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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Quinze causeries en Chine, Aventure poétique et échanges littéraires, J. M. G. Le Clézio (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 23 Août 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Quinze causeries en Chine, Aventure poétique et échanges littéraires, mai 2019, 208 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): J-M G. Le Clézio Edition: Gallimard

Ces quinze causeries sur la littérature ont été données par J. M. G. Le Clézio d’août 2011 à octobre 2017, tout autour de la Chine, à l’initiative de l’écrivain Xu Jun, professeur à l’université de Nankin et traducteur de son œuvre. L’Avant-propos de l’auteur chinois retrace l’historique de la relation des deux hommes depuis la parution du Procès-Verbal en 1963 (prix Renaudot), écrit par un jeune auteur de 23 ans qui allait recevoir en 2008 le Prix Nobel pour l’ensemble de son œuvre. Retour de civilités amicales et institutionnelles, à cet Avant-propos répond un Final de Le Clézio intitulé « A Xu Jun, l’ami exemplaire ».

Les lieux où sont prononcés les discours forment dès l’abord du texte un véritable périple à la fois poétique et académique dans l’immense Empire du Milieu : Au salon du livre de Shanghai, A l’université de Nankin, de Yangzhou, du Heilongjiang, A l’université des études internationales du Guangdong, A l’occasion du 20e anniversaire de la revue Grands Maîtres, dans la ville de Lijiang, A l’université normale de Pékin (discussion animée par Mo Yan), Au Forum Boya sur la littérature à l’université de Pékin, A Wuhan, A l’université des sciences et technologies de la Chine centrale, A l’occasion de la fête des Ecrivains du fleuve Yangzi au Jiangsu, et enfin A l’occasion de la fête littéraire Dayi à Xi’an.

Terre natale, Exercices de piété, Jean Clair (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 22 Août 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

Terre natale, Exercices de piété, juin 2019, 416 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jean Clair Edition: Gallimard

 

 

Dans ce livre savant, référencé, Jean Clair nous fait partager vingt-quatre exercices de piété à la manière d’un symposium, banquet propice à la dissertation, par rétrospection et par le biais de « l’écriture [qui] est un filet de mots pour attraper les papillons de l’âme », et ce, en dépit de « ce temps de pauvre littérature ». Le texte de Jean Clair participe d’une recherche paradoxale de la part absente du moi, invisible à soi – à la fois conscience (révélée par la psychanalyse), récapitulatif de ce qui nous nourrit (l’instruction, le savoir, l’art), et altérité. Ces traités sont le prétexte de considérations sur le voile des femmes, ce qu’il recouvre, sur le miroir qui révèle à l’envers, brouille également ou trompe le regard, tout en captant des apparences et des présences fantomatiques, notamment.

Par les routes, Sylvain Prudhomme (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Mercredi, 21 Août 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, La rentrée littéraire

Par les routes, août 2019, 304 pages, 19 € . Ecrivain(s): Sylvain Prudhomme Edition: Gallimard

 

Le livre des possibles

Ce livre est celui des croisées des chemins. Mais les couper n’implique pas forcément de les suivre. Les rencontres sont souvent fugaces. Mais il arrive qu’à nouveau elles fassent retour, mais à la personne escomptée s’en substitue une autre.

Mais elle vaut tout autant le détour. Si bien que le récit avance par la force de l’amitié comme celle du désir. Il vaque au gré des temps à travers des fêlures qui bombardent le moi. Mais celui-ci se relève. Car tant que la vie est là il n’a pas d’autres choix.

Et Sylvain Prudhomme nous emporte parmi les décombres de ce qui fut exquis et provisoire. Et il fallait peut-être des impasses pour que dans leur fond tout cela respire par-delà le sens concassé.

Des notes s’égouttent ainsi sur le clavier du destin fait de trous entre elles. Restent néanmoins leurs échos. Ils touchent la pulpe du sentir dans les vibrations d’un blues qui monte.

Rien n’est vrai que le beau, Œuvres choisies, Lettres, Oscar Wilde (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 11 Juillet 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Correspondance

Rien n’est vrai que le beau, Œuvres choisies, Lettres, mai 2019, trad. Henriette de Boissard, François Dupuigrenet Desroussilles, Jean Gattégno, préface Pascal Aquien, 1248 pages, 29 € . Ecrivain(s): Oscar Wilde Edition: Gallimard

 

« The first duty is to be as artificial as possible. What the second duty is, no one has yet discovered », ou encore : « Being natural is simply a pose, and the most irritating pose I know ». Wilde se voue au dandysme, qui l’amène (en grande pompe, mais aussi dans la ferveur du retrait) à faire se confondre le temps de sa vie et celui, comme indéfiniment prolongé, du sacre de l’artifice. Par la grâce de cet artifice (Huysmans l’a compris avec À rebours), l’être authentique peut composer son apparence au point de faire de lui-même l’analogon d’une œuvre d’art.

Mais cette apologie de l’artifice est surtout pour Wilde, peut-on penser, manifestation d’une pudeur. Ce faisant, l’auteur du Sphinx sans secret tait prudemment son obsession pour l’idiosyncrasie. Ouvrons-nous. Faisons-la affleurer. Belle cépée. Rilke fera sienne cette obsession, usant de ses armes propres : la poésie. Mais lorsque l’ouverture a surgi en nous, nous inscrivant en elle, ce n’est pas le jour qui survient. Le constat – fait par Wilde, fait par Rilke, fait par Pierre-Albert Jourdan – est alors le suivant : « Toutes choses […], si tu les travailles, ouvrent leur cœur de nuit absolue ».

Un étrange pays, Muriel Barbery (par François Baillon)

Ecrit par François Baillon , le Lundi, 08 Juillet 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Un étrange pays, janvier 2019, 400 pages, 22 € . Ecrivain(s): Muriel Barbery Edition: Gallimard

 

Un étrange pays fait se rencontrer le monde des hommes et le monde des elfes, tout comme Muriel Barbery s’y était aventurée avec ce qu’on peut considérer être un premier tome : La Vie des elfes. (On retrouve d’ailleurs les personnages de Maria et de Clara.) Avec un tel choix de thème, on serait trop (beaucoup trop) tenté d’en déduire que l’ouvrage ne séduira pas suffisamment le cercle des adultes auxquels il s’adresse – ce qui est évidemment plus que probable pour un certain nombre d’entre eux.

Pourtant, là se trouve justement la singularité vers laquelle nous sommes conduits avec ce roman de Muriel Barbery (comme avec le précédent) : nous devons accepter de retrouver en nous une volonté d’enchantement du monde, et ce avec le plus grand naturel, accepter de réorganiser nos concepts habituels – l’univers sur lequel la porte s’ouvre n’obéit pas à nos visions quotidiennes (et ceux qui ont le goût de sortir des sentiers battus y dénicheront une vraie source de plaisir). Au-delà de cette caractéristique fondamentale, il ne faut pas s’y tromper : la romancière ne cherche pas, via cet univers qu’elle nous propose, à nous éloigner de notre humanité.