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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Le désir ultramarin. Les Marquises après les Marquises, Michel Onfray

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Lundi, 04 Décembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Récits

Le désir ultramarin. Les Marquises après les Marquises, novembre 2017, 128 pages, 13 € . Ecrivain(s): Michel Onfray Edition: Gallimard

 

Heureux qui, comme Onfray, a fait un beau voyage en Polynésie française sur les traces de Victor Segalen, homme de lettres tourmenté né à Brest en 1878 et retrouvé mort en 1919 dans la forêt d’Huelgoat en Bretagne. Lors de ses nombreuses pérégrinations, cet écrivain voyageur, médecin de formation, dépressif d’adoption, a séjourné plusieurs mois à Tahiti et aux îles Marquises, en quête « d’un monde épargné par l’idéal ascétique chrétien ».

Au fil de son séjour aux antipodes, par petites touches, Michel Onfray dessine le portrait de ce poète opiomane et, en philosophe du corps, du désir et de la terre, ressuscite son esprit nietzschéen : « Segalen fut un grand voyant, l’un de ces corps fragiles par lesquels passe toute l’énergie de la nature ».

En s’exilant en Polynésie où « le sublime envahit la vie quotidienne », Victor Segalen fuyait la frilosité grisailleuse de sa patrie irriguée par une mentalité judéo-chrétienne pourvoyeuse de honte, d’interdits et de culpabilité. Il y découvre des paysages enchanteurs, savoure une sexualité décomplexée et libre.

Alma, J-M G. Le Clézio

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 30 Novembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Alma, octobre 2017, 343 pages, 21 € . Ecrivain(s): J-M G. Le Clézio Edition: Gallimard

 

Alma s’inscrit dans le droit fil de la plupart des romans de J-M G. Le Clézio, dans leur thématique obsédante, celle du voyage, de la quête, de la trace perdue de ce qu’il faut retrouver. Lire Alma, c’est se replonger dans cette atmosphère à la fois intime et étrangement décalée au sein de l’espace-temps du Chercheur d’or ou plus particulièrement du Voyage à Rodrigues, longue pérégrination solitaire sur les pas effacés/reconstitués du grand-père de l’auteur, ce grand-père lui-même chercheur solitaire sur les chemins secrètement parcourus par les pirates de l’Océan Indien dont la légende veut qu’ils aient enterré leur fabuleux butin dans cette petite île des Mascareignes perdue dans l’océan.

Alma, c’est cette autre île des Mascareignes, Maurice, pays où ont migré au XXVIIe siècle, où ont vécu, où ont procréé les ancêtres de J-M G. Le Clézio, où résident toujours bon nombre de leurs descendants, d’où sont repartis, au fil des générations, d’autres membres de la lignée, les uns vers d’autres horizons, les autres pour un retour en France, terre des origines.

La Légende de Bruno et Adèle, Amir Gutfreund

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 28 Novembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Israël

La Légende de Bruno et Adèle, novembre 2017, trad. hébreu Katherine Werchowski, 286 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Amir Gutfreund Edition: Gallimard

 

Lorsque l’on recense des livres, il vaut mieux réfléchir avant de laisser sa plume écrire le mot chef-d’œuvre, tant il est galvaudé : à en croire la réclame, en effet, les maisons d’édition ne publient rien d’autre, surtout l’automne venu. En l’occurrence, cependant, le terme chef-d’œuvre est justifié. Même si La Légende de Bruno et Adèle ne ressemble pas à un titre de roman policier, c’en est un, extraordinaire et d’un niveau de tension comparable, par exemple, au Silence des agneaux.

Amir Gutfreund est mort à l’âge de cinquante-deux ans, le 27 novembre 2015, en corrigeant les épreuves de son ultime roman. Formé aux mathématiques, il travaillait pour l’armée de l’air. La télévision avait fait appel à lui, comme co-scénariste de la remarquable série Otages (Bnei Aruva), aux côtes du scénariste principal, Gal Zaid (par ailleurs acteur dans une autre grande série, Hatufim – noter que ces deux séries israéliennes firent l’objet de médiocres adaptations américaines). C’est dire que nous sommes en présence d’un écrivain qui connaît son métier et qui sait construire une intrigue.

Un élément perturbateur, Olivier Chantraine

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 14 Novembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Un élément perturbateur, août 2017, 288 pages, 20 € . Ecrivain(s): Olivier Chantraine Edition: Gallimard

 

On finit par s’attacher à ce personnage, ce Serge Horowitz qui à 44 ans vit toujours chez sa sœur Anièce, elle aussi célibataire et qui semble vouée à demeurer pour lui et ce, sans qu’il ne se questionne à ce sujet, une mère de substitution. Serge Horowitz, hypocondriaque, a le goût des vitamines et de la prévention en matière de santé, la pharmacie est un son jardin d’Éden :

« À condition d’être capable d’écouter un minimum son corps, n’importe quelle personne a priori bien portante est à même de ressortir de là rassurée, un léger sourire aux lèvres, une babiole nichée au creux d’un sachet en papier orné d’un fascinant logo de serpent buvant dans une coupe ».

Et il n’imagine rien de meilleur que la simplicité et la facilité de son train-train quotidien, sans se risquer plus avec le monde extérieur et les relations humaines, que le minimum obligé. Et ce minimum obligé passe par le fait d’avoir un travail.

Serge a un autre frère, François, et c’est grâce à ce frère, Ministre des Finances aux dents longues, qu’il a un emploi sans avoir besoin de s’engager, de s’impliquer plus que ça. Ça tombe bien parce qu’en vérité Serge le trouve détestable et ennuyeux ce travail, même s’il est capable d’être un bon analyste, trop bon justement.

Un fusil, une vache, un arbre et une femme, Meir Shalev

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 07 Novembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Israël

Un fusil, une vache, un arbre et une femme, octobre 2017, trad. hébreu Sylvie Cohen, 394 pages, 21 € . Ecrivain(s): Meir Shalev Edition: Gallimard

Israël est une nation fertile en paradoxes : on pourrait croire que ce pays, plus petit qu’une région française d’avant la réforme territoriale, entouré de voisins qui seraient enchantés de le voir disparaître et souvent firent ce qu’il fallait pour cela, aurait organisé toutes ses forces, déployé toutes ses ressources morales, humaines et intellectuelles, en vue de sa seule survie. À bien des égards, c’est le cas. Mais Israël possède également une production scientifique, technique (même les antisémites les plus acharnés se servent de clefs USB), poétique et romanesque de tout premier ordre. Le nouveau roman de Meir Shalev en apporte une preuve supplémentaire.

Meir Shalev est né le 29 juillet 1948 et ce millésime n’est pas anodin : l’écrivain a le même âge que l’État hébreu. Officiellement, en tout cas, car Herzl avait raison d’intituler son roman utopique Altneuland, selon un oxymore intraduisible en un seul mot français (« le vieux pays jeune »). Dès la fin du XIXe siècle, des Juifs s’installèrent sur des terres achetées le plus légalement du monde à des paysans arabes ravis de la bonne affaire et, pendant que la pire des catastrophes s’abattait sur leurs coreligionnaires restés en Europe, les Juifs d’Israël menaient une existence relativement paisible, quoique dure.