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Etudes

à propos de « Tant de soleils dans le sang » et « Jusqu’au bout de la route » d’André Velter – Gallimard

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 19 Avril 2014. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

« Au sortir du labyrinthe / à jamais / l’arène est un miroir / de feu

une clairière / qui découpe / un cercle de lumière / et le ciel, à vif »

 

La poésie d’André Velter est une clairière. Un ciel mis à vif par les mots, comme la musique flamenca de Pedro Soler, qui accompagne silencieusement Tant de soleils dans le sang. La poésie libre de l’écrivain résonne dans les ruedos et au centre tellurique de la terre andalouse. Elle saisit comme une saeta, ce chant sacré lancé à la ville et au monde dans une rue de Séville au passage du Cachorro.  André Velter se met au tempo du Temps, inspiré par la musique silencieuse du torero José Tomás, par le duende solaire de Lorca, au cœur des vibrations de la phrase qui s’allonge comme une éternité, qui vibre jusqu’à l’os. Vamos, vamos, vamos, vamos, écrit-il, et le poème s’élance avec la profondeur naturelle d’un mouvement de poignet, de la plume à la muleta, de la cape à la plume sous la lune qui donne aux chants et aux champs tant de vibrations profondes, de chants profonds, cante jondo de l’autre côté des Pyrénées.

Histoire du débarquement en Normandie, des origines à la libération de Paris 1941-1944, Olivier Wieviorka

Ecrit par Vincent Robin , le Samedi, 05 Avril 2014. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

Histoire du débarquement en Normandie, des origines à la libération de Paris 1941-1944, Olivier Wieviorka, Ed. Seuil-Ministère de la Défense, mars 2014, 416 pages, 39 €

 

Complétés d’illustrations, certains traités historiques font parfois peau neuve et entament ainsi une heureuse seconde vie. Les photos ou graphiques associés aux récits confortent en effet bien des fois la sagacité, la vérité et la persuasion des propos tenus. Ces compléments déjouent en outre souvent les abstractions de l’écrit grâce à des figurations ou représentations ainsi livrées directement. Au sein de plus détaillés sujets d’histoire, les choix et les dosages de ces insertions iconographiques détiennent alors un rôle complémentaire de précision et d’authentification, gages majeurs d’intérêt et de potentielle fascination.

Rue Quincampoix

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 02 Avril 2014. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

Arrêtons-nous une fois encore à la galerie Polad-Hardouin pour une exposition de groupe de trois jeunes femmes. Nous retenons tout spécifiquement Ayako David-Kawauchi et le titre énigmatique de ses pièces : Livre à vivre. L’artiste d’origine japonaise fait place nette avec du dessin brut, aux exécutions stylisées à l’aide du fusain et de la pierre noire sur papier. Or, il s’agit bien de tranches de vies modestes, découpées dans l’imaginaire d’une jeune fille interrogative.

Le carton d’invitation nous montre d’ailleurs une fillette emmitouflée dans son col roulé, la bouche cachée et de grands yeux légèrement bridés, ouverts, étonnés et fiévreux. La figure poupine, brune, un peu disgracieuse d’une fillette, ou malade, ou frileuse, surgissant d’un halo brumeux, d’une vieille photographie noire et blanche, entraîne à l’interrogation. Repousse les limites de l’enfance, de l’autobiographie dans une vision un peu cauchemardesque.

Correspondance 1927-1938, Stefan Zweig/Joseph Roth

Ecrit par Michel Host , le Lundi, 06 Janvier 2014. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

 

 

Correspondance 1927-1938, Stefan Zweig/Joseph Roth, traduit de l’allemand et préfacé par Pierre Deshusses (1), Éditions Payot & Rivages, Collection Bibliothèque Rivages, 475 pages, 25 €

 

Une amitié, une époque, deux errances


« Vous savez bien ce que représente le temps, une heure est un lac, une journée une mer, la nuit une éternité, le réveil un enfer, se lever un combat pour retrouver la lucidité et effacer la fièvre d’un mauvais rêve ».

Joseph Roth, le 22/01/1936

Le Ruisseau, l’éclair, Laurent Albarracin

Ecrit par Didier Ayres , le Jeudi, 05 Décembre 2013. , dans Etudes, Les Dossiers, La Une CED

Le poème, le poète


Je sors à l’instant de la lecture du recueil des 56 poèmes que publie Laurent Albarracin chez L’éditeur Rougerie, livre qui garde la sobriété et l’élégance que l’on connaît de la maison de Mortemart. Nonobstant, j’ai éprouvé très vite le charme de la locution courte de l’éclat soudain et resserré et aussi la tendance à la raréfaction. Voilà un livre entier construit sur le peu, le juste ce qu’il faut de mots pour faire exister le poème et qui, cependant, permet d’entendre le poète, lequel n’est pas incolore dans sa poésie. Je connais un peu Laurent, et j’ai vu dans ce ruisseau et cet éclair certains traits qui font miroir de son âme profonde, peut-être. Je pense à ce poème :

L’éclair m’a planté

un brin d’osier dans le cœur

Depuis je le tresse

pour cueillir l’écume des rivières