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Ecriture

Chien, chaîne

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 13 Mars 2013. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Quand je jappe au jasmin de ta jupe qui court,

Courte et vive, et que gonfle ta hanche ondulante,

Hallucinante enfant, sais-tu que je m’invente

La douce vie d’un chien qui garderait ta cour ?

 

Quand je lape au jardin le nectar délicieux

Des larmes que ton cil a semées sur la sente

Au pistil de la rose, advient-il que tu sentes

Que de tous tes chagrins tout mon être est anxieux ?

Art de consommer - 28

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 11 Mars 2013. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Il y avait toutes celles avec qui ça aurait pu se faire, et avec qui ça ne s’était pas fait.

 

Une de celles-ci.

Elle lui avait conseillé, pendant qu’il feuilletait les nouveautés disposées en demi-cercle, de regarder « celui-ci », un roman d’un auteur dont il n’avait jamais entendu parler, le lui avait mis entre les mains, avant de lui tourner le dos et de s’en aller. Il avait observé le roulis des fesses sous la jupe : elle portait un string. Il n’avait pas été très surpris d’être abordé de cette façon par une femme qu’il ne se souvenait pas d’avoir vue avant. Il avait remarqué qu’elle l’avait remarqué. Il avait vu son sourire.

Il se doutait en ouvrant le livre qu’il tomberait sur un petit papier où il pourrait lire son numéro de téléphone et peut-être son prénom.

Le numéro était mal écrit, il avait hésité pour trois des chiffres. Il n’avait pas hésité longtemps. Le papier avait fini sa course dans la poubelle.

52.dimanche (VIII)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 09 Mars 2013. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

ce dimanche 19 février 2012

suspendre

une lettre de Didier Ayres

laissez-moi disserter encore un peu de l’activité d’écrire qui est, à mon sens, un moment spéculaire, une manière de réfléchir sur l’activité alors qu’elle est effective

et même si je suis pris par la belle lumière bleue qui éclate dans la ruelle ce matin, il ne m’est pas impossible de regarder par-devers moi, pour rédiger cette épître

oui, comme si c’était purement absolu

une activité dévolue à se reconnaître elle-même, pour elle-même, accompagnée, ici, d’une part de réel, comme est cette petite lueur matinale de la rue, comme la trace d’un objet physique autour duquel tournent l’esprit, la pensée et l’écriture de la pensée

A l'amitié

Ecrit par Zoe Tisset , le Mardi, 05 Mars 2013. , dans Ecriture, La Une CED

 

Liens invisibles à la force d’un âge où rien n’est encore révolu.

Tout est soupçon, rien n’est fait, rien n’est dit, seules quelques lignes de vie sont écrites. Silhouettes sveltes rebelles et engourdies, faussement confiantes, marchant vers le ciel et la terre sans se détourner sur le bitume grinçant de la ville.

Ici on est presque amoureux tous les jours ou jamais.

Peu importe, l’éclat suffit même s’il est dans l’ombre.

On se parle à voix basse du « qui », celui qu’on est mais qui n’existe pas vraiment. On oublie d’être, tellement ici et maintenant.

Que d’inquiétudes entrebâillées qui s’épuisent à se raconter captées par le faisceau de l’ami.

On avance sans se soucier du passé mais soutenu par l’aplomb de la vie et de la jeunesse.

Art de consommer - 27

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 04 Mars 2013. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Il y avait celle dont il ne parlait jamais. Sa mère.

À l’hôpital, il avait vu une petite fille qui prenait soin de sa poupée. C’était une petite fille avec des couettes et une barrette rose sur le côté. Elle paraissait très bien élevée. C’était une petite fille qui aurait pu appartenir à la société victorienne. Il aurait aimé lui offrir Alice au pays des merveilles.

 

Il s’était approché d’elle. La petite fille lui avait dit de ne pas faire de bruit. Sa poupée dormait. Elle était malade. Elle s’occupait d’elle. Bientôt elle serait guérie. Il fallait qu’elle soit sans cesse près d’elle au cas où elle se réveillerait.

Elle ne tenait pas en place.

- Pourquoi tu marches dans le couloir ?

- C’est pour la bercer.