Les Editions

Identification

Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


La Lanterne d'Aristote, Thierry Laget

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 02 Octobre 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La Lanterne d’Aristote, 321 pages, 19 €. . Ecrivain(s): Thierry Laget Edition: Gallimard

« Je croyais m’être introduit dans un roman : j’en ai vu un, ouvert sur un lutrin. »

Ainsi, le narrateur de La Lanterne d’Aristote pénètre-t-il pour la première fois dans la bibliothèque dont il est chargé de dresser l’inventaire ; et avec lui, le lecteur entre dans une œuvre où les livres abondent et chantent en chœur, où le rêve le dispute à une réalité plus amère mais tenue à distance, où le livre commence à s’écrire à mesure que se fait l’exploration des ouvrages anciens.

Le cadre serait idéal pour un roman gothique et assurément l’auteur doit en être amateur : un château et ses souterrains, une tour soi-disant inhabitée mais souvent éclairée, une comtesse froide au nom précieux, Azélie, des domestiques au passé douteux, des morts inexpliquées, et bien sûr des livres, des livres encore et encore. Sur ce décor, se joue une pièce aux accents de vaudeville de campagne puisque notre héros bibliophile tombe amoureux des différentes personnes qu’il rencontre dans les environs : la comtesse, une jeune historienne de l’art, une marchande des quatre saisons, une veuve mystérieuse, une bibliothécaire sexy – et oui. Mais l’amour s’échappe et finalement le salut demeure dans les manuscrits et les vieilles pierres.

La chambre à remonter le temps, Benjamin Berton

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 29 Septembre 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La chambre à remonter le temps. 380 pages, 22 €. Septembre 2011 . Ecrivain(s): Benjamin Berton Edition: Gallimard

En voilà un livre étrange qui mêle avec brio hyper réalisme et science-fiction.

Le narrateur, Benjamin Berton lui-même, (d’ailleurs, le bandeau du livre indique qu’il s’agit d’une « histoire vraie ») s’installe avec sa femme, Céline, et sa fille, Ana, dans une nouvelle maison au Mans. Tout commence sous les meilleurs auspices. La vie prend le tour d’un rêve.

Mais le rêve devient peu à peu bien morne, cède la place à l’ennui. Chaque jour semble le jumeau du précédent, rien ne se passe, tout est tout le temps pareil. Le boulot. Les transports. Les semaines passent en attendant les week-ends.

Il y a bien les voisins qui sortent quelque cette vie de la torpeur. Benjamin se retrouve à former une sorte de milice, loin de toutes ses convictions, pour faire des rondes la nuit et alpaguer d’éventuels délinquants, comme un taggueur qui parsème quelques murs de ses signatures colorées. Mais Le Mans n’est pas exactement le Bronx…

Et pendant ce temps là, ses rapports avec Céline se détériorent.

Rue Darwin, Boualem Sansal

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 08 Septembre 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Maghreb, La rentrée littéraire

Rue Darwin, 2011, 255 p., 17,50€ . Ecrivain(s): Boualem Sansal Edition: Gallimard

Après le magistral Village de l’Allemand, Boualem Sansal réinterroge les fantômes de l’Algérie, en tissant une toile nouvelle à partir de fils narratifs qui lui sont chers : la fraternité et les relations familiales, l’exil, le renoncement, les identités…

Yazid, le narrateur, retrouve sa fratrie à Paris où leur mère se meurt d’un cancer. Les différences entre eux les submergent : chaque enfant est parti à la conquête d’un continent et d’un univers professionnel d’exception, à l’exception de Yazid qui vit d’un travail obscur tout en se dévouant à leur mère malade en Algérie. Ceux qui partent et celui qui reste, ceux qui conquièrent l’avenir et celui qui veille sur le passé.

Une injonction « Va, retourne à la rue Darwin » amène le personnage à se retourner sur ce passé brumeux, refoulé, où il fut un enfant tiraillé, désiré et happé par plusieurs figures féminines en guerre les unes contre les autres.

« Enfant de la guerre ne sait de quoi il est fait, de grandes vérités fondatrices ou de perfides et lamentables complots. Je n’ignore pas seulement mes origines, qui est mon père et qui est ma mère, qui sont mes frères et mes sœurs, mais aussi quel monde est ma terre et quelle véritable histoire a nourri mon esprit.

Là aussi, il faut tout reprendre ».

Voyage au bout de la névrose : Une nuit à Reykjavik de Brina Svit

Ecrit par Elena-Brandusa Steiciuc , le Mardi, 06 Septembre 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Pays nordiques, Roman, La rentrée littéraire

Une nuit à Reykjavík de Brina Svit (Ed. Gallimard, 2011, 167 p.)

Une femme en crise attend un homme qu’elle paie pour passer une nuit ensemble, une seule nuit, sur une île en crise. En Islande, à Reykjavík, où la nuit commence l’après-midi et ne se termine que le lendemain à 11 heures, Lisbeth Sorel donne rendez-vous à Eduardo Ros. C’est un Argentin rencontré par hasard dans une milonga de Buenos Aires, où cet homme, plus jeune qu’elle, gagne sa vie comme partenaire de tango pour les dames riches.

On pourrait s’attendre à un roman où les scènes érotiques se succèdent dans un rythme affolant, à une rencontre pleine de passion entre le jeune macho sud-américain et la Française encore belle et désirable, qui sait – quand elle le veut – mettre en valeur ses charmes.

Or, il n’en est rien de tout cela dans ce roman dont le syntagme du titre n’est qu’un prétexte pour donner à l’héroïne l’occasion de revisiter un passé douloureux, marqué par la mort récente de sa sœur cadette, Lucie, photographe d’art, dont elle partage non seulement les initiales, mais aussi – à un moment de leur existence – l’homme aimé.

Personne, Gwennaëlle Aubry

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 20 Août 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Roman, Mercure de France

Personne, prix Femina 2009 . Ecrivain(s): Gwennaëlle Aubry Edition: Mercure de France

Personne. C'est le mot de passe qu'Ulysse exprime pour tromper le cyclope anthropophage et sauver ainsi sa peau.

Personne. C'est rien et ce n'est que quelqu'un de quelconque, comme personne, comme tout le monde.

Personne. C'est le masque qui nous constitue et une personne, c'est important.

Quand Personne campe la figure du père, Antigone prend la plume et Iphigénie veut comprendre.

Le cadre oulipien est déclaré. Sous les auspices de Perec, l'auteur écrit « parce que nous avons vécu ensemble... ombre au milieu de leurs ombres... ». Où nous dirige cet abécédaire filial qui commence avec Artaud et qui se clôt avec Zélig ? Du génie fou vers le caméléon mimétique, du moine dans le Jeanne d'Arc de Dreyer (où l'autre moine sous pseudonyme, le moine de Lewis) vers le suicidé de la société, psychanalysé et victime d'une société devenue plus folle que les individus qui croient la constituer, faut-il demander à la spécialiste de Plotin si cette progression, sous les astuces des limites de l'Oulipo, évoque, un tant soit peu, des hypotyposes, qui consistent à décrire des faits comme s'ils se déroulaient sous nos yeux ? Oui.