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Les Dossiers

Entretien avec Pierre Pachet

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 01 Mai 2011. , dans Les Dossiers, Les Ecrivains, Entretiens, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED, Documents

Entretien mené par Léon-Marc Levy, après la sortie de "Sans Amour" (Denoël)

LML : Vous êtes hanté par le temps, sa fuite irrémédiable. Votre œuvre et votre dernier livre Sans amour en témoignent. Mais souvent vous mesurez le temps, et sa fuite, à l’occasion de grandes douleurs. La mort du père, de la mère, de l’épouse… La scansion du temps est-elle obligatoirement rythmée par les malheurs d’une vie ?


PP : Sans doute, le temps d’une vie, les vies de ceux que j’ai connus, aimés ou simplement approchés, et auxquels j’ai survécu (car c’est cela, être âgé : survivre à ses proches), ce temps compte, il se compte, en années. Mais je ne crois pas en être « hanté ». Je constate simplement. Je suis beaucoup plus sensible au temps intime, celui qui au contraire ne fuit pas, mais stagne : le temps de la solitude, de l’ennui, de l’attente (dans la salle d’attente d’un médecin), du « rien à faire aujourd’hui », ce temps qui pèse autant sur les enfants et  adolescents que sur les vieillards. Ce temps sans repères, qu’il faut parcourir de minute en minute et qui requiert de nous invention, projets, retours sur soi, capacité à se faire exister soi-même par le recours à la « vie intérieure ». Les personnages de Sans amour ont, ou ont tous eu, à faire face à ce temps-là.

L'émergence du roman dans le champ littéraire antillo-guyanais d'expression française

, le Mercredi, 16 Mars 2011. , dans Les Dossiers, Etudes, Chroniques Ecritures Dossiers

INTRODUCTION


Il semble aller de soi en ce début du vingt et unième siècle de parler du roman dans nos régions ; respectivement la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique. A un moment en effet où la primauté esthétique, l’intérêt de la critique littéraire et le choix des lecteurs sont accordés de manière presque automatique à cette forme romanesque.

Toutefois, dans un passé récent elle n’occupait pas cette place de prédilection. En ce sens, les auteurs du mouvement de la Négritude par exemple vouèrent un intérêt tout particulier, allant presque à l’adoration à la poésie. Avec l’Antillanité, du moment en tout cas où cette école connut ses notes de noblesse, elle perdit cet engouement viscéral au profit de la forme romanesque. C’est cette même attention que nous retrouvons avec L’Américanité, laquelle se poursuit de nos jours encore avec la Créolité.