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Le jour du chien qui boite, Werner Lambersy (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) 07.05.20 dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Poésie, Editions Henry

Le jour du chien qui boite, janvier 2020, 36 pages, 8 €

Ecrivain(s): Werner Lambersy Edition: Editions Henry

Le jour du chien qui boite, Werner Lambersy (par Murielle Compère-Demarcy)

 

Ce nouvel opus de Werner Lambersy est un credo, un livre de prières adressé au monde dans le désir vivant de le voir s’accomplir à hauteur d’humanité, mû par l’amour (« L’amour est l’échelle de secours »), la fraternité, grandi par la beauté. Le constat du poète est lourd de déceptions et d’amers états des lieux mais s’il s’en remet à Celui qui pour certains créa le monde, c’est que l’espoir reste vivace :

« Seigneur puisque tu n’existes pas

Je me confie à toi »

Marginal, désœuvré, sans domicile fixe, après avoir « traversé, brisé ce jour du chien qui boite », l’homme qui s’exprime encore ici a entendu « que le monde n’a pas besoin de poète » et cependant affirme que la beauté a besoin qu’on la voie, « même si ce n’est que son ombre emportée ». Et ce recueil fait entendre l’écho de cette ombre emportée sous le feuillage du retrait qui fait silence pour mieux écouter et faire entendre le monde bruissant alentour qui ne cesse de veiller et de nous mettre en tension pour se sentir vivre.

« Dans l’hiver rude de (s)on âme », le poète remue la nuit dans le chaudron de sa « colère » et de sa « tristesse », de ses « regrets » et « échecs », « Ulysse toujours au bord : De la beauté et de l’horreur », face aux mets et mots mal cuisinés qui mettent à mal l’être du monde, la question de l’être pourtant essentielle… cependant le poète résiste et continue de faire corps avec le monde qui le porte et qu’il porte (« pour regarder dehors loin de sonCorps le monde est un chien quiBoite il me suit se couche à terre ». Road-movie dans lequel s’écrivent des bribes d’existence « comme ces débris dérivant dans un cloaqueDe boues et de pensées boueuses auxquelsles enfants jettent des pierres (…) », cet opus ne laisse cependant pas de continuer de croire en un monde possible reconsolidé par sa réconciliation avec le sens de son Histoire :

« Je suis triste mais je sais toujours

Pourquoi écrit Genet destination

Auschwitz Chatila KGB Cambodge

La place Tien An Men ou l’Afrique »

et par sa résilience dans le franchissement surmonté des écueils (« cependant ! Ce monde absurdeEst superbe (…) ». Le poète est ce « chien qui boite » qui attend son heure comme une caresse inespérée, une parole fraternelle, et « marche et vade l’avant » comme « celui qui chante magnifiqueEt serein dans la forêt sans âge de sesPensées », dans « la joie sans mesure » de vivre et de goûter le présent augmenté de poésie ardente, accablante, amoureuse, titubante, clairvoyante, « hirondelle matinale(qui) danse à la corde surla ligne d’horizon ».

 

Murielle Compère-Demarcy


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A propos de l'écrivain

Werner Lambersy

 

Né à Anvers, le 16 novembre 1941, Werner Lambersy vit à Paris depuis 1982.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Werner_Lambersy#Lien_externe

http://www.wernerlambersy.com

 

A propos du rédacteur

MCDEM (Murielle Compère-Demarcy)


Lire toutes les publications de Murielle Compère-Demarcy dans la Cause Littéraire


Murielle Compère-Demarcy - publiant aussi sous le nom de MCDem. - est une poétesse, nouvelliste et auteure de chroniques littéraires et d'articles critiques.

Poésie

Atout-cœur, éditions Flammes vives, 2009

Eau-vive des falaises éditions Encres vives, collection Encres Blanches, 2014

Je marche..., poème marché/compté à lire à voix haute, dédié à Jacques Darras, éditions Encres vives, collection encres Blanches, 2014

Coupure d'électricité, éditions du Port d'Attache, 2015

La Falaise effritée du Dire, éditions du Petit Véhicule, Cahier d'art et de littérature, Chiendants, n°78, 2015

Trash fragilité, illustrations de Didier Mélique, éditions Le Citron gare, 2015

Un cri dans le ciel, éditions La Porte, 2015

Je tu mon alterégoïste, couverture de Didier Mélique, préface d'Alain Marc, 2016

Signaux d'existence suivi de La Petite Fille et la Pluie, éditions du Petit Véhicule, 2016

Le Poème en marche, suivi de Le Poème en résistance, éditions du Port d'Attache, 2016

Dans la course, hors circuit, éd. du Tarmac, 2017

Poème-Passeport pour l'Exil, co-écrit avec le photographe-poète Khaled Youssef, éd. Corps Puce, coll. Parole en liberté, 2017

Réédition Dans la course, hors circuit, éd. Tarmac, 2018

... dans la danse de Hurle-Lyre & de Hurlevent..., éd. Encres Vives, coll. Encres Blanches, n°718, 2018

L'Oiseau invisible du Temps, éd. Henry, coll. La Main aux poètes, 2018

Alchimiste du soleil pulvérisé, Z4 Éditions, 2019

Fenêtre ouverte sur la poésie de Luc Vidal, éditions du Petit Véhicule, coll. L'Or du Temps, 2019

Dans les landes de Hurle-Lyre, Z4 Éditions, 2019

L'écorce rouge suivi de Prière pour Notre-Dame de Paris & Hurlement, préface de Jacques Darras, Z4 Editions, coll. Les 4 saisons, 2020

Voyage Grand-Tournesol, avec Khaled Youssef et la participation de Basia Miller, Z4 Éditions, Préface de Chiara de Luca, 2020 [262 p.]

Werner Lambersy, Editions les Vanneaux, 2020

Confinés dans le noir, Éditions du Port d'Attache, illustr. de couverture Jacques Cauda ; 2021

Le soleil n'est pas terminé, Editions Douro, avec photographies de Laurent Boisselier. Préface de Jean-Louis Rambour. Notes sur la poésie de MCDem. de Jean-Yves Guigot. Illustr. de couverture Laurent Boisselier, 2021