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L'art de Tim Burton, Leah Gallo

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 20 Mars 2013. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts

L’Art de Tim Burton, illustrations de Tim Burton, texte de Leah Gallo, mise en page de Holly C. Kempf, relecture de Derek Frey, Leah Gallo et Holly C. Kempf, Los Angeles (USA), Steeles Publishing Inc., 2009, 434 p. . Ecrivain(s): Leah Gallo

 

Le premier intérêt de cet ouvrage pour les amoureux de Tim Burton tient au fait qu’il regroupe des témoignages de personnes le connaissant très bien, alors même qu’il est réputé être très secret (cette connaissance intuitive se faisant souvent par-delà le langage), à savoir Allison Abbate, Colleen Atwood, John August, Rick Baker, Helena Bonham Carter, Felicity (Liccy) Dahl, Johnny Depp, Danny DeVito, Danny Elfman, Carlos Grangel, Ray Harryhausen, Rick Heinrichs, Martin Landau, Christopher Lee, Lindsay Macgowan, Ian MacKinnon, Shane Mahan, Alex McDowell, Victoria Price, Ken Ralston, Paul Reubens, Deep Roy, Winona Ryder et Richard Zanuck.

Ce recueil de témoignages rend ce livre précieux pour toute personne désirant mieux connaître et la personnalité du cinéaste et l’intense féérie de ses créations. Comme s’il était possible de suivre, grâce à L’Art de Tim Burton, peu à peu du regard les contours de cette féérie qui n’a pourtant pas d’autre matière réelle que notre émerveillement et notre stupeur, notre horreur parfois aussi, à mesure qu’elle se déplie sous nos yeux, faisant de notre silence intérieur une anémone. Fleurie en un instant.

Impurs, David Vann

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 19 Mars 2013. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Gallmeister

Impurs, traduit (USA) Laura Derajinski 2013, 284 p. 23,10 € . Ecrivain(s): David Vann Edition: Gallmeister

 

Le dernier roman de David Vann débute à la manière d’un film d’horreur à la Evil Dead. Un groupe va passer un week-end dans une cabane isolée dans les bois. Contrairement à nombre de films d’horreur, ce n’est pas un groupe de copains qui part en week-end, mais une famille. Une famille que ses membres n’hésitent pas à qualifier de « white trash ».

« Est-ce qu’on est des white trash ? demanda-t-il. Je n’irai jamais à l’université, aucun de nous n’a un emploi et on vit dans les bois. Avant même de m’en rendre compte, je risque de coucher avec ma cousine ».

Et comme dans un film d’horreur, la famille se retrouve bientôt confrontée à une menace. Sauf que la menace n’est pas à l’extérieur, mais à l’intérieur. La menace est dans la famille. La menace est la famille elle-même.

David Vann avait déjà abordé la thématique de l’explosion de la cellule familiale dans ses deux précédents romans, Sukkwann Island et Désolations. Et comme dans ces deux premiers opus, on retrouve sa même capacité à faire monter la tension crescendo, par petites touches.

La cité des anges déchus, John Berendt

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 15 Mars 2013. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

La cité des anges déchus, trad. (USA) Pierre Brévignon, Ed. L'Archipel, 390 p. 22 € . Ecrivain(s): John Berendt

 

« Attention, chute d’anges ». En exergue à son magnifique ouvrage, John Berendt prévient son lecteur en évoquant cet énigmatique panneau qu’il a vu à côté de l’église Santa Maria della Salute, avant sa restauration. Et justifie le titre de son livre.

Amoureux de la cité des doges où il est venu à plus d’une dizaine de reprises, John Berendt a débarqué à Venise au début du mois de février 1996, trois jours après l’incendie qui a ravagé l’opéra, La Fenice. Il y trouve là le prétexte pour nous faire pénétrer dans les mystères, les fastes, les ruelles et, pour finir, la déchéance de la Sérénissime.

Tandis qu’il suit les méandres de l’enquête consécutive à l’embrasement, il nous emmène au plus profond de la cité mythique et nous invite dans l’intimité de personnages pittoresques. Le poète Mario Stefani (378) qui écrit ses poèmes sur les palissades provisoires en bois et affirme que « si Venise n’avait pas de ponts, l’Europe serait une île ».

Lily et Po, Lauren Oliver

Ecrit par Cathy Garcia , le Samedi, 02 Mars 2013. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jeunesse, Hachette Romans

Lily et Po, trad. (USA) Alice Delarbre, novembre 2012, tomes 1, 2, 3 (chacun 160 pages, les deux premiers reprennent les deux premiers chapitres du tome suivant), 9,90 € par tome . Ecrivain(s): Lauren Oliver Edition: Hachette Romans

 

Trois livres jolis comme tout pour une seule histoire. Une belle histoire, celle de Lily et Po, tissée autour d’un sujet grave : la perte d’un proche, et pire encore, l’assassinat d’un proche pour le plus vil des motifs : la cupidité. Ici c’est le papa de Lily qui est empoisonné par Augusta, sa deuxième femme. La « parfaite » incarnation de la marâtre affublée de sa propre fille idiote, et la pauvre petite Lily, à la mort de son père, se retrouvera recluse au grenier.

C’est là que Po et Baluchon vont faire leur apparition. Po n’est pas un garçon, il n’est pas une fille non plus et Baluchon n’est pas un chat, ni un chien, mais il pourrait être l’un ou l’autre. Po et Baluchon viennent de l’Autre Côté. Ce sont des fantômes, et tous deux et Lily vont devenir comme les meilleurs amis du monde, ou plutôt, des deux mondes. Ils aideront Lily à s’échapper du grenier pour réaliser son vœu le plus cher : apporter le coffret contenant les cendres de son père au pied du saule pleureur à la Maison Rouge, là où est enterrée sa mère. Il lui faudra prendre le train, c’est une grande aventure, mais Po et Baluchon seront ses compagnons de route.

L'ange Esmeralda, Don DeLillo

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 26 Février 2013. , dans USA, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, Actes Sud

L’Ange Esmeralda (The Angel Esmeralda: Nine Stories), traduit (USA) Marianne Véron, 252 p. 21,80 € . Ecrivain(s): Don DeLillo Edition: Actes Sud

 

L’Ange Esmeralda est un recueil de nouvelles écrites par Don DeLillo entre 1979 et 2011. A côté de ses romans, l’occasion nous est donnée d’apprécier une autre facette du talent de l’auteur, sur des formats courts, facette que l’on avait déjà pu découvrir avec son dernier ouvrage, Point Oméga, une novella déjà bien moins longue que ses habituels écrits.

DeLillo est aussi brillant en novelliste qu’en romancier par sa capacité à planter le décor, d’incarner des personnages, et de créer une tension avec peu d’effets.

L’Ange Esmeralda est un concentré de Don DeLillo, une sorte de miroir de son œuvre, une évocation de ses thématiques. Comme ses romans, les neuf nouvelles de ce recueil sont tantôt brillantes, ultra brillantes, avec leur écriture précise, mais tantôt aussi un peu poussives, à cause d’une certaine tendance à la pseudo philosophie, de dialogues un peu théoriques, pleins de formules, de sentences dont l’auteur a parfois tendance à abuser (mais c’est ce qui fait aussi son charme et pourquoi on l’aime).