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Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


Hosanna, Jacques Chessex

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 07 Juin 2013. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Hosanna, avril 2013, 119 pages, 12,90 € . Ecrivain(s): Jacques Chessex Edition: Grasset

Petit village de la Broye vaudoise, à notre époque. Beaucoup de monde autour et à l’intérieur de la petite église. Au centre, près de la chaire, cerné par les travées, le cercueil « couvert de fleurs jaunes et de banderoles », celui d’un nonagénaire, voisin du narrateur. Celui-ci a trouvé place, sur un banc, aux côtés d’autres fidèles, à proximité de la porte laissée entr’ouverte. La cloche de la petite église, celle des morts, sonne ; quelques coups de battant plus tard, le service funèbre commence. Soli Deo Gloria.

Le regard et l’oreille en alerte, le protagoniste, écrivain, installé depuis trente ans dans le bourg, assiste, ainsi, paisiblement, au rite funéraire.

« Là j’aurais dû me détendre, me sentir léger, affiné comme chaque fois que je suis proche des manifestations de l’attrait charnel et de la mort : cérémonies, images, mots, le désir et le néant trouvent en moi un témoin bientôt complice, comme si je m’épanouissais, du moins devenais plus fort, à fréquenter les boutiques obscures. Mais sur mon banc, hier après-midi, devant ce cercueil et m’apprêtant à participer à un long culte funèbre, je dois avouer que j’étais à des lieues de m’épanouir ou de m’affiner. […] Un instant j’eus envie de rire de ma présence dans ce lieu, parmi des gens sûrs de leur droit d’être là, sûrs de leur peine, sûrs de mériter le mort qu’ils pleuraient, et le peu de ressources que je constatais en moi aurait dû me faire renoncer plus avant à cette cérémonie ».

L'étrange réveillon, Bertrand Santini/Lionel Richerand

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 17 Avril 2013. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

L’étrange réveillon, Bertrand Santini, Lionel Richerand, Grasset-Jeunesse, octobre 2012, 13,50 € . Ecrivain(s): Bertrand Santini Edition: Grasset

 

L’étrange réveillon est un album pour la jeunesse qui se situe à l’intersection exacte de deux cours d’eau magnifiques, d’une précise tempétuosité : celui de Tim Burton (oh vous qui êtes séduit par le gothique, ne changez pas de route, cet album est fait pour vous) et celui d’Edward Gorey, moins connu mais non moins intense, d’une intensité qui conjugue l’inoubliable.

Cette filiation profonde tient en premier lieu aux dessins, qui nous surprennent dans leur hiératisme presque, dans la façon qu’ils ont de conjuguer l’épure, sachant également, à chaque fois que cela est nécessaire, se perdre presque en une profusion de détails qui nous enchantent, notre attention devenant soudain cette main tendue qui cherche à attraper le plus infime trait et à lui donner une signification. Si le noir, filiation oblige, trône, le dessinateur en joue comme en jouait Manet, c’est-à-dire comme s’il s’agissait d’une véritable couleur. Et se sert des autres couleurs présentes dans l’album pour exaucer celle-ci, précisément l’exaucer, la rendant à son trouble originel. À son trouble sans fin. Afin que ce noir nous apparaisse comme le noir de l’inconscient. Afin qu’il nous happe et nous entraîne en son fond, où l’on débusque une histoire rimée, qui achève de tisser, au moyen d’une ferveur et d’une délicatesse, la filiation avec Burton et Gorey.

La vie qu'on voulait, Pierre Ducrozet (Bonnes feuilles)

Ecrit par La Rédaction , le Jeudi, 11 Avril 2013. , dans Grasset, Les Livres, Bonnes feuilles, La Une Livres, Roman

La vie qu'on voulait. 12 avril 2013. 252 p. 17,90 € . Ecrivain(s): Pierre Ducrozet Edition: Grasset

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Les morts pourraient pas rester où ils sont ? demande Lou à haute voix – le chauffeur de taxi ne répond pas. Vous allez où ? À l’hôpital Saint-Louis, dit-elle. Il démarre.

 

C’est toujours la même histoire, vous prenez votre café, vous remuez la cuillère sans y croire, les collègues parlent de l’après-midi à venir ou peut-être bien du nouveau film d’Almodóvar, un mélodrame ma-gni-fique, j’en ai pleuré, l’actrice est sublime, quand votre téléphone vibre au fond de votre poche, et ce n’est ni votre chef, ni votre amant, c’est un numéro inconnu : vous décrochez. Une voix de jeune femme vous parle et vous ne comprenez pas bien, vous sentez juste que votre coeur accélère sa marche militaire alors que le café n’a pas eu raisonnablement le temps de descendre jusque-là. Vous vous levez, vous n’aimez pas parler à côté d’autres personnes, et ça se complique assez vite. Un revenant. Les morts font ce qu’ils peuvent, et c’est déjà trop. Vous raccrochez, vous bredouillez quelques mots à vos collègues, puis vous vous approchez de la porte vitrée. Une fois dans la rue, vous appelez votre chef, un problème, oui, vous ne viendrez que plus tard, désolée. Votre main se lève, un taxi s’arrête, vous dedans et en route.

Nouilles froides à Pyongyang, Jean-Luc Coatalem (2 recensions)

Ecrit par Lionel Bedin , le Mercredi, 27 Février 2013. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits

Nouilles froides à Pyongyang, Récit de voyage, 2013, 17,60 € . Ecrivain(s): Jean-Luc Coatalem Edition: Grasset

 

Recension 1

 

« Où allons-nous, nous qui n’allons nulle part dans ce pays qui n’existe pas ? » est une phrase du livre qui aurait pu se trouver en exergue au début de Nouilles froides à Pyongyang, récit dans lequel Jean-Luc Coatalem raconte un voyage en Corée du Nord effectué au printemps 2011 – donc avant la disparition du « Cher Leader » Kim Jong-il, remplacé depuis par son fils Kim Jong-un. Un voyage un peu particulier, très encadré, très contrôlé, mais qui livre au final un « journal de voyage, attentif mais distant, amusé parfois, jamais dupe ». Allons voir.

Avant de glisser sur la « rampe des longitudes », Jean-Luc Coatalem et son ami Clorinde obtiennent, sous prétexte de consulting en tourisme, des visas pour un pays « sur lequel on en sait moins que sur nos galaxies lointaines ».

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers, Bjorn Larsson

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 21 Février 2013. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers, traduit du suédois par Philippe Bouquet, 2012, 491 p. 22 € . Ecrivain(s): Björn Larsson Edition: Grasset

 

Il y a ordinairement autant de distance entre le roman policier et la poésie qu’entre le jeune Werther et Hercule Poirot… bien qu’il existe des lecteurs prisant tout autant chacun de ces deux genres.

Björn Larsson a osé réunir dans un même livre poésie, crime, enquête policière, réflexions sur la poésie…

Le héros : Jan Y Nilsson est un poète, un vrai, de ceux pour qui l’écriture poétique est « une vocation à laquelle on [voue] son existence, sans considération de modes ni de tendances ».

Et voici qu’il se met, le traître, sur commande de son éditeur, à écrire… un roman policier !

Et voilà qu’il se permet de mourir quelques heures à peine avant d’apprendre par ce même éditeur que son roman sera un best-seller et lui rapportera des millions d’euros par contrats signés sur épreuves avant même qu’en soit écrit le dernier chapitre…