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Mourir pour Kobané, Patrice Franceschi (par Mélanie Talcott)

Ecrit par Mélanie Talcott le 21.09.22 dans La Une CED, Les Chroniques, Les Livres

Mourir pour Kobané, Patrice Franceschi, éditions des Equateurs, 2015, 143 pages

Mourir pour Kobané, Patrice Franceschi (par Mélanie Talcott)

 

« Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent », Jean-Paul Sartre

 

Mourir pour Kobané de Patrice Franceschi n’est ni un roman, ni un essai. Juste un témoignage d’un homme qui de 2013 à 2015, fut, sur le terrain, le spectateur volontaire d’une lutte farouche opposant un peuple, les Kurdes, à une organisation ultra-radicale sunnite, Daech, chacun prêt à mourir pour deux visions du monde aux antipodes l’une de l’autre. Un islam démocratique laïcisé, modernisé, réformé, prônant la liberté individuelle et collective, l’égalité entre les femmes et les hommes, le respect des minorités, la justice économique, modèle partagé par les Kurdes turcs et syriens face à un autre, d’une barbarie effroyable, Daech, ces « égorgeurs de Dieu ». Un islam laïc dont les islamo-conservateurs du Moyen et Proche Orient et également d’Europe, craignent la contagion lui préférant l’islam radical (1) dont l’inhumanité perverse et brutale signe l’irrationnel religieux, disposé au pire pour imposer leur foi. Awar Tamia, l’ami et l’interprète de Patrice Franceschi le résume fort bien : « Ils ont un projet et un rêve. L’exact contraire du nôtre. La charia contre le Code civil… ».

L’auteur nous fait le récit de cette épopée titanesque aux confins de pays dont l’Occident – et nous-mêmes – se moque éperdument, si ce n’est lorsqu’il s’agit de nous protéger contre cet islam archaïque invasif et assassin. La personnalité généreuse de Patrice Franceschi, sa loyauté, qualité rare à notre époque, envers le peuple kurde du nord syrien, la connaissance profonde qu’il a de leur histoire, de leurs difficultés et de leurs contradictions, l’admiration et la tendresse qu’il éprouve pour ce peuple courageux, avide de démocratie et de liberté, prêt à offrir sa protection aux chrétiens, sunnites et yézidis, etc., au prix de sa propre vie, mais incapable de faire l’unité entre ses différents partis politiques, transpirent dans ses mots. L’authenticité côtoie avec pudeur sous sa plume non seulement une lucidité désenclavée de tout dogmatisme, mais aussi une colère sourde envers la lâcheté réitérée de l’Occident, ce « monde ancien, bientôt un musée, fatigué de lui-même, se fichant pas mal de se qui se passe ailleurs ».

Le titre Mourir pour Kobané fait écho, du moins pour ceux en capacité de le savoir, au fameux article « Mourir pour Dantzig » rédigé par le socialiste, futur ministre de Vichy et chantre de la collaboration, Marcel Déat, à l’idéologie vérolée par ce pacifisme de gauche imprégné de ce même humanitarisme de posture qui hier comme aujourd’hui, défend l’intolérable au nom d’une tolérance de bon aloi, qui ne lui coûte pas cher, puisqu’elle ne l’implique pas au-delà de ses diatribes.

Sa lecture terminée, Mourir pour Kobané m’a renvoyée au titre du livre de Marguerite Duras, Hiroshima mon amour, si je m’en tiens à son évocatrice puissance antagonique : ce sens du tragique, « cette vertu qui seule permet de ne pas faire de la mort un tabou et de l’affronter sans crainte pour ce qui vaut la peine d’être vécu », qui hante les combattants kurdes au sein des unités de défense masculine, les Yapagués, et féminine, les Yapajas, ces « amazones de feu » et « ces belles Jeanne d’Arc en lutte contre les barbus », qui n’hésitent pas à se tirer une balle dans la tête pour ne pas tomber entre les mains des tortionnaires enturbannés, ou se faire sauter à la grenade au milieu d’eux. Ils s’appellent Goran, Bagok ou Rezan. Elles s’appellent « Esrin, Rodja, Beriwan, ou Zivan. Les plus jeunes ont dix-huit ans, leurs officiers la trentaine. Les unes viennent de s’engager, les autres ont déjà deux à dix ans de guerre derrière elles. Beaucoup sont jolies, toutes sont timides ».

