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Les Livres

Lui dit-elle Pour un absent, Anne Perrin (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Mardi, 15 Janvier 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Z4 éditions

Lui dit-elle Pour un absent, novembre 2018, 112 pages, 12 € . Ecrivain(s): Anne Perrin Edition: Z4 éditions

 

Rare d’avoir deux écritures dans un même livre de poèmes. Anne se démultiplie d’écritures pour faire vivre, de façon très scénique, deux personnes qui se sont aimées aux antipodes de ce qu’il y a moyen d’être. Double écriture mettant littéralement en scène, voire en scénario, deux vies qui semblent vivre à la fois ailleurs (psychologiquement) et dans la même habitation (physiquement), l’une dans la pénombre avec une lumière filtrante (Elle) et Lui dans un noir terrible qu’il a lui-même initié :

« LUI

Dans cette chambre mansardée, ça pue la mort ».

ELLE

… je brode et je brocarde ton nom

dans les serrures

scellées

Les années sida à l’écran, Didier Roth-Bettoni (par André Sagne)

Ecrit par Luc-André Sagne , le Mardi, 15 Janvier 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Albums

Les années sida à l’écran, ErosOnyx Editions, collection Images, 2017, Aurillac, 135 p., E . Ecrivain(s): Didier Roth-Bettoni

 

En intitulant son dernier ouvrage Les années sida à l’écran, Didier Roth-Bettoni prend pour objet d’étude une période historique particulièrement sombre, qui va du début des années 1980 à l’arrivée des trithérapies en 1996 mais qui se prolonge au cinéma (on verra plus loin par quelles distorsions temporelles) jusqu’à aujourd’hui, puisque cette année même est sorti le très beau film de Robin Campillo, 120 battements par minute.

Il entend à ce propos parler non de toutes les personnes touchées mais d’un groupe spécifique, celui des homosexuels, « qui, plus que tout autre, subit l’impact du sida » (p.17), et du cinéma qui en a résulté, ces « images de nous en ces temps de tempête » (ibid.). Son livre, il souhaite précisément en faire « un mausolée, un mémorial, un tombeau comme on dit en musique, un hommage à ceux qui ont fait ces images » (ibid.).

Chez De la Martinière Jeunesse (par Laurène Berger)

Ecrit par Laurène Berger , le Mardi, 15 Janvier 2019. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Jeunesse

 

La collection Mon imagier des animaux chez De la Martinière Jeunesse s’enrichit de deux ouvrages !

 

Pingouins ou manchots

Loin des dessins approximatifs de certains imagiers, les éditions De la Martinière Jeunesse proposent dans cet ouvrage de superbes photos d’animaux des quatre coins du monde : Afrique, Asie, Australie, Europe, Pôles… La qualité de ces photos permet d’établir très précisément les différences entre des animaux assez semblables au premier abord tels que le Pingouin et le Manchot, le Chimpanzé et le Bonobo, le Sanglier et le Phacochère.

Un lexique en fin d’album récapitule les distinctions et précisent les lieux de vie.

Ce bel album cartonné de 24 pages résistera aux mains malhabiles des tout-petits et réjouira leurs yeux avides de découvrir le monde.

Le Livre d’Amray, Yahia Belaskri (par Mona)

Ecrit par Mona , le Lundi, 14 Janvier 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Roman, Maghreb, Zulma

Le Livre d’Amray, mai 2018, 144 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Yahia Belaskri Edition: Zulma

 

Le Livre d’Amray c’est la profession de foi d’un poète « depuis deux mille ans en quête d’amour », blessé par des « voleurs de rêves », qui cherche en vain sa place dans la cité. Yahia Belaskri met en forme « rien d’autre qu’une tragédie sans fin ni mesure ».

L’auteur plante le décor dans une terre des temps immémoriaux qu’il choisit de ne jamais nommer, et la majuscule au mot Livre dans le titre inscrit l’histoire du poète « amoureux du monde et de ses mystères » dans un registre sacré et intemporel qu’il faut garder en mémoire (« rappelez-vous de moi »).

Et pourtant, le drame du poète n’a rien d’abstrait : il subit la terreur dans sa chair et on reconnaît bien l’Algérie dans cette terre mutilée à travers les siècles. Le narrateur, né comme l’auteur avec la guerre d’Algérie (« Je suis né et le monde a basculé dans la terreur ») doit porter en terre le corps de sa femme massacrée par les terroristes islamistes lors de la décennie noire. Ce nœud dramatique bouleverse la structure même du récit et fait éclater le point de vue narratif : l’ami, Ansar, prend alors le relais d’Amray le narrateur.

Grayson Perry, Vanité, identité, sexualité, Camille Morineau, Lucia Pesapane (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 14 Janvier 2019. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Grayson Perry, Vanité, identité, sexualité, Camille Morineau, Lucia Pesapane, Editions Lienart, octobre 2018, 200 pages, 29 €

 

Le stéréotype et son contraire

Grayson Perry et « Claire » (son double féminin) sont à Paris. L’artiste qui se définit comme « motard, travesti, issu de la classe ouvrière et qui s’en est plutôt bien sorti » utilise le textile et la poterie – arts féminins – pour s’opposer à ce qui résiste dans le monde de l’art admis. Son livre permet d’approfondir ce qui est le cœur de l’œuvre présentée pour la première fois en France en institution muséale.

A la Monnaie de Paris sont présentées diverses tenues de « sa » Claire, puis les objets qu’il fabrique avec la céramique, le bois, le métal, la tapisserie, en cherchant toujours ce qui est le plus dénigré dans l’art. L’artiste et auteur ne cherche pas forcément plus l’originalité que la diffusion. Néanmoins à travers ces travaux, il impose ses idées sur le genre, l’identité et la société anglaise. Et Camille Morineau comme Lucia Pesapane insistent néanmoins sur le caractère inédit des images complexes et puissantes