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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Si rien avait une forme, ce serait cela, Annie Le Brun

Ecrit par Laurence Pythoud Grimaldi , le Vendredi, 20 Janvier 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Si rien avait une forme, ce serait cela, Gallimard 2010 . Ecrivain(s): Annie Le Brun Edition: Gallimard


Obscur objet du désir…


« Pour qu’il n’y ait pas d’erreur, je suis toujours au bord du monde, au cœur du vide. Je ne recommence rien. J’aggrave. Et je vais peut-être remonter très loin, puisque nous n’arrêtons pas de revenir de loin. Il n’y a de voyage qu’en deçà, en deçà des racines qu’on exhume de plus en plus pour nous ramener dans les bourbiers du ciel, en deçà des racines contrefaisant les chemins à prendre pour resserrer jusqu’à l’obscénité le nœud coulant de la légitimité. Attention, la vieille intendance est de retour, rafistolée avec de la sève plastifiée et des charretées de positif. Bref, de l’immémorial pour bétaillères à rosiers rampants.

Est-ce d’ici ou de là que je suis partie ? Qu’importe. Ce n’est surtout pas à recommencer. Personne n’a jamais encore rattrapé la merveille intempestive de ce qui vit. Elle fait flèche de tout bois, elle fait cœur de tout sang, elle fait feu de tout être. Et si personne ne m’attend à l’arrivée, il y aura toujours mon ombre pour dire Non ».

Ce qu'il advint du sauvage blanc, François Garde

Ecrit par Alexandre Muller , le Mardi, 17 Janvier 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Ce qu’il advint du sauvage blanc, 21,50 €, 327 p. Janvier 2012. . Ecrivain(s): François Garde Edition: Gallimard

Extrait des bulletins et mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, du 20 Avril 1911 :


« Quoi qu'il en soit, malgré son éloignement de toute civilisation moderne pendant dix-sept ans, et malgré qu'il eût vécu de la seule MENTALITE NÉOLITHIQUE de quatorze à trente et un ans, dès qu'il fut de retour dans son pays de Vendée, Pelletier reprit vite le niveau intellectuel des marins de son âge, n'ayant été qu'à l'école primaire jusqu'à dix ans. Et rien ne dit que son intelligence, nullement atrophiée, n'aurait pas pris un plus grand développement, si sa Patrie, au lieu de le reléguer dans une geôle, ouverte au milieu des flots, l'avait, par exemple, installé en plein Paris, aux Ministères de la Marine ou des Colonies : ce qu'il méritait bien autant qu'un autre ! »

Ce qu'il advint du sauvage blanc est un récit librement inspiré par l'histoire d'un matelot vendéen. Au milieu du XIXème siècle abandonné sur une plage d'Australie, Narcisse Pelletier vécut 17 ans parmi les natifs avant d'être récupéré par un navire anglais, le John Bell, et de rentrer en France où il devint gardien de phare.

Une année studieuse, Anne Wiazemsky

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 06 Janvier 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie

Une année studieuse, janvier 2012, 262 p., 18 € . Ecrivain(s): Anne Wiazemsky Edition: Gallimard

 

Eté 1966, Anne Wiazemsky, 19 ans, fille du Prince russe Yvan Wiazemsky et petite-fille de François Mauriac, prépare son bac pour la nouvelle session fixée à l’automne de la même année. Au détour d’un cocktail d’été organisé dans les jardins de la Maison d’édition Gallimard, elle rencontre François Jeanson. « [Il] rendait vivant n’importe quelle pensée abstraite. Des concepts ardus s’incarnaient, devenaient accessibles. Il faisait le lien entre la philosophie, les philosophes et notre vie quotidienne, en 1966 ». En écho à sa demande, le philosophe accepte immédiatement de lui donner des cours de rattrapage en vue de ses prochains examens. Au cours de leurs discussions, Francis Jeanson n’aura de cesse de marteler : « Précise ta pensée » ; ce conseil, Anne Wiazemsky s’en rappelle aujourd’hui encore.


Ce même été 1966 voit également la naissance de sa magnifique histoire d’amour avec le cinéaste Jean-Luc Godard. Son décor, les paysages et les senteurs du Sud de la France ; son cadre, la belle demeure de son amie Nathalie :

Rue Darwin, Boualem Sansal

Ecrit par Nadia Agsous , le Vendredi, 16 Décembre 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Maghreb

Rue Darwin, coll. Blanche, août 2011, 255 p., 17,50 € . Ecrivain(s): Boualem Sansal Edition: Gallimard


La quête des origines


« Va retourne à la rue Darwin ». C’est par cette phrase qui exprime à la fois une recommandation et le mystère que l’écrivain algérien d’expression française, Boualem Sansal, nous invite à nous immerger dans le corps de son dernier roman, Rue Darwin.

Narrée dans un style simple au sens pourtant profond, l’histoire de Yazid, dit Yaz, le personnage principal, nous entraîne, par le truchement d’une écriture intimiste, au cœur de son pèlerinage à rue Darwin. Ce lieu-mémoire où il passe « une semaine sainte ». Son objectif ? Percer le secret de sa naissance. Et tordre le coup à ce sentiment d’illégitimité et de honte qui ne cesse d’étreindre son cœur par la faute de ce mystère qui plane sur sa filiation.

Et lors de son voyage initiatique, Yaz revient sur les traces de son enfance et de son adolescence. Réveille les douleurs archaïques. Fait face à ses démons. Brise le silence. Et nous propulse dans le monde de sa défunte grand-mère, Lala Sadia dite Djéda, riche propriétaire et femme puissante.

Le Bloc, Jérôme Leroy

Ecrit par Christopher Gérard , le Jeudi, 01 Décembre 2011. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, La rentrée littéraire

Le Bloc, Série noire, Gallimard. Sept 2011, 17,50 € . Ecrivain(s): Jérôme Leroy Edition: Gallimard

Jusqu’à présent, la droite radicale n’inspirait guère les romanciers, si l’on excepte Fasciste, talentueux roman d’apprentissage de Thierry Marignac (Payot, 1988), Les Sectes mercenaires (Le poulpe, 1996) ou Blocus solus, polars ésotériques du très marginal Bertrand Delcour.

Jérôme Leroy a-t-il lu ces auteurs ? Sans doute. Lui-même proche un temps de la mouvance royaliste (tendance Boutang) et collaborateur de la brillante revue « néo-hussarde » Réaction, n’a cessé, dans ses précédents romans, de dépeindre un monde crépusculaire, en proie aux tortueuses manipulations de polices parallèles qui tentent de maîtriser un chaos grandissant. Monnaie bleue (Rocher, 1997), à mon sens l’une de ses réussites majeures, illustrait avec talent sa vision pessimiste d’une France décadente, au bord de la guerre ethnique et gangrenée par une corruption digne du Bas-Empire romain. Les héros de J. Leroy, généralement des professeurs de lettres en zone prioritaire (« à discrimination positive », dirait-on en Belgique), se révèlent des nostalgiques alcoolisés, à la fois bibliophiles désenchantés et amoureux passionnés qui, un soir de fin du monde, se retrouvent entraînés dans les soubresauts d’un régime à l’agonie. Tous ses livres en témoignent : à l’instar de son confrère Sébastien Lapaque, lui aussi issu de l’Action française, il se passionne pour les vins non soufrés, non filtrés, bref, de ces vins qui vous délient la langue sans vous filer une casquette à boulons.