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Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


Les fausses dents de Berlusconi, Jacques Drillon

, le Vendredi, 24 Octobre 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Les fausses dents de Berlusconi, octobre 2014, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Jacques Drillon Edition: Grasset

 

 

Certains auteurs vous frappent par la galerie de portraits qui se dessine à la lecture de leurs livres (Balzac, Proust, Dostoïevski), certains parviennent en un paragraphe liminaire à recréer l’ambiance d’un lieu ou à vous plonger dans une atmosphère particulière (Simenon, Modiano). D’autres vous étonnent par le tranchant de leur manière de raconter (Berhard, Guibert) ou vous font valser avec la narration pour vous mener à l’autre bout de la piste sans même que vous l’ayez remarqué (Echenoz). D’autres, enfin, et Jacques Drillon est de ceux-là, constituent une œuvre foisonnante dans des genres variés (essai, musique, grammaire, traduction, biographie, récit) – on pense également à Charles Dantzig – et vous séduisent par leur français limpide, leur phrase parfaitement construite.

Le roi disait que j’étais diable, Clara Dupont-Monod

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 07 Octobre 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le roi disait que j’étais diable, août 2014, 240 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Clara Dupont-Monod Edition: Grasset

 

Aliénor mon cœur t’adore

Clara Dupond-Monod a choisi un bel octosyllabe, Le roi disait que j’étais diable, comme titre de son dernier roman. Elle montre une nouvelle fois sa prédilection pour le Moyen-âge.

En effet, cette diablesse, c’est Aliénor d’Aquitaine, une femme de caractère qui fut reine de France au XIIe siècle (puis devint reine d’Angleterre par son second mariage).

Aliénor possède quelques points communs avec dame Dupont-Monod, par exemple une fascination partagée pour l’histoire de Tristan et Yseult. N’est-ce pas Clara Dupont-Monod qui, voici quelques années, avait utilisé sa belle plume pour raconter l’histoire de Tristan et Yseut vue par le roi Marc (1) ? C’était déjà une fameuse idée !

Aliénor ne s’en laisse guère conter : « Mon prénom est un monde et personne n’y laisse son empreinte. Ni Dieu, ni roi ».

Mourir de penser, Pascal Quignard

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 11 Septembre 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, La rentrée littéraire

Mourir de penser (Dernier Royaume IX) 10 Septembre 2014. 222 p. 18 € . Ecrivain(s): Pascal Quignard Edition: Grasset

 

Pascal Quignard nous convoque à son neuvième rendez-vous du Dernier Royaume. Moment de recul, de réflexion, d’étrangeté dans le paysage littéraire – ô combien par les temps qui courent ! – moment de penser, de mourir un peu. Quignard tisse son œuvre, à l’écart des modes, à l’écart des courants, à l’écart du temps. Sa préoccupation n’est pas inscrite dans l’événement, elle est à jamais insérée dans la condition des humains, dans sa singularité irréductible.

Nous l’avons déjà écrit ici, l’entreprise de Pascal Quignard se situe dans une tradition antique, gréco-romaine : celle du monologue philosophique. Héraclite, Marc-Aurèle en sont deux belles figures tutélaires. Le grand autre de Quignard – si tant est qu’il en faille un – est Montaigne bien sûr dans cette manière unique de philosopher : en murmurant, à mi-voix, sans asséner de grandes vérités à son de trompe. Se regarder vivre au sein des frères humains et commenter au fil de la pensée. Il y a chez Quignard le phrasé, la structure de pensée de Montaigne. Et il y a aussi ses vertus personnelles : modestie, obsession de la vérité, amour de la culture antique et universelle.

Seul à travers l’Atlantique et autres récits, Alain Gerbault

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Vendredi, 22 Août 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Aventures

Seul à travers l’Atlantique et autres récits, préface Isabelle Autissier, postface Ella Maillart, nouvelle édition, mai 2014, 416 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Alain Gerbault Edition: Grasset

 

« … les traits sur mon esprit sont comme des ombres sur le vent qui fuit »

Edgar Allan Poe, Préface O.Z.Y.U., dernier journal

 

Alain Gerbault est né en novembre 1893 à Laval et mort en décembre 1941 à Dili, au Timor. Il est enrôlé comme pilote pendant la Première Guerre mondiale. Un jeune américain d’escadrille lui prêta un jour un livre de Jack London, La croisière du Snark. Ce dernier fut déterminant dans son désir de « prendre la mer ». A la fin du conflit, il se lance sans succès dans les affaires et participe à de nombreux tournois de tennis. En 1921, il décide de changer de vie et de partir seul en mer. Il achète un vieux voilier, le Firecrest, dans un port anglais. Après un entraînement de plusieurs mois en Méditerranée, il réalise en 1923 la première traversée de l’Atlantique en solitaire d’est en ouest, ralliant en 101 jours Gibraltar à New York – exploit alors inégalé.

Un homme au singulier, Christopher Isherwood

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 03 Juillet 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Un homme au singulier (A single man). Traduction de l'anglais Léo Dilé. Avril 2014. 175 p. 8,20 € . Ecrivain(s): Christopher Isherwood Edition: Grasset

 

Dire à chaque opus d’Isherwood qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre va finir par paraître conventionnel. Et pourtant que dire d’autre en tout premier sur ce bijou de roman qu’est « un homme au singulier » ? Un condensé de vie, de douleur, de solitude et d’apaisement nous attend dans ce petit livre.

Une journée, une, dans la vie au crépuscule de George. Il est seul, envahi par le souvenir omniprésent de Jim, mort il y a peu et qui l’a laissé derrière, désemparé. La vie continue certes mais quelle vie ? Ecornée, étrangère à soi, orpheline. On ne se fait pas à la mort de l ‘autre, on vit autour d’une béance, d’un trou infini.

« Et c’est ici, presque tous les matins, que George, arrivé au pied de l’escalier, a cette sensation de se trouver soudain au bord d’une corniche à pic, brutalement creusée, aux arêtes vives – comme si la route avait été emportée par un glissement de terrain. C’est ici qu’il s’arrête pile et sait, avec une acuité à donner la nausée, presque comme pour la première fois : Jim est mort. Est mort. »