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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Correspondance avec Tristan Tzara et Francis Picabia (1919-1924), André Breton

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Jeudi, 25 Janvier 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Correspondance

Correspondance avec Tristan Tzara et Francis Picabia (1919-1924), décembre 2017, 256 pages, 26 € . Ecrivain(s): André Breton Edition: Gallimard

 

Cette double correspondance (Breton/Tzara, Breton/Picabia), présentée et éclairée par Henri Béhar, couvre essentiellement les années 1919-1924 (et déborde légèrement jusqu’au début des années 30). Cette période fut marquée par l’apogée du dadaïsme, mouvement au pouls révolutionnaire précurseur du surréalisme, auquel participèrent les trois compères. Or, ce chapelet de courtes missives s’avère relativement lisse au regard de l’esprit subversif véhiculé par Dada et sa clique de trublions. Une resplendissante nécropole de convenu, de convenable, de conventionnel. Où donc est l’extravagance, l’irrévérence, la dérision qui ont innervé ce courant à l’ADN imprévisible né sur les décombres de la première guerre mondiale ? Où donc est l’absurde débridé, l’inventivité loufoque et le nihilisme provocateur dont faisait preuve ce triumvirat d’artistes figurant parmi les plus tapageurs des années 20 ? Ceci étant dit, un tel document n’est pas inutile pour appréhender l’atmosphère artistique de cette période ou pour glaner quelques détails sur le quotidien des trois sacripants dadaïstes.

De l’avantage d’être en vie, Mathieu Terence

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 12 Janvier 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

De l’avantage d’être en vie, 128 pages, avril 2017, 12 € . Ecrivain(s): Mathieu Terence Edition: Gallimard

 

Mathieu Terence écrivait dans Petit éloge de la joie (Folio, 2011) : « La joie n’est pas volontaire. Elle ne se décide pas, pas plus qu’elle ne se décrète. Il faut fuir comme la peste ceux qui en vendraient la recette. En revanche, la joie exige un climat favorable : un état d’esprit pareil à un état de grâce. Le climat favorable se favorise ».

Dans la lignée d’Ezra Pound, qui lance : « Que l’amour m’apprenne à composer un chant qui ne soit ni second, ni troisième, mais premier à libérer le cœur aigri », De l’avantage d’être en vie nous invite, fragment après fragment, à cet « état d’esprit pareil à un état de grâce ».

Le programme de cet essai peut se résumer ainsi : « Une sagesse est à opposer au nihilisme. Une sagesse échappant à ses prédicats morbides, à son hypnose consumériste et à sa dangereuse frustration. […] On peut cultiver son second souffle et rompre son isolement en partageant la joie d’une vie délivrée du conditionnement mélancolique, une vie véridique. On peut célébrer l’avantage d’être en vie ».

Carnet d’une allumeuse, Lydie Dattas

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 10 Janvier 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Carnet d’une allumeuse, novembre 2017, 96 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Lydie Dattas Edition: Gallimard

 

« Aucune différence entre un camp de concentration et le monde ». Sous l’apparente outrance des préliminaires de ce carnet intimiste se cache la sensibilité exacerbée d’une jeune femme confrontée aux indélicatesses de son prochain, aux intempéries du réel, aux affres du néant. Lydie Dattas, poétesse française née en 1949, fut frappée, dans sa jeunesse, par une double révélation, à la fois fondatrice et saisissante : l’étroite corrélation entre la féminité et l’apparence physique d’une part ; la puissance abyssale du désir masculin d’autre part. À l’aune de ce double postulat, l’adolescente, séduisante malgré elle, expérimente l’avidité irréfrénable du mâle : « L’homme était une poudrière que le détonateur du regard pouvait faire sauter ». Face à cette menace explosive, elle se referme comme une fleur la nuit venue, se démarque de ses consœurs lycéennes émoustillées par les chuchotements du diable à leurs oreilles : « Les parfaites cherchaient la clé de chair ouvrant le monde. Dressées pour sourire comme certains chiens pour mordre, ces roses interchangeables composaient un bouquet mondain, laissant dans leur sillage la puanteur d’un parfum de luxe. J’étais cette rose noire qui sautait du bouquet ! ».

Nos débuts dans la vie, Patrick Modiano

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 09 Janvier 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Nos débuts dans la vie, octobre 2017, 96 pages, 12 € . Ecrivain(s): Patrick Modiano Edition: Gallimard

 

Première pièce du romancier français, nobélisé, Nos débuts dans la vie, qu’une date traverse – 19 septembre 1966 –, propose une théâtralisation d’éléments biographiques exposés dans Un pedigree (Gallimard, 2005). La pièce raconte les démêlés de Jean avec sa mère Elvire, comédienne de boulevard, et le compagnon de celle-ci, Caveux. Le quatrième personnage, Dominique, est une jeune comédienne qui répète du Tchékhov. Il ne faut pas être grand clerc pour lire les clés que fournit le livre autobiographique de 2005 : Elvire est la transposition de la mère du romancier, Louisa Colpeyn (née Colpijn), actrice de seconde zone, qui a surtout fait des tournées de théâtre dans les casinos des villes où l’on expédiait en pension forcée le futur écrivain, fugueur impénitent. Caveux, écrivain qui bride Jean, se moque de son travail d’écriture et ne fait pas une phrase sans citer les mérites de Sartre, c’est le bouillant Jean Cau, compagnon de la comédienne.

Ouvrir, Guillevic

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 09 Janvier 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Ouvrir, décembre 2017, 352 pages, 25 € . Ecrivain(s): Eugène Guillevic Edition: Gallimard

 

Ouvrir, le recueil de textes de Guillevic que publient les éditions Gallimard en ce décembre 2017, est à la fois un livre et un portrait. Un livre bien sûr, car il rassemble les textes, proses ou poèmes publiés de façon éparse, qui vont de la période de formation à la maturité du poète. Et portrait aussi, car les textes réunis ici donnent à voir un ensemble d’œuvres qui fonctionne à la manière d’une sorte de description cubiste et dessine une image du poète, tout à la fois du grand poète que l’on connaît, mais aussi par des arêtes diverses et parfois nouvelles, petites touches qui font la représentation d’un homme vivant derrière l’œuvre poétique. Ainsi, qu’il s’agisse de l’amitié pour Elsa Triolet ou des peintres de l’entourage de l’écrivain, on est toujours en alerte et on suit le raisonnement de l’homme, non pas comme en une page, mais in vivo, dans l’atelier même du poète.