Identification

Ecrits suivis

Art de consommer - 37

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 13 Mai 2013. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Il fait défiler les noms de son répertoire. Il utilise le numéro qu’il a enregistré la veille.

Il appelle Claude. Il réussira peut-être à l’avoir aujourd’hui. Il ne lui a pas parlé depuis des années. Il a eu son numéro de portable en téléphonant à ses parents. Ils ont eu l’air content de le lui donner.

Il avait bien eu son message. Il était professeur de philosophie dans un lycée parisien. Les élèves n’ont rien à faire de la philosophie, et encore, il est dans un lycée réputé, rien à voir avec la banlieue parisienne, il a eu beaucoup de chances de tomber sur « la mort » à l’oral de l’agrégation.

Il doit parler du désir pour avoir quelques têtes qui se lèvent, quelques crayons qui s’arrêtent de dessiner dans les marges.

Un collègue était tombé amoureux d’une élève.

Elle était discrète, s’asseyait toujours au fond de la classe, ne levait jamais la main pour prendre la parole. Il faisait distribuer les copies qu’il avait corrigées par un ou une volontaire, ce qui lui enlevait la nécessité d’avoir à dire un mot sur chaque.

Art de consommer - 36

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 06 Mai 2013. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

Il est assis sur son canapé d’angle, très droit. Il n’a pas enlevé son manteau. Il n’a pas allumé la lumière du salon.

Il y a bien moment où je rentrerai chez moi et où je serai obligée de tout recommencer.

La lettre a été remise dans l’enveloppe qui porte son nom. Il l’a posée sur son canapé d’angle cinq places convertible lit en cuir de vachette tanné aux sels de chrome, teinté dans la masse : couleur chocolat. Il approche sa main de l’enveloppe. Se ravise après un flottement. Il ramène sa main dans le prolongement de son corps.

Je ne veux plus

Il n’a pas besoin de la relire. Il se rappelle la suite avec précision.

Elle ne veut plus continuer d’acheter des vêtements trop petits qu’elle cache. Elle les sort quand elle est seule, après qu’elle a fermé la porte de sa chambre à clé. Elle les sort plusieurs fois par jour.

52.dimanche (XVI)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 04 Mai 2013. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

lettre en ce dimanche de pâques closes

le 15 avril 2012

 

vacance et chemin terrestre

la matinée est très avancée, et balance déjà lentement vers midi

or, cette heure un peu curieuse de la journée, qui n’est pas pur matin, mais glisse depuis le matin vers la journée, est tout à fait au goût de la lettre d’aujourd’hui, avec sa perte, déjà, dans le temps et les lumières

car je voudrais écrire quelques mots sur la vacance

et si je dis vacance, je dois parler de ce qu’il lui fait écho, évidemment, l’occupation, ce que j’appelle métaphoriquement ici « le chemin terrestre »

Art de consommer - 35

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 29 Avril 2013. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

« Il ne faut jamais faire une chose spontanément (les actions ne doivent pas être spontanées car elles sont souvent alors guidées par l’humeur, et peuvent pousser celui qui en est responsable à avoir, a posteriori, des regrets), mais il faut être spontanément.

Être très réfléchi concernant ses actions et très spontané dans l’instant (et que cette spontanéité naisse d’un accord très intime entre notre rapport au monde et qui nous sommes). »

Note 73 (feuillet 56) du carnet (D48) de Jeannot Reveiri.

 

Jeannot était resté au téléphone pendant plus d’une demi-heure avec Maartje. Il avait téléphoné ensuite à Octave, qui avait accepté de le voir. Ils s’étaient donné rendez-vous dans un café. Il faisait beau. Ils s’étaient donné rendez-vous en terrasse.

52.dimanche (XV)

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 27 Avril 2013. , dans Ecrits suivis, Ecriture, La Une CED

 

samedi 7 avril, en guise de dimanche de pâques 2012

la lettre qui suit :

 

l’intériorité

deux choses frappantes dans la nuit d’hier où j’ai trouvé le titre définitif de la lettre d’aujourd’hui

tout d’abord, la conception, si je ne me trompe, des bénédictins sur la fonction de l’œil, de la fenêtre et du monde, sorte d’opération spirituelle qui me plaît assez

d’ailleurs, les focales, comme éléments de profondeur vont bien avec l’intériorité que je questionne ce matin

au cinéma, par exemple, on peut beaucoup jouer sur la focale, et apprendre grâce à cela, plus ou moins, la vérité