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Les Autodafeurs 2, ma sœur est une artiste de guerre, Marine Carteron

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas 23.02.15 dans La Une Livres, Critiques, Les Livres, Jeunesse, Le Rouergue

Les Autodafeurs 2, ma sœur est une artiste de guerre, octobre 2014, 336 pages, 14 €

Ecrivain(s): Marine Carteron Edition: Le Rouergue

Les Autodafeurs 2, ma sœur est une artiste de guerre, Marine Carteron

 

Le premier volet des Autodafeurs était un coup de maître. On attendait une suite aussi pleine de punch, d’action et d’humour, et bien, nous voilà servis. S’ajoute dans ce deuxième opus une certaine noirceur liée la confrontation de nos héros avec leurs propres démons, avec leurs propres capacités à agir jusqu’aux extrêmes. Cette nouvelle dimension apporte une plus grande profondeur encore à leurs caractères déjà bien trempés ; et en définitive, les rend encore plus attachants et intéressants.

Auguste et Césarine ont perdu leurs grands-parents ; leur mère est encore à l’hôpital dans le coma, suite à l’attaque de la chapelle par les Autodafeurs. Confiés aux bons soins de Marc DeVergy, chacun encaisse cette nouvelle épreuve à sa façon et souffre. Mais l’urgence est de se livrer à l’entraînement qui fera d’eux des Guerriers et des Gardiens du Livre, membres à part entière de la Confrérie. Un entraînement digne de Kill Bill et de Kung Fu Panda réunis, associant arts martiaux et maîtrise de soi à la pratique des armes les plus redoutables pour Auguste.

Quant à Césarine, elle développe son propre programme grâce à une lecture qui devient son livre de chevet, son maître à penser, en toute situation : L’Art de la Guerre par Sun Tzu, « un Chinois qui vivait aux alentours du VIe siècle avant Jésus-Christ, donc il y a vingt-sept siècles, soit 2700 années, ou 32.400 mois, ou 11.826.000 jours, ce qui est beaucoup ».

« Grâce à Sun Tzu je sais enfin quel type d’artiste je suis : je suis une Artiste de guerre.

Alors je vais laisser le prof de mon père me montrer comment devenir une arme.

Donc :

1 : Aider Gus à être moins en colère.

2 : Apprendre à me battre ».

Tous deux découvrent également le contenu du Livre caché par Césarine et destiné à éclairer les enfants sur le parcours de leur père. Il s’agit, en somme, de son livre de bord, le témoignage qu’il laisse à ses successeurs pour mener à bien leur mission. Césarine ne lisant pas les 22 premières pages selon ses principes bien arrêtés, Auguste est destinataire d’un message de son père qui lui permettra de faire sortir sa colère et toute la peine accumulées depuis le décès de ce dernier. Il comprend aussi que son père a été un ado comme lui, un jeune comme les autres confronté à des circonstances extraordinaires.

« Voilà, pour moi mon père c’était ça : un adulte… mais en aucun cas cet ado de quinze ans que je découvrais au fil des lignes, et qui écrivait des trucs du genre : C’est zarbi ce qui m’arrive, je suis un membre de la Confrérie, sans déc !!! Quand je pense que je suis presque un agent secret, comme Roger Moore dans James Bond, et que je vais même apprendre à tirer avec un vrai pistolet… c’est dément !, un type qui parlait de ses copains comme des êtres les plus importants du monde – Maintenant Athos, d’Artagnan et moi c’est à la vie à la mort, c’est bath plus jamais on se sépare, on est comme les mecs de l’Agence tous risques – et râlait contre ses profs de collège et ses parents – Les vieux c’est tous des cons, ils ne comprennent pas que j’ai besoin d’être libre de me réaliser, d’exister, ils m’étouffent et de toute manière qu’est-ce qu’ils y connaissent à la vie ? Bref, ce type, c’était limite un crétin… comme moi ».

Entraînés, préparés, Auguste et Césarine ne sont pas au bout de leurs peines. S’ils doivent au plus vite rejoindre les autres membres de la Confrérie, ils ont à régler des choses cruciales. Pour le premier, déjouer les manœuvres des laboratoires Godeyes Scan qui pourraient bien être au cœur de la stratégie des Autodafeurs pour détruire les livres et la connaissance dans le monde entier. Pour la seconde, libérer sa mère des tentatives d’assassinat qu’un pseudo-infirmier mène à l’hôpital.

En dire plus serait préjudiciable. Mais tenez-le pour assuré, bien des rebondissements et des révélations sont à l’œuvre. Et quelles scènes finales pour nos deux héros ! En effet on ne peut pas passer à côté de cette lecture qui réjouira les ados et les jeunes et moins jeunes adultes amateurs d’intrigue menée tambour battant, soutenue par cette belle plume utilisant tous les possibles de la langue. Chapeau Marine Carteron ! Emportez-nous tel un tourbillon, dans le volet final !

Roman à partir de 12 ans

 

Myriam Bendhif-Syllas

Chronique du premier volume :

http://www.lacauselitteraire.fr/les-autodafeurs-1-mon-frere-est-un-gardien-marine-carteron

 


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A propos de l'écrivain

Marine Carteron

 

Marine Carteron a fait des études d’histoire de l’Art et d’archéologie. Aujourd’hui elle enseigne. Les Autodafeurs est son premier roman.

 

A propos du rédacteur

Myriam Bendhif-Syllas

 

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Rédactrice

Responsable de la section "littérature jeunesse"

Domaines de prédilection : littérature jeunesse, littérature francophone, documentaires.

Genres : récits, documentaires et albums jeunesse, BD, romans sur l'enfance et l'adolescence, la marginalité.

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