Je devrais plutôt employer le passé. Car la plupart a disparu, emportée en janvier 2015, dans la tourmente de ce que l’on nomme le « Stalingrad du Moyen Orient ». Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Rien. Le vacarme d’une histoire qui ne nous concerne pas. Ou si peu et si mal… A l’instar de nos infirmières pour qui le cul des casseroles résonna tels des tambours de la renommée chaque soir à 20h, durant un mois, nous avons jeté dans les poubelles de l’oubli et de l’indifférence ces femmes dont les faits d’armes dans le Rojava, région autonome du Kurdistan syrien pris en tenaille entre la Turquie d’Erdogan, l’Irak de Daech, la Syrie de Bachar et l’Iran, ont durant quelques semaines, fait fantasmer à l’envi les médias occidentaux.

Qui se soucie du peuple kurde ? Qui s’en est jamais soucié ? Les Kurdes sont au Moyen Orient ce que, avant la Shoah, les Juifs furent à l’Europe… Chassés, pourchassés, massacrés, gazés, déportés dans des zones insalubres, manipulés au gré des intérêts géopolitiques de l’Europe et des pays voisins ou non, marginalisés, utilisés, déchus de leur nationalité (2), villes rasées, interdiction de parler leur langue, assassinats politiques, chair à canon consommable et sacrifiable à souhait… De rébellions en répressions, d’insurrections en crimes de masse, quelques quarante millions d’âmes, réparties sur des territoires riches en pétrole (Turquie, Iran et Irak). Une nation sans Etat. « Les Kurdes sont un peuple qui manque de chance. En commençant par là, on peut comprendre leur histoire en quelques lignes. Une histoire qui, en distribuant ses cartes, s’est montrée plus vicieuse qu’un joueur de bonneteau », nous dit Franceschi. Depuis le dépeçage de l’Empire Ottoman, principalement par l’Angleterre et la France et juste après la première guerre mondiale, le Traité de Sèvres (1920) qui ne fut jamais appliqué, leur indépendance est un mirage vivace qui s’évanouit chaque fois qu’il est sur le point de se concrétiser.

Abandonnés et trahis de multiples fois… A Kobané, alors que la mort envoyait ses sbires islamistes faire cruellement ses courses dans les ruines de cette ville, au dernier moment, fin janvier 2015, les avions de la coalition dirigée, comme d’hab, par les USA ont bombardé la région. Non pour sauver la peau des combattants kurdes, soyons clairs, mais pour sauver la nôtre des fanatiques d’Allah. Pour qu’ils ne viennent pas mettre nos rues à feu et à sang et sous charia. Après, en bons Ponce Pilate occidentaux, nous nous sommes soigneusement lavé les mains du sort des Kurdes de Syrie. « La presse et le monde politique occidental saluent cette victoire inespérée, rendant hommage à la vaillance des défenseurs de Kobané. La ville est presque entièrement rasée, les intellectuels médiatiques affluent à Rojava, les politiciens d’opportunité débarquent à leur suite », comme le commente Awar Tamia.

Abandonnés et trahis, jusqu’à aujourd’hui. En 1991, Saddam Hussein lança ses troupes du Nord de l’Irak contre les Kurdes. Les Peshmerga, alliés des Occidentaux, furent rapidement défaits faute de moyens. Ils ne s’appelaient pas Zelensky. Ils n’étaient pas Européens. Ils n’avaient pas la même couleur de peau, ni le même sang.

En 2019, Trump (3), tout comme précédemment Obama et Bush, les a « cédés » à la Turquie d’Erdogan, avec la complicité silencieuse de l’Occident. Résultat ? : « Pour affaiblir les Kurdes de Syrie et empêcher ceux de Turquie de leur prêter main-forte, les Turcs ont totalement verrouillé la frontière les séparant du territoire syrien libéré par les Kurdes. Ils les ont enfermés dans une nasse. Cette frontière court d’est en ouest sur plusieurs centaines de kilomètres. La longer est un voyage d’anthologie glaçant. Le bouclage est parfait : rangées de rouleaux de fil de fer barbelé, grillage de cinq mètres de hauteur, miradors, projecteurs et postes militaires à intervalles réguliers. Infranchissable. La nuit, c’est encore plus insensé à contempler. Les projecteurs ne laissent pas un mètre carré dans l’ombre et l’interminable succession de leurs lumières blanches barrant l’horizon a quelque chose de profondément sinistre. Pourquoi la presse ne parle-t-elle jamais de cette muraille turque semblable à celle d’un camp de concentration ? ».

