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Actes Sud

Sous la glace, Louise Penny

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 25 Décembre 2011. , dans Actes Sud, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Pays nordiques

Sous la glace. Novembre 2011. Actes Sud (actes noirs). 348 p. 23 € . Ecrivain(s): Louise Penny Edition: Actes Sud

 

« Sous la glace » est un livre « confortable », chaleureux, plein de bonheur de vivre. Et pourtant c’est de mort qu’il s’agit. De mort violente qui plus est, puisque l’affaire tourne autour de l’assassinat d’une femme, lors d’un match de curling, à Three Pines au Québec. Mais le policier chargé de l’enquête, lui-même familier de Three Pines, va évoluer et nous emmener avec lui, dans un monde merveilleux : un village québécois, à quelques dizaines de kilomètres au nord de Montréal, à la veille de Noël.

L’inspecteur-chef Armand Gamache doit élucider une bien étrange affaire de meurtre. La très antipathique CC de Poitiers (ça ne s’invente pas !) a été assassinée en plein milieu d’un public qui regardait, lors des festivités de Noël, un match de curling. Pour ceux qui ne connaissent pas (pardon à nos ami(e)s québécois(e)s, ça existe !), il s’agit de ce jeu où on lance sur la glace une espèce de gros fromage de pierre pour atteindre une cible dessinée au bout de la piste. Tout à coup, grande agitation, on retrouve CC de Poitiers raide morte, électrocutée ! Vous avez bien lu, électrocutée, au milieu d’un public de spectateurs, sur un sol gelé.

Ablutions, Patrick deWitt

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 12 Décembre 2011. , dans Actes Sud, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits

Ablutions, notes pour un roman, 2010, 197 p. Trad. (anglais canada) Philippe Aronson . Ecrivain(s): Patrick DeWitt Edition: Actes Sud

Commencer sa vie par des petits boulots est souvent un des grands chemins pour entrer en littérature. Les vérités concrètement vécues aiguisent la plume de ceux qui ont la chance de sentir couler un sang d’encre dans les veines. Le bon éditeur extrait du fond de la terre le mineur. Quel meilleur observatoire de l’humanité que le métier de barman à Los Angeles ? Le narrateur se tutoie et s’impose des injonctions. Tu feras ci, tu feras ça. Parler de. Parler, dire son fait, leur fait. Parler des habitués. De la femme fantôme. De bidule. De machin. De ta femme. De la femme saoule. Toute la construction est là alors qu’on la croyait à venir. Car les notes, ces dérives reptiliennes, fuient les aphorismes et les formules. Gary DeWitt raconte ses souvenirs de pêche par le menu. Il a laissé filé le bouchon et les poissons ont mordu. Grand seigneur, DeWitt a le génie de les rendre à leur milieu. Mieux : le prédateur, en un mimétisme distancié, fait partie de ses propres proies. Le Whisky est le ruisseau, la rivière, le fleuve, la mer. Il faut nager. « Si jamais tu te faisais attaquer par un requin, tu pourrais ensuite nager dans l’océan sans la moindre crainte… » (p. 26). Et DeWitt nage avec majesté et discrétion. Il s’est coulé dans le moule.

L’écume des nuits est de la cocaïne pure. « Et tu palpites comme un poisson hors de l’eau ». Il remonte toujours à la surface. Instinct de survie ?

Dans le mystère des animaux sauvages, Sébastien G. Orsini

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 08 Décembre 2011. , dans Actes Sud, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Dans le mystère des animaux sauvages, Abécédaire en linogravure ; Actes Sud Junior ; 2011 ; 18,50 € . Ecrivain(s): Sébastien G. Orsini Edition: Actes Sud

« Encore un abécédaire, encore des animaux sauvages ». Voilà ce que nous pourrions nous dire à priori en prenant en main l’album Dans le mystère des animaux sauvages de Sébastien G. Orsini.

Oui, mais voilà… Dès la première de couverture nous sommes figés par le regard aigu, quasi magnétique, de trois étranges créatures qui nous pressent d’ouvrir le livre. Ou plutôt, qui nous ordonnent de nous plonger dans cet étrange univers végétal, minéral et animal créé par le graveur Sébastien G. Orsini.

Sur la page de gauche, une lettre qui surgit du paysage, puis un mot. La seule lecture de ces noms est déjà une promesse d’Ailleurs : certes l’on croise l’éléphant, le jaguar et le gorille, mais surtout on découvre le curieux yapock, le virevoltant xylocope ou encore le royal urubu.

Sur la page de droite, le lecteur – explorateur contemple des silhouettes tout en contrastes, tout en violence : ici pas de douceur, mais de la majesté. Nous sommes aspirés par ce monde immobile, composé de noirs, de gris, de verts et d’orangés, des couleurs de la pierre, du ciel et de la terre.

Millénium 1, les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 04 Décembre 2011. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Pays nordiques, Babel (Actes Sud)

Millénium 1. Les hommes qui n’aimaient pas les femmes (Män som hatar kvinnor, 2005), traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain, Babel Noir, 710 p. 11,50 € . Ecrivain(s): Stieg Larsson Edition: Babel (Actes Sud)

Après la bataille.

La saga Millénium a remporté un succès colossal. A un moment, tout le monde semblait la lire ou l’avoir lue, il devenait presque difficile de résister à la déferlante. Le livre était de toutes les conversations. Il y avait ceux qui l’avaient lu et les autres.

Les autres…

Certains, qui lisaient là leur seul livre de l’année, ne comprenaient pas qu’on ne puisse pas avoir déjà dévoré cette formidable aventure littéraire. Il nous manquait quelque chose à nous qui n’avions pas encore succombé.

Mais parfois on se méfie. Pas du succès. Ce n’est pas parce qu’un livre rencontre un tel engouement qu’il est nécessairement mauvais (comme peuvent le prétendre certains pour qui la confidentialité est gage de qualité). Mais on se souvient du précédent Da Vinci Code.

Journal de guerre, Ingeborg Bachmann

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 27 Novembre 2011. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Biographie, Récits

Journal de guerre, 2011, Trad. De l'allemand Françoise Rétif, 119 p. 16 € . Ecrivain(s): Ingeborg Bachmann Edition: Actes Sud

Le « Journal » de guerre d’Ingeborg Bachmann, à proprement parler, occupe dans ce petit livre 15 pages. 15 pages écrites par une jeune fille de 18 ans, autrichienne, fille d’un père nazi convaincu et d’une famille et d’un voisinage qui ne le sont pas moins. On est en 1945 et les alliés (essentiellement les Britanniques) occupent le pays après la libération.

La première surprise du lecteur est là. Ces pages de journal d’adolescente n’ont rien d’éblouissant, ni dans la forme, ni dans le contenu et à la page 34 (fin du « journal » déjà !) on se demande un peu s’il était besoin de publier ces lignes somme toute banales, ne présentant apparemment d’autre intérêt que d’être les premières traces d’écriture de celle qui va devenir la plus grande poétesse et auteure de langue allemande de l’après-guerre.

Oui mais. Un événement nous a retenus un peu dans le « journal » : la rencontre d’Ingeborg avec un jeune soldat « libérateur » britannique. Jack Hamesh. Il a une double particularité identitaire : il est autrichien et juif. Pendant la montée des persécutions antisémites, en 1938, il a réussi à s’enfuir vers l’Angleterre. Et son engagement dans l’armée britannique, sa connaissance parfaite de l’allemand, l’ont ramené en 45 vers sa terre natale.