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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Un peuple de promeneurs, Alexandre Romanès

Ecrit par Lionel Bedin , le Mercredi, 09 Mai 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits

Un peuple de promeneurs, 2011, 128 pages, 11 € . Ecrivain(s): Alexandre Romanès Edition: Gallimard

 

Les Gitans n’ont pas de chance : « Rien n’est plus visible qu’une minorité » et, autre particularité de cette “minorité”, “être Gitan c’est aller en prison plus vite qu’un autre” ». Les Gitans, on ne les croit jamais : « si tu veux dire la vérité / assures-toi que tu as un bon cheval » et on les prend toujours pour des voleurs – alors que « Vous les Français, vous avez volé la moitié de l’Afrique. / Curieusement, on dit jamais / que vous êtes des voleurs ». Dans Un Peuple de Promeneurs, dans ces histoires tziganes, il est donc souvent questions de brimades, de tracasseries administratives, des difficultés de la vie sociale, et des CRS. Mais il n’y a pas que les flics dans la vie, même s’ils sont envahissants. Alors on passe d’un poème où il est question des CRS – dont un CRS amoureux d’une Gitane – à la réflexion d’un gamin de dix ans : « Papa, ça serait joli s’il n’y avait que des femmes ». Des femmes comme la délicieuse Délia – « je ne bois jamais d’alcool / je ne bois que du champagne » – qui se demande « comment font les gadjos / pour reconnaitre leur maison ? / D’abord, elles sont moches, / et elles se ressemblent toutes ». Mais Délia restera-t-elle parmi les siens ? Car « Délia ou le vent, c’est pareil ».

Le grand coeur, Jean-Christophe Rufin

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 05 Mai 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le grand cœur, mars 2012, 489 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Jean-Christophe Rufin Edition: Gallimard

 

Jean-Christophe Rufin, dont on connaît la passion d’écrire, le panache, l’enthousiasme, a certainement hésité longtemps avant de « toper là » avec ce Jacques Cœur de Bourges. Maître Cœur, le grand argentier, le fendeur de mer à la proue de ses galées, l’aventurier en tout, le tueur de Moyen Age, partant pour la lumière de la Renaissance. Le héros de roman dans l’Histoire, baroque avant l’heure ; le personnage qui nourrirait, par sa vie seule, « un cent » de romans, tous plus époustouflants les uns que les autres… « le grand Cœur », celui de ce Berry à « l’éternel crachin, passant par tous les tons de gris », qu’il connaît bien, Rufin ; il est de ce pays…

Comment le prendre, ce Cœur, dont l’ombre a dû porter sur la jeunesse de notre académicien ; la marquer d’un sceau déjà enchanté, peut-être même avoir participé à son envie d’écrire, de voyager, d’oser… Quel registre adopter ? Le documentaire historique ? pas d’Histoire du XVème siècle sans ce grand marchand, ses réseaux, ses routes maritimes, ses facteurs ; toile d’araignée sur la carte du monde connu, des Flandres en Terres Levantines, d’Aragon en Montpellier…

Jésus le bon et Christ le vaurien, Philip Pullman

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 18 Mars 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Jésus le bon et Christ le vaurien, trad. de l’anglais par Jean Esch, (The Good Man Jesus and the Scoundrel Christ), février 2012, 172 p. 16,90 € . Ecrivain(s): Philip Pullman Edition: Gallimard

Philip Pullman nous conte l’histoire de Jésus… et de son frère Christ. La mort de l’un aura donné naissance à une Eglise, la « mort de l’autre ne fait pas partie de l’histoire ». L’histoire justement aurait fondu les deux personnages en un et l’auteur nous dévoile les coulisses de ce tour de force ou de passe-passe, de ce récit fondateur et faussaire. A partir de ce singulier postulat, le romancier virtuose d’A la croisée des mondes, revisite pas à pas les récits bibliques et délivre une vision inédite de l’un des plus grands mythes de notre civilisation.