Et récemment, en 2022, toujours avec cette lâcheté molle qui caractérise la velléitaire Union Européenne, aussi malade d’elle-même que repue. Comme le font les vieillards à la fin de leur vie, elle sursaute parfois et monnaie ses renoncements contre une dose d’oxygène. La dernière perfusion qu’elle s’est offerte est la livraison de chair fraîche, celle de soixante treize militants kurdes (4) du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et du YPG (Unités de protection du peuple kurde), considérés comme organisations terroristes par Ankara, mais aussi par les USA et l’Union européenne, à leur pire ennemi, Erdogan, en échange de quoi, celui-ci a promis de soutenir l’entrée de la Finlande et de la Suède dans l’OTAN. Pour rappel, ces « terroristes » sont les mêmes que ceux qui ont défendu le Rojava et Kobané en 2015 et qui continuent à le faire en réponse aux fréquentes agressions et incursions des forces armées turques. « Les Turcs sont vos alliés de l’OTAN mais ils vous trahissent en aidant nos ennemis communs. Je ne comprends pas que vous ne fassiez rien. Si vous nous donniez des armes, rien que des armes car nous avons tous les combattants nécessaires, nous chasserions Daech du nord de la Syrie et vous seriez aussi contents que nous. Nous ne demandons pas le sang d’un seul de vos soldats. Le nôtre suffit », remarque Hussain, commandant en chef de Tell Khanzir.

Mourir pour Kobané est non seulement un témoignage poignant, mais un formidable hommage de Patrice Franceschi envers les Kurdes du Rojava, habité par le sens du tragique, pour qui la vie sans la liberté n’est pas un instant envisageable. Un récit remarquablement documenté qui vous prend aux tripes et aux neurones, mais vous laisse à l’esprit et au cœur, un sentiment de honte.

Honte de ce que nous sommes devenus. Une société où l’on a peur de vivre. « Chacune produit le type de guerrier qui lui correspond », dit Franceschi. C’est sûr, ceux issus d’une société qui ne craint pas de mourir ne sont pas de la même trempe.

Honte de notre individualisme frustré, de notre fanatisme du confort, de l’assistanat et du pouvoir d’achat qui nous transforment en pathétiques monnayeurs de miettes et en tapettes consuméristes.

Honte que le courage de s’opposer fermement à un Etat qui au nom d’une démocratie dévoyée et défaillante, nous infantilise, oblitère nos libertés, met sous crédit notre santé, nous donne des leçons de morale, faisant pédagogiquement et sans vergogne appel à notre responsabilité de citoyens, alors que lui-même est dépourvu d’exemplarité.

Honte que notre démocratie qui agonise sur le corps moribond d’une société vampirisée par un vide existentiel abyssal, ait rayée de sa pratique républicaine les valeurs « liberté individuelle et collective, laïcité, égalité homme/femme, justice économique, décentralisation, respect des minorités » pour lesquelles au contraire, depuis des années le peuple kurde lutte et se sacrifie pour sa survie, pour leurs familles, pour leur dignité. L’honneur et la loyauté font partie désormais, pour nous autres, de l’archéologie des sentiments.

