Rares ceux qui échappèrent à la guerre, Frédéric Paulin (par Jean-Jacques Bretou)
Rares ceux qui échappèrent à la guerre, Frédéric Paulin – Folio roman noir - 430 p. – 9, 50 €
Edition: Folio (Gallimard)
Paris 22 octobre 1983 - Alors que Philippe Kellerman, 53 ans, conseiller spécial pour les affaires libanaises, déjeune dans un restaurant de qualité avec sa fille, jeune étudiante. Que celle-ci, en proie à des états d’âme s’interroge sur la pertinence de s’établir en usine après ses études. Ce dernier ne se doute pas que le lendemain peu avant sept heures, pour la première fois depuis son jeune âge, en entendant la sonnerie du téléphone, il se coupera en se rasant ! Prémonition ? Fébrile, il décroche pour apprendre de la voix de François de Grossouvre, qu’un attentat a eu lieu à Beyrouth, le poste Drakkar a été touché, les victimes sont nombreuses et son fils Romain, jeune soldat, peut-être se trouve parmi elles.
On déplorera une soixantaine de morts dont le fils Kellerman. Le commandant Dix-neuf sera désigné comme chef militaire de la région et il commencera sa tâche par essayer de sauver les rescapés du carnage. Il faudra creuser, beaucoup creuser.
« Rares ceux qui échappèrent à la guerre » est le deuxième tome de la trilogie que Paulin consacre à la guerre au Liban, il couvre les années 1983 - 1986. Le premier tome « Nul ennemi comme un frère » commence en 1975 alors que les chrétiens et les Palestiniens et leurs alliés locaux s’affrontent dans les rues et se termine en 1986. Le troisième tome déjà paru aux Éditions Agullo s’intitule « Que s’obscurcissent le soleil et la lumière » et se termine en 1990.
Les 415 pages de ce livre, (sans les annexes), sont écrites d’un trait, il n’y a pas de chapitres. Ce qui veut dire que l’écriture est tendue au maximum, très exigeante. Il faut beaucoup d’attention pour retenir le nom des différents protagonistes et des différents lieux, sans compter les différentes forces en présence pour qui n’est pas habitué à la langue arabe, même romanisée. Pour ce qui est des belligérants français, la plupart ont existé ou sont encore en vie, les noms sont bien connus tel Mitterrand, Grossouvre, Attali, Rouillant, Nathalie Menigon … d’autres ont été inventés comme Philippe Kellerman, Dix-neuf. La lecture sera facilitée pour les lecteurs ayant eu accès au premier tome puisque la plupart des personnages sont récurrents.
Beyrouth est en proie aux attentats lancés par Abdul Rasool al- Amine et le Hezbollah. En France la cellule antiterroriste de l’Élysée et la DGSE ont fort à faire avec la même tactique de l’attentat que les forces extrémistes ont exportée. Enfin le Hezbollah, le Jihad et les FARL inaugurent la prise d’otages avec l’enlèvement pour la France de Marcel Fontaine, Marcel Carton, Jean-Paul Kauffmann et Michel Seurat.
Alors que Beyrouth s’agite, la France aussi. Les brigades rouges après avoir assassiné le général Audran, frappent un peu partout. La politique de Mitterrand est remplacée par celle de Chirac sans plus de succès. Le livre se termine par l’attentat Tati, rue de Renne. Tome 3.
Jean-Jacques Bretou
Frédéric Paulin est un écrivain français de romans noirs, né en 1972 à Brétigny-sur-Orge. Ancien journaliste et professeur, il s’impose avec un polar politique documenté, mêlant fiction et faits historiques. Lauréat de nombreux prix, il est l’auteur de romans marquants comme la trilogie « Tedj Benlazar » sur le djihadisme et la trilogie libanaise.
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