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Albin Michel

Les éditions Albin Michel sont une maison d'édition française indépendante, fondée en 1900 par Albin Michel et dirigée par Francis Esménard.

Abondamment présentes à chaque rentrée littéraire, les éditions Albin Michel font confiance aussi bien à des auteurs débutants que confirmés. Depuis 1992, Albin Michel publie environ 450 nouveautés par an (pour 100 en 1967). Pas une année ne s'est écoulée sans qu'un auteur figure parmi les meilleures ventes annuelles de l'édition française.

 


L'enfant de la neige, Henri Gougaud

Ecrit par Valérie Debieux , le Lundi, 19 Décembre 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

L’enfant de la neige, 2011, 288 p., 19,50 € . Ecrivain(s): Henri Gougaud Edition: Albin Michel


C’est bientôt Noël. Un feu de cheminée ronronne et il est plaisant de se mettre face à l’âtre, d’aiguillonner les bûches et se plonger ensuite dans la lecture de l’ouvrage L’enfant de la neige. Quel bonheur de le lire à haute voix, en famille, comme au temps jadis, car si les traditions se perdent, à nous de les faire revivre.

Henri Gougaud nous enchante par ses mots, sa plume, sa douceur, son élégance et sa façon généreuse de conter les histoires. Les siennes. On tourne les pages au rythme d’un vent doux, et l’esprit s’envole vers un monde lointain, et sa fable nous projette au-delà des cimes, celles dont nous n’avions pas même idée.

Ce livre narre l’histoire d’un enfant, prénommé Jaufré, retrouvé sans toit, en hiver, au XIIème siècle. L’enfant est élevé par un Père prieur et une nourrice. Tous deux lui donnent à la fois l’affection et une éducation solide et studieuse jusqu’au jour où, l’enfant devenu grand, emboîte le pas d’une vie de troubadour et quitte son village. Il part « le cœur aimant mais la tête pleine de vent ». Il y revient sept ans plus tard.

La petite, Michèle Halberstadt

Ecrit par Sophie Adriansen , le Lundi, 12 Décembre 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

La petite, août 2011 150 p. 12,90 euros . Ecrivain(s): Michèle Halberstadt Edition: Albin Michel

La quatrième de couverture de ce court roman intrigue : « J’ai 12 ans et ce soir je serai morte. » Et puis, dès la première page, on est happé par l’écriture de Michèle Halberstadt, douce et féroce à la fois, qui nous plonge dans la spirale du silence et du désamour dont peut souffrir une enfant à la veille de l’adolescence, avec ici pour décor la France des années 60.

Comment en vient-on à envisager la mort à l’âge où tout est possible ? Comment arrive-t-on à préférer disparaître quand la vie n’est que promesses ? Tout se joue à rien, un rien à peine palpable, un rien tu, un secret dont la douleur prend une dimension inversement proportionnelle aux années de celle qui le possède.


« A quoi bon vivre quand on craint à ce point d’être soi-même ?

J’avais peur de tout. Des baisers des garçons, du jugement de ma tante, du rire de ma sœur, du regard de ma mère.

Il n’y avait qu’avec mon grand-père que je n’avais peur de rien.

Ce soir-là, en éteignant la lumière, j’ai pensé pour la première fois qu’il serait doux de le rejoindre. » (page 92)

La Soeur, Sándor Márai

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 19 Novembre 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

La sœur (A Nover), traduit du hongrois par Catherine Fay, 310 p. 20 € (1946) . Ecrivain(s): Sandor Marai Edition: Albin Michel


La sœur est un modèle de construction, un Psychose avant l’heure en termes de mécanique. Où le héros n’est pas forcément celui que l’on croit. Tout du moins, celui que l’on suit pendant toute la première partie du livre disparaît tout à coup. Il laisse la place à l’un des personnages secondaires et un nouveau livre commence. Comme si La sœur était composé de deux livres en un seul, deux longues nouvelles qui se chevauchent et qui se répondent. Ou plutôt où la deuxième mange littéralement la première.

C’est le quatrième Noël de la seconde guerre mondiale et le narrateur, un écrivain, est parti passer quelques jours dans une auberge, située au sommet d’une montagne de Transylvanie. Bientôt, le temps se détraque, il se « calque sur la guerre ». Tous les occupants de l’auberge se retrouvent acculés dans l’auberge, pris au piège, comme mis « en quarantaine ». Car le lieu n’est plus franchement hospitalier. Il est humide et il sent le graillon. Pour ne rien arranger, le narrateur se retrouve en compagnie de gens avec lesquels il n’a pas envie d’échanger plus de trois mots. Sauf un : Z. Grand musicien, il est devenu « l’ombre de l’être triomphant et légendaire » qu’il a été.

Un sujet français, Ali Magoudi

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 15 Octobre 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Un sujet français, 410 pages, 2011, 22 € . Ecrivain(s): Ali Magoudi Edition: Albin Michel


« Ma vie est un véritable roman. Quand tu seras grand, je te la raconterai et tu l’écriras », disait souvent Abdelkader Magoudi à son fils, Ali, l’auteur du livre, psychanalyste de formation. Mais le père n’a jamais raconté et il a emporté dans sa tombe les secrets de cette vie romanesque. Une vie marquée par la colonisation française, par son statut d’immigré nord-africain débarquant en France, par l’occupation allemande, par Vichy, par le nazisme, par le communisme en Pologne ou la décolonisation…

Ali Magoudi décide de se lancer dans l’enquête, car il a un fils en âge de poser des questions et qu’il veut pouvoir lui donner des réponses.

Il part de quelques documents. Il va devoir fouiller dans les archives de l’administration française. Il voyagera aussi en France, en Pologne ou en Algérie, sur les traces de son père. Le travail est long et fastidieux, il avance par sauts de puce, à peine des grains de poussière. Quand il avance…

« Je mesure la démesure des territoires mnésiques à conquérir ».

Le bon, la brute, etc., Estelle Nollet

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 02 Septembre 2011. , dans Albin Michel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le bon, la brute, etc. 350 pages, 20 € . Ecrivain(s): Estelle Nollet Edition: Albin Michel

Le bon, la brute, etc. Un titre de western pour un livre qui n’en est pas un.

Le western est l’une des passions de Bang. Il aime en regarder, car, devant l’écran les choses se passent différemment que dans la vie.

« Car il ne regardait pas juste un film, il regardait des gens, oui, il pouvait les regarder à loisir et planter ses yeux dans les leurs, rien ne se passait rien ne s’interrompait rien ne basculait, tout continuait, et ça c’était magique. Il n’avait pas d’emprise sur leur vie. Le héros ne se tournerait pas vers la caméra pour dire qu’il préférait les bottes roses, pour dire que sa selle lui faisait mal aux fesses et qu’il mettait du coton dans sa culotte, pour dire qu’il avait pissé dans les bottes du joueur de poker. »

Bang a un problème. Il suffit qu’il croise une personne dans les yeux pour qu’elle lui révèle ses secrets les plus honteux, des secrets qu’elle n’aurait jamais dits à personne. Mais ce don n’en est pas vraiment un pour Bang, c’était plutôt une malédiction. Ou un coup de pas de bol.

Ses parents les premiers l’avaient abandonné à cause de ça. Nombre de gens qu’ils croisent et qui lui avouent leurs secrets veulent ensuite lui refaire le portrait.