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Albin Michel

Les éditions Albin Michel sont une maison d'édition française indépendante, fondée en 1900 par Albin Michel et dirigée par Francis Esménard.

Abondamment présentes à chaque rentrée littéraire, les éditions Albin Michel font confiance aussi bien à des auteurs débutants que confirmés. Depuis 1992, Albin Michel publie environ 450 nouveautés par an (pour 100 en 1967). Pas une année ne s'est écoulée sans qu'un auteur figure parmi les meilleures ventes annuelles de l'édition française.

 


La Soeur, Sándor Márai

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 19 Novembre 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

La sœur (A Nover), traduit du hongrois par Catherine Fay, 310 p. 20 € (1946) . Ecrivain(s): Sandor Marai Edition: Albin Michel


La sœur est un modèle de construction, un Psychose avant l’heure en termes de mécanique. Où le héros n’est pas forcément celui que l’on croit. Tout du moins, celui que l’on suit pendant toute la première partie du livre disparaît tout à coup. Il laisse la place à l’un des personnages secondaires et un nouveau livre commence. Comme si La sœur était composé de deux livres en un seul, deux longues nouvelles qui se chevauchent et qui se répondent. Ou plutôt où la deuxième mange littéralement la première.

C’est le quatrième Noël de la seconde guerre mondiale et le narrateur, un écrivain, est parti passer quelques jours dans une auberge, située au sommet d’une montagne de Transylvanie. Bientôt, le temps se détraque, il se « calque sur la guerre ». Tous les occupants de l’auberge se retrouvent acculés dans l’auberge, pris au piège, comme mis « en quarantaine ». Car le lieu n’est plus franchement hospitalier. Il est humide et il sent le graillon. Pour ne rien arranger, le narrateur se retrouve en compagnie de gens avec lesquels il n’a pas envie d’échanger plus de trois mots. Sauf un : Z. Grand musicien, il est devenu « l’ombre de l’être triomphant et légendaire » qu’il a été.

Un sujet français, Ali Magoudi

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 15 Octobre 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Un sujet français, 410 pages, 2011, 22 € . Ecrivain(s): Ali Magoudi Edition: Albin Michel


« Ma vie est un véritable roman. Quand tu seras grand, je te la raconterai et tu l’écriras », disait souvent Abdelkader Magoudi à son fils, Ali, l’auteur du livre, psychanalyste de formation. Mais le père n’a jamais raconté et il a emporté dans sa tombe les secrets de cette vie romanesque. Une vie marquée par la colonisation française, par son statut d’immigré nord-africain débarquant en France, par l’occupation allemande, par Vichy, par le nazisme, par le communisme en Pologne ou la décolonisation…

Ali Magoudi décide de se lancer dans l’enquête, car il a un fils en âge de poser des questions et qu’il veut pouvoir lui donner des réponses.

Il part de quelques documents. Il va devoir fouiller dans les archives de l’administration française. Il voyagera aussi en France, en Pologne ou en Algérie, sur les traces de son père. Le travail est long et fastidieux, il avance par sauts de puce, à peine des grains de poussière. Quand il avance…

« Je mesure la démesure des territoires mnésiques à conquérir ».

Le bon, la brute, etc., Estelle Nollet

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 02 Septembre 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le bon, la brute, etc. 350 pages, 20 € . Ecrivain(s): Estelle Nollet Edition: Albin Michel

Le bon, la brute, etc. Un titre de western pour un livre qui n’en est pas un.

Le western est l’une des passions de Bang. Il aime en regarder, car, devant l’écran les choses se passent différemment que dans la vie.