La même honte ressentie par l’auteur : « À chaque retour de Rojava, c’est la même chose : un vague malaise monte en moi. Il me suffit de débarquer de nuit à Roissy pour que ce malaise prenne naissance devant les publicités agressives qui défilent sur la route me ramenant à Paris. Je quitte un univers de sobriété habité par la foi dans une utopie en train de prendre forme pour entrer avec brutalité dans un monde d’abondance et de surplus où chacun sent le vertige existentiel provoqué par la désertion de tout véritable idéal collectif. Là-bas, on accepte de payer le prix élevé de la liberté, ici on solde sa vie dans la quête moderne du divertissement généralisé. Là-bas on se bat, ici l’on consomme. Tout s’achète et se vend dans une tranquille assurance – et même bientôt l’amour et l’amitié, nous promet-on. Là-bas, la gravité tragique de l’existence, ici la montée de l’insignifiance. Là-bas, un monde de bravoure où l’on ne craint pas la mort, ici un monde où la peur de vivre envahit tout : peur de ce que l’on mange, de ce que l’on boit, de la météo qu’il va faire – et jusqu’à la peur de ce que l’on respire. Je reviens au sein d’un peuple effrayé ».

Honte de notre humanitarisme buzzy dont les contorsions oratoires d’« experts » en tout et n’importe quoi, se font actuellement abondamment l’écho au sujet de l’Ukraine. De plateau en plateau, sans jamais avoir mis les pieds plus loin que le seuil de leur bureau, ils se doivent de forger de leur dogmatisme soûlant, l’ignorance de l’opinion. Cet hégémonisme occidental politique, économique et culturel, s’il est toujours aussi insupportable à mes yeux, n’est pourtant pas une nouveauté. La « Théorie raciale des climats » (5) qui nous vient d’une lointaine et incertaine Antiquité, depuis la Perse jusqu’à Ptolémée dit-on, signa son bulletin de naissance. Cette théorie qui divise la terre en sept bandes du nord au sud, est la première explication scientifique du racisme. La latitude à laquelle vivent les hommes serait à l’origine de la différence entre eux. Diffusée par les géographes musulmans jusqu’en 1600, elle fut reprise par Montesquieu qui s’en fit le chantre en 1748 et écrivit à ce sujet dans l’Esprit des lois : « Vous trouverez dans les climats du nord des peuples qui ont peu de vices, assez de vertus, beaucoup de sincérité et de franchise. Approchez des pays du midi vous croirez vous éloigner de la morale même ; des passions plus vives multiplient les crimes (…) ».

Cette supériorité du Blanc fut largement ensuite véhiculée par les intellectuels du Siècle des Lumières, de Kant à Gobineau, en passant par Voltaire et Diderot. Les théoriciens des races furent légion, le Blanc bien évidemment remportant toujours le pompon. Nombre de penseurs, d’intellectuels et d’hommes d’affaires de l’époque jusqu’à la nôtre y trouvèrent et y trouvent la légitimité de l’esclavage et du colonialisme, à commencer par notre célèbre Jules Ferry (6)… Un engrenage qui conduira au militantisme pour l’eugénisme dans les rangs de la Gauche tout au long des années 1930, aux théories racistes du National Socialisme et jusqu’à aujourd’hui où l’on n’accorde pas le même traitement aux réfugiés syriens, afghans, moyen-orientaux qu’aux réfugiés ukrainiens. Ceux-là sont des Européens qui fuient la guerre et essaient juste de sauver leur vie. Les autres font l’objet de fortes discriminations aux frontières. Les premiers représentent une « immigration de grande qualité, dont on pourra tirer profit » (7). Les seconds, pas grand-chose.

« La liberté est un aliment de bon suc et de forte digestion qu’il faut des estomacs bien sains pour le supporter », écrivit Rousseau.

L’Occident ne manque pas d’estomac. N’est-il pas depuis des siècles, passé maître dans l’art d’asservir pour se servir ? Gageons que ces indécentes bacchanales le conduiront à sa perte. Désintégré par intoxication.

Mourir pour Kobané, un livre qui vous râpe douloureusement l’âme. Suffisamment rare pour que j’en recommande la lecture.

 

Mélanie Talcott

 

(1) https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2011-2-page-113.htm

La Ligue islamique mondiale en Europe : un instrument de défense des intérêts stratégiques saoudiens, Samir Amghar, Dans Critique internationale 2011/2 (n°51), pages 113 à 127.

(2) En Syrie, une loi sur le recensement en 1962 a déchu plus de 300.000 Kurdes de leur nationalité. Alors que dans les autres pays de la région les autorités tentent d’assimiler les Kurdes, en Syrie, ils sont purement et simplement apatrides (470.000 apatrides aujourd’hui en Syrie).

