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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Saint-John Perse intime, Katherine Biddle

Ecrit par Didier Bazy , le Dimanche, 17 Avril 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Poésie, Biographie

Saint-John Perse intime. Journal inédit d’une amie américaine (1940-1970) Traduction : Carol Rigolot parution : 03/2011 19,50 €, 400 p. . Ecrivain(s): Katherine Biddle Edition: Gallimard

Saint-John Perse extime. Voici des morceaux choisis pour cause de mentions au poète, selon Katherine Biddle. Il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre, paraît-il. A plonger dans ces confessions pourtant, le diplomate en exil demeure un grand créateur. Alexis n’aurait sans doute pas goûté de telles livraisons au public, au moins de son vivant. Respectons-nous les morts ? Ici, oui. Oui parce qu’ils demeurent en vie par leur œuvre.

Selon l’égérie, elle aurait regretté n’avoir pas eu l’audace de céder à ses avances (Ah ? Oh ? Ha ! Ho !) ; il aurait jugé Sartre de petit prof de philo de province (rivalité des ego de normaliens ?) ; il aurait fabriqué certains de ses poèmes comme ci, comme ça (intéressant) etc.

A quoi bon les supputations extimes de seconde main, toute proche fût-elle. A quoi bon livrer du savant à partir du familier ? Les petits secrets de chacun ne nourrissent-ils pas les potins ? Et quelle cause littéraire pourraient-ils servir ? Le champ littéraire est vaste, comme un truisme. Il tourne ainsi en rond avec des allures de profondeur. Le chant littéraire tolère les couacs et les fausses notes des fouineurs, cousins germains des concierges, fort utiles pour juger et faire, et défaire, les opinions, ces sœurs de la rumeur et de l’impudeur.

Ariel de Sylvia Plath

Ecrit par Jean Bogdelin , le Mercredi, 16 Mars 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, USA, Poésie

Ariel, Avant-propos et trad. Valérie Rouzeau. Du monde entier 2009 116 p 14,50 €) . Ecrivain(s): Sylvia PLATH Edition: Gallimard

Entre Sylvia Plath et sa traductrice, Valérie Rouzeau, il y a une ressemblance flagrante de ton. Pour traduire Sylvia Plath il faut être poète. Et pour traduire Ariel, son œuvre la plus aboutie, il faut en plus une certaine connivence, sans doute la même qui a existé entre Baudelaire et l’auteur du Corbeau, Edgar Poe.

Ariel est un recueil de quarante poèmes, dans la veine du mouvement Confessionnal Poetry, des années 50 et 60, où le poète s’exprime sur le ton de la confidence, en se mettant à nu, sans fausse pudeur. La confession est parfois de l’ordre du honteux sur les choses de sa vie, destinées normalement à rester secrètes. Il n’y a plus de différence entre l’art et la vie, et le poète vit quotidiennement sa poésie. Et cela n’est pas sans danger puisque Sylvia Plath s’est suicidée, à 30 ans, peu de temps après l’échec de son mariage avec le poète anglais Ted Hughes, dont elle a eu deux enfants, Frieda et Nicholas, auxquels a été dédié Ariel.

La fiancée des corbeaux, René Frégni

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 15 Mars 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie

La fiancée des corbeaux, Gallimard, février 2011, 15 euros. . Ecrivain(s): René Frégni Edition: Gallimard

René Frégni nous offre son journal. On pourrait penser qu’écrire sur la quotidienneté ne présenterait que peu d’occasions d’envolées vers la lumière, par le style, et la qualité du regard posé sur les choses, mais c’est tout le contraire.

Ecrire sur la quotidienneté se révèle l’occasion d’un voyage. Un voyage à jamais commencé dans la blancheur de l’appartement, dans la solitude, et à jamais continué dans la blancheur de l’appartement. Un voyage sur place. Mais un voyage qui fait se mêler le présent tissé d’impalpable et de gestes souvent infimes, dérisoires, répétés, sans poésie évidente, et la mémoire, plurielle, tout à la fois enracinée dans le vécu et dans les lectures, mémoire mettant en somme sur le même plan les êtres rencontrés dans la vie ou sur le papier, car c’est ça aussi la magie de la littérature, ouvrir encore un peu plus grand les portes de nos vies pour accueillir le plus possible de monde, des gens avec leurs destins singuliers, leurs secrets à raconter, fussent-elles des créatures de papier.

Comment gagner sa vie honnêtement, Jean Rouaud

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 07 Mars 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, Critiques

Comment gagner sa vie honnêtement. La Vie poétique 1. 2011. 335 P. 19 €, 50 . Ecrivain(s): Jean Rouaud Edition: Gallimard

Longtemps résonnera à nos tympans les mots et les sens, les lettres et les sons du finale des Champs d'Honneur : oh, arrêtez tout ! Ce cri arraché au silence imposant d'un livre si court et si fort. Il  parlera  longtemps, ce cri, il dira longtemps l'étouffement, si loin de l'indignation morale majoritaire, il fera vivre, ce cri, en nous des millions d'âmes mortes, pour de vrai, et pour sûr.

Inaugurant les futures livraisons de Vie poétique Jean Rouaud invoque Henry-David Thoreau : « Sur la question de savoir comment gagner sa vie honnêtement; on n'a presque rien écrit qui puisse retenir l'attention. » Saluons au passage la splendide nouvelle traduction de Walden chez Le Mot et le Reste éditeur.

Rouaud comble-t-il ce vide ? Oui, sur deux plans au moins : une époque et ses codes, un témoin et sa poésie.

Jean Genet menteur sublime, Tahar Ben Jelloun

Ecrit par Jean Bogdelin , le Samedi, 05 Mars 2011. , dans Gallimard, Editions

Jean Genet, menteur sublime. 10/2010. 208 p. 15,90 € . Ecrivain(s): Tahar Ben Jelloun Edition: Gallimard

C’est un récit étonnant que nous découvrons dans le dernier livre au titre magnifiquement provocant de Tahar Ben Jelloun, paru chez Gallimard. Il logeait encore à la Cité universitaire, lorsqu’il reçut de l’auteur du Journal du voleur cet appel : « Je m’appelle Jean Genet, vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais, je vous ai lu et j’aimerais vous rencontrer… Etes-vous libre pour déjeuner ? ». Le jeune écrivain venait de faire paraître Harrouda, dont Genet a dit grand bien sur France Culture.

Il s’embarqua ainsi pour une amitié de douze ans, de 1974 à 1986. Sur le chemin de la rencontre, il se remémore le contenu du Journal du Voleur. « Un livre qui m’avait mis K-O, par sa virulence, sa cruauté et son audace… Je me souvenais des crachats, des poux et des mots crus. » Un peu sonné par cette invitation d’un auteur au faîte de la gloire, il se trompa de direction dans le métro et arriva fort en retard. Qu’a-t-il trouvé ? Genet « était sur le trottoir, un livre à la main… Il fumait des cigarillos Panter, la fumée dégageait un mauvais parfum. En entrant dans le restaurant, je crus bien faire en lui disant que j’admirais son œuvre. Sans s’énerver, il me dit : “Ne me parle plus jamais de mes livres. J’ai écrit pour sortir de prison, pas pour sauver la société” ».