« Car il ne regardait pas juste un film, il regardait des gens, oui, il pouvait les regarder à loisir et planter ses yeux dans les leurs, rien ne se passait rien ne s’interrompait rien ne basculait, tout continuait, et ça c’était magique. Il n’avait pas d’emprise sur leur vie. Le héros ne se tournerait pas vers la caméra pour dire qu’il préférait les bottes roses, pour dire que sa selle lui faisait mal aux fesses et qu’il mettait du coton dans sa culotte, pour dire qu’il avait pissé dans les bottes du joueur de poker. »

Bang a un problème. Il suffit qu’il croise une personne dans les yeux pour qu’elle lui révèle ses secrets les plus honteux, des secrets qu’elle n’aurait jamais dits à personne. Mais ce don n’en est pas vraiment un pour Bang, c’était plutôt une malédiction. Ou un coup de pas de bol.

Ses parents les premiers l’avaient abandonné à cause de ça. Nombre de gens qu’ils croisent et qui lui avouent leurs secrets veulent ensuite lui refaire le portrait.

Ce monde cruel, Richard Lange (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 22 Mai 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Ce monde cruel, 352 pages, 23 € . Ecrivain(s): Richard Lange Edition: Albin Michel

Ce monde cruel. Le titre est un peu bateau, rappelle bien d’autres livres, films ou téléfilms. Ça promet le roman à thèse, forcément, où l’on apprendra au final pourquoi le monde est cruel. Mais nous ne le savions pas déjà un peu, non ?

Jimmy Boone est un ex-détenu en liberté conditionnelle. Ancien marine et garde du corps, il a passé près de cinq ans à prison. Devenu barman au Tick Tock, il doit se tenir à carreaux, éviter les ennuis, sinon c’est retour à la case prison.

Un jour, il accompagne Robo, l’homme de la sécurité du Tick Tock, à un rendez-vous. Il doit faire semblant d’être policier. Et Jimmy qui s’était promis de rester sage sait qu’il a déjà mis les pieds dans un engrenage fatal, forcément fatal.

Ils rendent visite au grand-père d’un sans-papier guatémaltèque retrouvé mort dans un bus, le corps criblé de morsures de chiens infectées. Le grand-père veut juste savoir comment est mort son petit-fils. Juste connaître les circonstances du drame. Il ne s’agit même pas de retrouver un ou des coupables.

Et Boone se retrouve propulsé dans une enquête où il croisera des dealers peu habiles, des organisateurs de combats de chiens, une strip-teaseuses vengeresse ou une ex-policière à la beauté troublante.

Le Polygame solitaire, Brady Udall (par Myriam Bendhif-Syllas)

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 21 Avril 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Le Polygame solitaire, mars 2011, 738 p., 24€ . Ecrivain(s): Brady Udall Edition: Albin Michel

 

Le Polygame solitaire est sans doute l’un des meilleurs romans de ce début d’année. Son humour est détonant. Son propos associe récit d’aventures et peinture d’une certaine vie de famille en un cocktail incongru et diablement réussi. Le tour de force de ce roman fleuve, rocambolesque et pathétique à la fois, est de ne jamais tomber dans une caricature facile. On ne trouvera pas ici les clichés attendus autour des mormons et autres « polyg ». Certes, le personnage principal, Golden Richards, « apôtre de Dieu », est bel et bien un polygame de 40 ans, marié à quatre sœurs-épouses et père de 28 enfants. Il est même pressenti pour être Le Puissant et Fort, summum de la consécration dans l’Eglise-de-Jésus-Christ-des-Saints-des-Derniers-Jours.

Or, qu’arrive-t-il lorsqu’un tel homme, fort de son attitude exemplaire et du soutien de sa communauté se voit confier la construction d’un nouveau bordel, voisin du non moins réputé Pussycat Manor et que de surcroît, il trouve le moyen de tomber amoureux d’une sensuelle inconnue, en réalité femme légitime du patron du bordel susnommé, homme fort susceptible ; et se retrouve alors pourchassé par des hommes de main patibulaires et une cohorte d’épouses méfiantes ? On attend un vaudeville, Brady Udall déclenche un cataclysme, un vrai, de ceux qui entraînent une remise en question complète.