L’Evangile selon Pullman procède d’un style simple, accessible, qui rappelle quelque peu celui de Au nom de la Mère d’Erri De Luca. Une poésie lumineuse et humble. Une vraie parole apostolique. Mais l’heure n’est pas au pastiche ou à la satire. Tout le détournement repose sur la mise en parallèle des deux figures formant un couple antithétique et électrique. L’enfant Jésus manifeste un appétit de vivre en accord avec sa belle constitution et multiplie les bêtises, couvert par le chétif Christ voué aux études et à l’humilité. Les différences s’accentuent et leurs parcours s’éloignent peu à peu. Le premier-né se fait charpentier et le second étudie à la synagogue. Jésus erre et s’adresse aux gens, bientôt suivi par une cohorte de disciples, accueilli par une foule désireuse de ses messages. On connaît la suite.

Désaccords imparfaits, Jonathan Coe

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 16 Mars 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Nouvelles

Désaccords imparfaits, traduit de l’anglais par Josée Kamoun, février 2012, 99 p. 8,90 € . Ecrivain(s): Jonathan Coe Edition: Gallimard

Couverture : dans une tasse à thé, très Miss Marple, un poisson rouge, parti pour mourir ; le titre Désaccords parfaits sonne – excellemment – du côté des amours compliquées des gens, et aussi, si ce n’est surtout, de la musique… j’ajouterais, grammaire et accords des temps grinçants, pas tout à fait dans l’axe. Bref, du Jonathan Coe… ce sympathique futé, qui n’a pas son pareil, depuis – souvenez-vous Testament à l’anglaise prix Fémina étranger – pour observer, puis fusiller la verte Angleterre !

N’est-ce pas Coe qui écrivit en son temps cet essai : Un véritable naturalisme littéraire est-il possible, ou même souhaitable ? cela pourrait être le sous-titre de ce tout petit livret, riche de 4 nouvelles – sauce Coe.

On est en Angleterre ; Shropshire, ou, sur la côte de Cornouailles, et, il fait le temps qu’il faut par là : « à l’avant-veille du vendredi saint, le matin était gris et aéré »… on est au temps de l’enfance, exactement coloré comme ça : « photo… Tante Ivy et Oncle Owen sont assis sur leurs serviettes de plage, et sourient du sourire confiant et plein d’assurance de ceux qui ont survécu à une guerre, prospéré dans l’après-guerre, et ne sont pas encore touchés par les nouvelles incertitudes des années soixante ». Enfance frémissante de peurs accumulées – que de fantômes ! Enfin, on n’est pas toujours sûr…

Passion simple, Annie Ernaux

Ecrit par Marianne Desroziers , le Mardi, 06 Mars 2012. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Passion simple (Quarto, Gallimard) in "Ecrire la Vie" . Ecrivain(s): Annie Ernaux Edition: Gallimard

La publication par les éditions Gallimard dans la collection Quarto en fin d’année dernière d’une grande partie des œuvres en un seul volume d’Annie Ernaux constitue une bonne occasion de découvrir, de redécouvrir ou d’explorer plus en profondeur le travail de cette romancière qui travaille sur une base autobiographique pour atteindre l’universel. Peu d’écrivains parviennent comme Annie Ernaux à mêler « petite histoire » - histoire personnelle, familiale, sentimentale - et grande Histoire.

Ce roman publié en 1991 n’est ni plus ni moins que ce que signifie son titre  (une passion simple) qui fait penser à « Un cœur simple » de Flaubert, clin d’œil de l’auteur par ailleurs professeur de Lettres durant des années. Et la citation de Roland Barthes en exergue ne fait qu’exacerber la curiosité du lecteur : « Nous deux – le magazine – est plus obscène que Sade ».

Ce n’est pas l’histoire d’un amour que nous conte ici Annie Ernaux mais celle d’une passion amoureuse qui n’est pas vraiment partagée. En effet, son amant est marié, il lui accorde peu de temps, pense beaucoup moins à elle qu’elle ne pense à lui et semble considérer leur relation comme purement sexuelle. Cela n’empêche pas la narratrice d’être obnubilée par cet homme et par leur prochaine rencontre :