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Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


Transsibérien, Dominique Fernandez

Ecrit par Lionel Bedin , le Mardi, 03 Avril 2012. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits

Transsibérien. Photos de Ferrante Ferranti. 01/21012. 304 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Dominique Fernandez Edition: Grasset


C’est en mai 2010 qu’une vingtaine d’écrivains, journalistes et photographes, embarquent à bord du Transsibérien, pour un voyage culturel franco-russe. Transsibérien est le récit que rapporte Dominique Fernandez, l’un des écrivains invités, illustrés par les photographies de Ferrante Ferranti. (Les deux hommes ont déjà travaillé et écrit des livres ensemble.)


Les joies du voyage en Sibérie


Départ : Moscou. En quelques années la place Rouge a changé. Ce qui se remarque le plus n’est pas le Kremlin mais le fameux Goum, ce magasin du peuple, devenu aujourd’hui une galerie de « boutiques de luxe à la façade étincelante, cavernes d’Ali Baba inaccessibles à qui n’est pas un nouveau Russe. » L’auteur constate que les Russes sont passés « d’un despotisme sanglant à un capitalisme agressif. » Est-ce un progrès ? Pour qui ? Cette question se posera plusieurs fois tout au long du voyage.

Les champs de Bataille, Dan Franck

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 29 Février 2012. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les Champs de bataille. 29 février 2012. 280 p. 18 € . Ecrivain(s): Dan Franck Edition: Grasset

Dan Franck signe ici un livre comme on n’en fait plus guère ! Par les temps qui courent, de nivellement de la pensée, d’écrasement des enthousiasmes et d’abandon des idéaux humanistes, ce livre fait figure de pavé dans la mare inerte. Dan Franck tisse une œuvre à la gloire de Jean Moulin (bien sûr !) mais aussi et surtout à la gloire des grands élans qui l’ont porté, de victoire en victoire, au sein de la Résistance Française, jusqu’à la mort. Jusqu’à ce sombre jour, premier de l’été 1943, où des salauds (lequel ? Lesquels ?) l’ont donné au sinistre Barbie. A Caluire, dans la tristement célèbre salle d’attente du Docteur Dugoujon.

René Hardy, grand résistant, responsable du réseau Résistance-Fer, est le suspect N°1, le coupable le plus probable de la trahison. Jugé deux fois, deux fois il est acquitté, en 1947 (Albert Camus lui-même, dans Combat, lui apporta son soutien !) et en 1950. Pourtant le dossier était chargé et les preuves presqu’évidentes ! Opacité de l’histoire … L’affaire Jean Moulin restera sans dénouement. De Gaulle et les anciens de la France libre préfèreront lui offrir le Panthéon plutôt que la vérité !

Dan Franck ne se résout pas à ce choix lâche. Son roman (car ç’en est bien un !) est le roman du troisième procès de René Hardy, le roman du procès qui n’a jamais eu lieu. Un juge, à la retraite, noir sénégalais, rouvre le dossier et « convoque » René Hardy devant son tribunal, très exactement dans sa cuisine !

D'un pays sans amour, Gilles Rozier

Ecrit par Anne Morin , le Vendredi, 21 Octobre 2011. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Récits, La rentrée littéraire

D’un pays sans amour, 439 pages, 2011, 21,50 € . Ecrivain(s): Gilles Rozier Edition: Grasset


A Rome, dans son palais, Sulamita, une très vieille dame, vit volontairement recluse dans quelques pièces, hors du temps. Elle règne sur une bibliothèque dont elle a patiemment collecté les pièces, des archives, des livres. Peut-être ce que Claudel aurait appelé des « documents démantibulés ». Elle est la mémoire de ce pays perdu, le Yiddishland d’où a rayonné entre deux guerres à Varsovie la plus haute poésie. Cette langue immémoriale, le yiddish, rejaillissant à travers les œuvres telle une source inspirée, et inspiratrice.

A Paris, un jeune orphelin Pierre, trouve chez un bouquiniste une revue illustrée par Chagall où figure un écrit d’un certain Uri-Zvi Grinberg. A la recherche de ses origines, désormais seul au monde avec un nom, celui de sa grand-mère polonaise, il entre en correspondance avec Sulamita, et ils se rencontrent dans ce qu’elle appelle son « palais de mémoire ».

Entre la vieille dame et le jeune homme s’ouvre une histoire d’amour et de correspondances : elle retrouve en lui Ezra, l’amour perdu de sa jeunesse, et lui Anna, sa grand-mère.

Du temps qu'on existait, Marien Defalvard

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 13 Septembre 2011. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Du temps qu’on existait, septembre 2011, 371 pages . Ecrivain(s): Marien Defalvard Edition: Grasset

Un premier roman déroutant, dans tous les sens du terme. La route est, en effet, omniprésente, comme métaphore, chemin de vie, imaginaire, mais aussi bien réelle, impasse, route parcourue en zigzags, sillons de la vie. Carambolage du temps : Les Normes sont malmenées.

On y trouve de tout : des superpositions, des réminiscences, de l’impromptu, un peu de Huysmans, un peu de Lewis Carroll, un peu de Proust, un peu d’Alain Fournier, de l’art abstrait et de la bande dessinée et le langage correspondant.

Ce n’est pas un roman, c’est un fil conducteur qui s’emmêle dans les dates, de la mort à la mort, la vie qui s’écoule et qu’il faut bien mener. Les pistes, jamais brouillées, la balle des centaines de fois lancée non pour rebondir mais, comme dans les contes russes atteindre l’endroit où l’usure mènera.

Cette histoire d’une vie qui coule, sans préméditation, sans rien faire, cette vie d’homme qui suit son cours, comme on le dit d’une maladie, sans jamais prendre parti, sans s’encombrer. On suit toute cette vie qui n’est rien, pas une somme mais bien plutôt des retraits, des soustractions, des restrictions. On est surpris, irrité parfois, plus souvent qu’à son tour par certains mots maniérés plombant parfois de très belles phrases qui tombent alors à plat, affadies.

L'Homme mouillé, Antoine Sénanque (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 16 Avril 2011. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

L’homme mouillé – 207 pages, 17 € . Ecrivain(s): Antoine Sénanque Edition: Grasset

 

« Kafkaïen ». Le mot est utilisé à toutes les sauces au moindre semblant de mystère qu’on redoute de l’employer. Veut-il encore dire quelque chose ? Mais force est de constater qu’il sied parfaitement au livre d’Antoine Sénanque, L’homme mouillé. Le point de départ évoque celui de La Métamorphose de Kafka : un homme est frappé tout à coup d’un mal inexplicable qui va bientôt devenir son identité même. A l’instar du kafkaïen Gregor Samsa qui se réveille un matin dans la peau d’un insecte, le héros de L’homme mouillé, le hongrois Pal Vadas, lui, dégouline soudain de sueur. Mais pas de n’importe quelle sueur. C’est une sueur abondante, qui coule de toute sa peau et même de ses ongles, et qui coule, coule, coule, quitte parfois à provoquer des inondations et dévaster son appartement. D’ailleurs, techniquement parlant, ce n’est pas tout à fait de la sueur, mais de l’eau de mer, algues comprises.

Son médecin n’y comprend rien, évoque un mystère qui défie la raison. Un mystère qui s’enrichit d’une dimension psychanalytique car cette sudation inexplicable a fait son apparition le 12 mars 1938, le jour de l’anniversaire de la mort du père de Pal Vadas, tombé au champ de bataille lors de la première guerre mondiale. Et ce même jour, il reçoit un courrier lui annonçant la mort de son père…