l’écriture est fondée sur l’infinité du champ des possibles narratifs.

Au centre de chaque mensonge, il y avait la femme, chaque histoire était elle…

Treize récits de Juan Carlos Onetti se succèdent dans ce livre sombrement étincelant sous le titre éponyme de la seconde d’entre elles.