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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


S’abandonner à vivre, Sylvain Tesson

Ecrit par Gilles Brancati , le Jeudi, 23 Janvier 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

S’abandonner à vivre, janvier 2014, 221 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Sylvain Tesson Edition: Gallimard

 

Si on choisissait son livre à partir de la 4e de couverture et si on s’en tenait là, on hésiterait à choisir celui-ci. Que dit-elle cette 4e : « … soit on lutte … soit on s’abandonne à vivre … ils sont marins, amants, guerriers, artistes, pervers ou voyageurs… Et ils auraient mieux fait de rester au lit ». La presse poursuit dans ce sens qui dit : « Sylvain tesson invite au laisser-aller dans un recueil de nouvelles… de l’aventure, du voyage, des sentiments : la recette Tesson met en appétit pour la nouvelle année ».

Au vu de ces commentaires, il y aurait de quoi s’attendre à des récits de classe B, mais comme c’est du Sylvain Tesson il faut aller plus avant et ne pas croire des chroniqueurs qui n’ont fait qu’aménager la 4e de chez Gallimard.

Le chroniqueur ici s'est demandé comment présenter le livre sans parler de chacune des nouvelles, ce qui serait à coup sûr ennuyeux. C’est qu'il y a trouvé bien autre chose que de simples historiettes « sur des personnages qui auraient mieux fait de rester chez eux », et tant pis s'il a un peu intellectualisé les choses, ce recueil le mérite.

Vie électrique, Jean-Philippe Rossignol

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 18 Décembre 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Vie électrique, 173 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Jean-Philippe Rossignol Edition: Gallimard

 

Premier roman intéressant d’un jeune auteur qui s’attache à faire que sa vie chemine en prenant doucement la main de la transgression ; car, comme l’écrit Michel Foucault dans Préface à la transgression (in Hommage à Georges Bataille, Critique, n°195-196, août-septembre 1963), « [r]ien n’est négatif dans la transgression. Elle affirme l’être limité, elle affirme cet illimité dans lequel elle bondit en l’ouvrant pour la première fois à l’existence ».

S’ouvrir à l’existence est en effet la vocation de tous les instants de Jean-Philippe Rossignol, rendue lisible par ce roman conçu comme témoignage.

Témoignage d’une vie, d’une pensée.

Vie et pensée mêlées.

Et il faut, étrangement, pour saisir toute l’ambition de Jean-Philippe Rossignol, faire un détour par une auteure qu’il ne cite jamais : Anaïs Nin. Et plus précisément son Journal. Encore plus précisément : les dates du 10 et 21 mai 1933, du 12 juin 1934 et du 10 janvier 1937.

Moment d’un couple, Nelly Alard

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 17 Décembre 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Moment d’un couple, octobre 2013, 376 pages, 20 € . Ecrivain(s): Nelly Alard Edition: Gallimard

 

Autour de la rupture d’un couple. Autrement dit, « le » sujet du roman par excellence. Celui qui traverse les écritures de – presque – tous les écrivains. Les moments – tous – où l’arbre se fend de partout. L’orage au scalpel. Le – indépassé ? indépassable ? La femme rompue de Beauvoir, la référence. Du reste, comme le livre dans le livre, le poche – Beauvoir s’invite dans le récit de Nelly Alard ; il est relu, objet de comparaisons ; les personnages courent y lire la suite de leur propre histoire.

La nouvelle de Beauvoir finit par ces mots posés comme un voile de deuil : « J’ai – (la femme trompée) – peur. Et je ne peux appeler personne au secours. J’ai peur », quand ce livre-ci clôt sur : « Il – (un ancien amant) – l’appelle Il y a un petit manque quand même. Ils se voient demain soir »… entre les deux romans, 60 ans. Un univers, une galaxie de différences ? Voire !

Écrire la vie, Annie Ernaux

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 13 Décembre 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Écrire la vie, Gallimard, collection Quarto, 2011, 1084 pages, 25 € . Ecrivain(s): Annie Ernaux Edition: Gallimard

Ce volume réunit Les armoires vides, La honte, L’événement, La femme gelée, La place, Journal du dehors, Une femme, « Je ne suis pas sortie de ma nuit », Passion simple, Se perdre, L’occupation et Les années –, et présente des photographies accompagnées d’extraits d’un journal intime inédit.

L’œuvre d’Ernaux n’appartient pas au domaine de l’autofiction, mais à celui de l’autobiographie. Encore faut-il constater qu’elle repousse sans cesse les limites assignées à ce genre.

La sociologue Isabelle Charpentier a raison d’identifier cette œuvre comme se situant « à la croisée de l’autobiographie littéraire et de ce que les sociologues nomment l’auto-(socio)analyse ».

En effet, Ernaux compose, cultivant le « je transpersonnel », une « autobiographie impersonnelle » – donnant corps, au travers du prisme d’un féminisme non grandiloquent, à des thèmes aussi généraux et pourtant universellement (et intimement) personnels, de par leurs répercussions sur chaque ipséité, que le sexuel, l’avortement ou encore la trahison sociale.

Un amour de Descartes, Jean-Luc Quoy-Bodin

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 09 Décembre 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Un amour de Descartes, L’Infini, Gallimard, mars 2013, 14,90 € . Ecrivain(s): Jean-Luc Quoy-Bodin Edition: Gallimard

 

« Il prêtait une oreille attentive à son babillage. Il aimait ses éruptions de sons, ces éclats de mots, ce magma du langage qui n’est pas encore la parole. Partition atonale, échos dissonants de ses appétits et de ses affects. Sans se l’avouer, il appréhendait ce moment où les sons allaient se dénouer, éclore, s’envoler et devenir des mots, des mots durs, tranchants, blessants, des mots de grands puis des adjectifs ; il allait être nommé, évalué, corrigé, contredit. C’est que l’enfant a ses maux à dire, sa vérité à faire éclater. Il somme l’adulte de l’écouter ».

En Hollande, René Descartes tombe sur une fleur, sa Francine, sa fille, sa fleur aimée. Il en tirera quelques leçons de vie, donc de pensées. Un éclair, ce mouvement du temps qui file à la vitesse de la lumière, dont il va se nourrir, comme l’on se nourrit d’un sourire, d’un mot, d’une danse d’enfance. L’enfance de l’art et de la raison, l’un ne va pas sans l’autre. L’autre, cette enfant qui le fixe, l’écoute, l’interpelle, lui montre ce qu’elle voit avec ses mots, qui vont un temps le détourner de ses maux.