(3) https://www.institutmontaigne.org/en/node/6839

L’abandon des Kurdes par Trump, pire qu’un crime, une faute. Octobre 2019.

(4) https://www.france24.com/fr/europe/20220707-otan-qui-sont-les-terroristes-réclamés-par-la-turquie-à-la-finlande-et-à-la-suède

(5) Théorie des climats : https://www.regards-sociologiques.fr/wp-content/uploads/2020/03/RS-02-1991-05.pdf

(6) Jules Ferry : les fondements de la politique coloniale (28 juillet 1885). Voir également racisme et sous-hommes chez les philosophes des Lumières.

(7) Paroles du président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale sur Europe1. Sans compter les déclarations racistes de certains responsables politiques, comme le premier ministre bulgare qui a affirmé : « Ce sont pas les réfugiés auxquels nous sommes habitués (…) Ces gens sont des Européens. Ils sont intelligents, ils sont éduqués ».

 

En vrac

Sur Kobané : Il y a cent ans, il n’existait pas d’endroit portant le nom de Kobané. Pas plus d’ailleurs qu’il n’y avait de lieu appelé Ayn Al-Arab, nom que certains considèrent maintenant avec insistance comme le toponyme originel de cet endroit. Il y a un siècle, on trouvait tout au plus, là où s’étend Kobané aujourd’hui, un petit hameau portant le nom d’Arab Punari ou Arap Pinari [qui, en turc, signifie « fontaine arabe », tout comme son équivalent arabe Ayn Al-Arab]. L’histoire de ce lieu, qui fait maintenant la une de l’actualité dans le monde entier, a été oubliée, mais elle vaut pourtant la peine d’être connue. Toutefois, Arab Punari rentre véritablement dans l’Histoire avec les massacres d’Arméniens en 1915. En 1925, la répression contre la révolte du cheikh Saïd Piran (dans les régions kurdes de la nouvelle Turquie républicaine) pousse de nombreuses tribus kurdes à venir s’installer du côté syrien de la frontière, à Ras Ul-Ayn et à Arab Punari. Avec le temps, la population du lieu devient un mélange d’Arabes, de Kurdes, d’Arméniens et de Turkmènes. La Syrie devient ensuite indépendante et le nouvel État syrien, dans le cadre de sa politique d’arabisation, donne à cette petite ville le nom d’Ayn Al-Arab. Quant au nom de Kobané (sous lequel la ville est connue dans les autres langues), il ne semble pas être un mot kurde. Kobané viendrait du terme allemand kompanie (« compagnie », « société »), il remonterait au temps où les Allemands se trouvaient à cet endroit.

A voir : Kurdistan, la guerre des filles. Un film de Mylène Sauloy.

 

Aventurier corse, philosophe politique, et écrivain français, Prix Goncourt de la nouvelle 2015, Patrice Franceschi est aussi aviateur et marin. Depuis toujours, il partage sa vie entre écriture et aventure. Il a multiplié à travers le monde les expéditions terrestres, aériennes et maritimes. Il a aussi mené de nombreuses missions humanitaires dans les pays en guerre, de la Bosnie à la Somalie, vécu parmi les peuples indigènes des contrées les plus reculées, Papous, Indiens, Pygmées, Nilotiques, et s’est engagé de longues années dans les rangs de la résistance afghane combattant l’armée soviétique. Il est également un soutien actif des Kurdes de Syrie sur le terrain depuis le début de leur combat contre l’Etat islamique. Ses romans, récits, poésie ou essais sont inséparables d’une existence engagée, libre et tumultueuse où il tente « d’épuiser le champ du possible ». Officier de réserve, il appartient également au groupe prestigieux des écrivains de marine.

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A propos du rédacteur

Mélanie Talcott

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Maquettiste free-lance (livre papier et numérique, livre clé en main)

Écrivain et auteur de : Les Microbes de Dieu (2011), Alzheimer... Même toi, on t'oubliera (2012)

Chronique à l'Ombre du Regard (2013), Ami de l'autre rive (2014), Goodbye Gandhi (2015 -

prix du jury 2016 du polar auto-édité), La Démocratie est un sucre qui se dissout dans le pétrole (2016)