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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Vie de David Hockney, Catherine Cusset

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 23 Mars 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Arts

Vie de David Hockney, janvier 2018, 192 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Catherine Cusset Edition: Gallimard

 

« Peins ce qui compte pour toi », telle est la devise de David Hockney depuis que son ami du Collège royal Ron Kitay lui a donné cet excellent conseil, l’amenant à puiser son inspiration dans ses ressources intérieures au moins autant que dans le monde qui l’entoure. Ce qui caractérise David Hockney, c’est cette gourmandise, cet appétit de la vie qui l’étreint, cette curiosité, cette envie irrépressible de connaître et d’expérimenter. Au fond de lui bouillonne un tempérament passionné et rebelle qui le pousse à s’éloigner des sentiers battus, mais pas au point de refuser les témoignages de confiance, d’amour et de reconnaissance.

Expositions et rétrospectives s’enchaînent alors qu’il n’a pas atteint la quarantaine. Chance, hasard, heureux concours de circonstances, mais aussi travail acharné, énergie et puissance ? La carrière de David Hockney est semée de réussites : c’est le parti-pris de romancière de Catherine Cusset, qui rédige un éloge de l’artiste, en même temps qu’un roman historique contemporain, inspiré et nourri de ses nombreuses lectures et de visionnages de films, un roman dont elle réinvente les passages lacunaires et névralgiques, donne vie aux dialogues, décrit des scènes.

Histoire d’un assassin, Marie Ferranti

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 21 Mars 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Histoire d’un assassin, février 2018, 120 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Marie Ferranti Edition: Gallimard

 

« Insister sur l’écart entre le roman et la réalité est troublant. Cela démontre la puissance de la fiction à dévoiler, par des voies détournées, la vérité profonde des événements et des êtres ».

Tout a été inventé dans cette Histoire d’un assassin dans laquelle Marie Ferranti montre comment un sordide fait divers familial voit sa vérité faussée et est porté au rang mythique de la tragédie et de l’épopée.

Dominique Zincoli vit avec sa femme Teresa et son fils Petru dans un petit village proche de Bastia. Marqué par la mort de sa mère Françoise – qui fut reniée par son père Jean Bonifazzi pour avoir épousé un paysan pauvre, et abandonnée à la misère – il a grandi dans la haine de son grand-père, détestant de plus son frère cadet Marcus dont ce dernier s’est rapproché.

Une nuit, il les assassine tous deux sauvagement, et cet assassinat n’étonne personne dans son entourage. Teresa avait « toujours su qu’il le ferait » car « depuis longtemps il l’avait dit », et Mademoiselle de Guagno qui « voyait la mort » avait même « senti son ombre envelopper Jean Bonifazzi ».

Confiture russe, Ludmila Oulitskaïa

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 16 Mars 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, Théâtre

Confiture russe, février 2018, trad. russe Sophie Benech, 208 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Ludmila Oulitskaïa Edition: Gallimard

Troisième pièce de théâtre de Ludmila Oulitskaïa – que l’on connaît mieux comme romancière ou nouvelliste, Confiture russe fut écrite en 2003, cent ans après la mort de Tchekhov. Et cette comédie amère parodique s’amorçant la veille du jour de Pâques à l’aube du XXIème siècle puise essentiellement ses ingrédients dans La Cerisaie et Les Trois sœurs. L’auteure y développe ainsi une sorte de « conversation intime avec le grand écrivain » en ajoutant un regard personnel sur les thèmes développés dans ses célèbres pièces – comme ceux du passage du temps, du rapport au passé et à l’avenir, du travail… –, et elle nous livre une satire de la Russie actuelle, évoquant ironiquement le « nouveau Russe, dans toute son horreur ».

Ludmila Oulitskaïa emprunte son cadre à La Cerisaie, y faisant évoluer des personnages contemporains s’exprimant dans la langue orale et familière d’aujourd’hui qui semblent assez familiers aux amateurs de Tchekhov. Les propriétaires de la vieille datcha familiale sont en effet un frère et une sœur, Andreï (professeur à la retraite) et Natalia, qui en ont hérité de leur père, l’académicien Lépiokhine – patronyme dérivant de Lopakhine, ce marchand et petit-fils de serf qui avait acheté le domaine chez Tchekhov, et dont ils semblent les descendants. Ils y vivent avec les trois filles de Natalia, qui renvoient à l’évidence aux Trois sœurs, ainsi qu’avec Maria, la sœur de son défunt mari qui fut un « vrai communiste ».

Retour à Séfarad, Pierre Assouline

Ecrit par Stéphane Bret , le Mercredi, 14 Mars 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Retour à Séfarad, janvier 2018, 426 pages, 22 € . Ecrivain(s): Pierre Assouline Edition: Gallimard

 

Retour à Séfarad met en scène un candidat, juif séfarade, à l’obtention du passeport espagnol, démarche rendue possible par une déclaration du roi d’Espagne Sa Majesté Felipe VI qui affirme dans un discours prononcé en 2015 en guise de conclusion : « Comme Vous nous avez manqué ! ». Hommage rendu à la participation des séfarades à la vie espagnole, à la transmission à leurs enfants de l’amour de cette patrie espagnole, ce discours interpelle Pierre Assouline, qui prend au mot le discours du roi. Il sera candidat au passeport, à la nationalité espagnole. Seulement voilà : cinq siècles ont passé depuis l’expulsion de 1492, et bien des changements ont eu lieu. Pour Pierre Assouline, les tentatives de retrouvailles de la maison familiale, du cimetière, de l’ancien quartier juif, la juderia, peut-être rasée, sont vouées à l’échec ; il lui suffit de « savoir que notre mémoire précède notre naissance. De mon expédition dans ce passé-là où je suis parti retrouver des paroles, des voix, un souffle gelés dans l’hiver des livres, je n’espère pas rapporter des vérités mais tout au plus des effets de vérité. Non des preuves mais des traces puisque, comme le dit René Char je crois, seules les traces font rêver ».

Microfictions, Régis Jauffret

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Vendredi, 09 Mars 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Nouvelles

Microfictions, janvier 2018, 1024 pages, 25 € . Ecrivain(s): Régis Jauffret Edition: Gallimard

 

500 microfictions dans lesquelles hommes et femmes se racontent, sans pudeur, avec une honnêteté si déconcertante qu’elle donne à ces récits des allures d’aveux libérateurs consignés dans des journaux intimes. C’est alors aux lecteurs, anonymes, de tenir lieu de réceptacle. Mais les confessions sont souvent si sordides, immondes, immorales ou amorales, si froidement haineuses ou si douloureusement intenables qu’on peine à croire y être entrés sans effraction. L’écriture, ciselée, incisive, provocante ou irrévérencieuse accentue encore cette impression de violation d’intimité. Personnelles et singulières, les vies se résument sans condescendance ni pathos excessifs ; chacune d’elles se recroqueville sur deux pages comme le font les narrateurs dans le carcan de leurs aigreurs et obsessions, de leurs âmes perdues, de leurs corps abîmés. Aucun d’eux ne semble pour autant chercher à s’apitoyer sur son sort. Car si l’heure est à l’introspection, la tendance générale est plutôt au constat froid ou au bilan irréversible : les récits se font factuels, précis, réfléchis et distanciés ; logiquement agencés, ils convergent vers leur note finale, toujours assez foudroyante pour susciter le malaise ou l’effroi, et marquer le point de non retour. Poésie, métaphores, tournures colorées, dérision et humour, sur soi ou sur la vie, viennent savamment alléger ou désamorcer la charge émotionnelle.