Identification

Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


Du temps qu'on existait, Marien Defalvard

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 13 Septembre 2011. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Du temps qu’on existait, septembre 2011, 371 pages . Ecrivain(s): Marien Defalvard Edition: Grasset

Un premier roman déroutant, dans tous les sens du terme. La route est, en effet, omniprésente, comme métaphore, chemin de vie, imaginaire, mais aussi bien réelle, impasse, route parcourue en zigzags, sillons de la vie. Carambolage du temps : Les Normes sont malmenées.

On y trouve de tout : des superpositions, des réminiscences, de l’impromptu, un peu de Huysmans, un peu de Lewis Carroll, un peu de Proust, un peu d’Alain Fournier, de l’art abstrait et de la bande dessinée et le langage correspondant.

Ce n’est pas un roman, c’est un fil conducteur qui s’emmêle dans les dates, de la mort à la mort, la vie qui s’écoule et qu’il faut bien mener. Les pistes, jamais brouillées, la balle des centaines de fois lancée non pour rebondir mais, comme dans les contes russes atteindre l’endroit où l’usure mènera.

Cette histoire d’une vie qui coule, sans préméditation, sans rien faire, cette vie d’homme qui suit son cours, comme on le dit d’une maladie, sans jamais prendre parti, sans s’encombrer. On suit toute cette vie qui n’est rien, pas une somme mais bien plutôt des retraits, des soustractions, des restrictions. On est surpris, irrité parfois, plus souvent qu’à son tour par certains mots maniérés plombant parfois de très belles phrases qui tombent alors à plat, affadies.

Comme une ombre, Michel Schneider

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 06 Septembre 2011. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, Roman, La rentrée littéraire

Comme une ombre, 2011, 329 p., 20€ . Ecrivain(s): Michel Schneider Edition: Grasset


Michel Schneider nous offre une histoire crépusculaire sur fond de guerre d’Algérie. Deux frères liés pour le meilleur et surtout pour le pire, leurs destins entremêlés jusque dans la trame du récit. Michel, le cadet, a vécu dans l’ombre de Bernard de huit ans son aîné. Le roman fait alterner deux temps : l’enfance et la vie des deux frères dans les années 50 et 60 et l’enquête menée par Michel pour son projet d’écrire un livre sur Bernard, projet initié par la lettre envoyée par L., qui fut successivement la maîtresse des deux frères et qui donnera sa propre version de l’histoire. Trois voies-voix s’offrent ainsi pour tenter de cerner qui était Bernard.

Nos deux faux frères grandissent dans une famille de la grande bourgeoisie déchue, entre une mère indifférente et un père homosexuel vite disparu et une cohorte de frères et sœurs. Bernard aime et fait souffrir Michel, lui ouvre les yeux sur les amours de cinéma et le mystère des femmes, lui prête ses disques et distribue allégrement taloches et remarques acides. « Quoi de plus proche qu’un frère ? On a subi les mêmes parents. Quoi de plus lointain ? On a vécu la même histoire sans pouvoir s’en parler ».

Pas son genre, Philippe Vilain

, le Dimanche, 24 Juillet 2011. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Editions

Pas son genre, 187 pages, 15€. . Ecrivain(s): Philippe Vilain Edition: Grasset


Un jeune professeur de philosophie parisien est muté dans le nord de la France, à Arras. Il se sent seul. Il est nostalgique de Paris, et est en manque d’une certaine ambiance, totalement absente dans cette sombre ville du nord. On se rend vite compte que ce jeune homme a une fâcheuse tendance à l’indécision lorsqu’il s’agit de son engagement auprès des femmes.

Un jour, chez le coiffeur, une jeune femme, sa coiffeuse, qui au départ ne provoque en lui qu’une totale indifférence, va peu à peu l’intéresser.

Cette femme est coiffeuse, habite à Arras. Lui est professeur de philosophie, et parisien. Un inévitable et grand fossé se situe entre leurs deux niveaux sociaux. Un fossé qu’ils vont, et surtout lui, croire surmontable. Jusqu’au jour où.

Philippe Vilain nous trace ici une histoire d’amour. Plutôt banale, mais toute en finesse. Il nous décrit une histoire peu à peu affectée par les différences d’origines sociales, les différences de milieux sociaux, et les différences d’ambitions. Elle est fascinée par lui, par son statut de professeur. Une barrière est déjà créée.

Ticket d'entrée, Joseph Macé-Scaron

, le Lundi, 11 Juillet 2011. , dans Grasset, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Ticket d’entrée, 332 pages, 19€. . Ecrivain(s): Joseph Macé-Scaron Edition: Grasset

Benjamin Strada habite à Paris, à la fin des années Chirac, et donc avant l’élection de Sarkozy. Il est journaliste au quotidien Le Gaulois. Par ailleurs il est aussi ce que l’on appelle un « bobo-gay », ce qui sous-entend qu’il fréquente quotidiennement le Marais, et essentiellement ses bars gays. Un soir, Benjamin rentre chez lui, et il n’y trouve plus aucune trace d’Ugo son compagnon, qui est alors à présent son ex. Benjamin rencontre plusieurs autres hommes avec des caractères plus ou moins particuliers. Il a une vie convenable, il n’est ni heureux, ni malheureux. Jusqu’au jour où il va devenir directeur de rédaction au Gaulois magazine.

Ticket d’entrée est une satire de la France actuelle. Joseph Macé-Scaron nous expose une France qui divague, et qui ne s’améliore pas. Et également un monde parallèle qui se déroule dans le Marais, où tous les bobos-gays de Paris, ou presque, sont réunis. C’est un roman satirique où l’humour est présent et où l’on apprécie ce parallèle entre deux mondes totalement opposés que sont Le Gaulois, journal de droite, et le Marais, réunion de tous les parisiens gays. Le style est moderne, évidemment, mais j’ai trouvé, contrairement à d’autres auteurs de cette « nouvelle génération », que le vocabulaire était d’autant plus riche.

Le Cimetière de Prague, Umberto Eco (Juillet 2011)

Ecrit par Elena-Brandusa Steiciuc , le Samedi, 02 Juillet 2011. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Le Cimetière de Prague, Editions Grasset. 580 p. 23 €


Un faux roman historique ? Une fantaisie érudite, ancrée dans la réalité la plus concrète de la Belle Epoque, en France et dans toute l’Europe ? Un clin d’œil à notre mouvementé début de millénaire, vu à travers les contradictions de la fin du XIX-ème siècle, qui engendrèrent les nôtres ? Umberto Eco, il dottore, a le talent de convoquer dans la composition de son dernier roman, Le Cimetière de Prague  un peu de tout cela, dans un   infatigable élan intertextuel, visible non seulement au niveau du texte, mais aussi de la composition du livre, agrémenté d’un riche appareil iconographique.

À travers ce roman touffu, qui emprunte pas mal d’ingrédients aux romans populaires, le lecteur est invité à parcourir un XIXème siècle secret, où l’évolution historique semble être le fait de complots et conspirations ourdis par les services secrets de divers pays, par les franc-maçons, les jésuites ou les carbonari. Les trois voix narratives (délimitées, pour éviter toute confusion, par des caractères différents pour chacune) convergent pour donner l’illusion d’un parcours « en temps réel » de certains événements qui ont marqué ces années-là.