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Folio (Gallimard)

Collection de poche des éditions Gallimard

 


La reine des lectrices, Alan Bennett

Ecrit par Didier Bazy , le Dimanche, 26 Février 2012. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

La Reine des lectrices, traduction Pierre Ménard, 2010, 124 p. . Ecrivain(s): Alan Bennett Edition: Folio (Gallimard)

De l’absolue séparation des pouvoirs et de la littérature.

Alan Bennett présuppose en toute ingénuité que la Reine d’Angleterre a peu lu avant que son destin ne croise celui de Norman, commis des cuisines régaliennes. On peut imaginer que son éducation britannique lui fournit toutefois un certain background. Vraisemblablement, l’octogénaire a eu d’autres chats à fouetter avant de s’adonner aux frivolités des lectures suggérées par un « gay savoir ».

Fraîchement convertie, la peu commune lectrice devient ce qu’elle est : une liseuse hors normes mais attentive à Norman, son initiateur à Wilde et à Genet. De profundis à Querelle, la conséquence est bonne. Mais les conseillers de la Cour veillent au grain. Et la souveraine graine doit être préservée de cette contamination culturelle. Voilà donc Norman, zélé malgré lui, limogé et promu au statut d’étudiant en lettres dans une Université éloignée de Windsor. Il pourra assouvir ses pulsions de lettres et ne pervertira pas la Reine dans l’exercice de ses fonctions.

Abreuvée d’ouvrages, la Reine des lectrices ne peut freiner sa course à l’échalote littéraire. Elle prend des notes et se pique d’écriture. On n’ose l’exprimer dans l’entourage de la Souveraine : la Reine devient une emmerdeuse de politiser en rond.

Envoie-moi au ciel, Scotty, Michael Guinzburg

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 11 Février 2012. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Envoie-moi au ciel, Scotty (Beam me up, Scotty, 1993), Gallimard, Folio Policier, juin 1999, traduit de l’anglais (USA) par Daniel Lemoine, 332 p., 6,20 € . Ecrivain(s): Michael Guinzburg Edition: Folio (Gallimard)

Ed vient de sortir de cure de désintoxication et retrouve son quartier du Lower East Side de New York, son Crack City. Sa femme et ses enfants se sont fait la malle et, pour combattre son addiction, il fréquente avec assiduité un groupe de parole prêchant pour un programme en douze étapes, les Drogues Dures Anonymes. Assidu, déterminé à faire une croix sur son passé de camé et à retrouver sa famille, Ed ne peut se contenter du soutien de sa marraine, Myron, juif camé ancien alcoolique accro à l’essence qui envisage de changer de sexe. Le hasard va lui faire trouver la voie de la rédemption, lorsque, sous le coup de la colère, il tue son ancien dealer. Dorénavant, Ed combattra sa maladie et cherchera à fonder de nouveau un foyer heureux en buttant des revendeurs de crack avec l’aide de Natacha, son bull-terrier.

Premier roman de Michael Guinzburg, Envoie-moi au ciel, Scotty (Beam me up, Scotty en VO, phrase récurrente de Star Trek, lorsque le capitaine Kirk se fait téléporter, que se sont accaparés les crackés et qu’ils prononcent ici rituellement avant de fumer leur dose) est un bouquin dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est original.

Deadwood, Pete Dexter

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 19 Janvier 2012. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Deadwood, Folio Policier, 610 p. 1986, traduit de l’anglais (USA) par Martine Leroy-Battistelli, 9,10 € . Ecrivain(s): Pete Dexter Edition: Folio (Gallimard)

« Cet endroit se prête aux idées noires […]. Ici, rien n’est normal, même le temps. Nulle part, il n’y a d’orages pareils. Le jour de notre arrivée, on a vu deux hommes portant une tête humaine en pleine rue. […] Un Mexicain avec celle d’un Indien, et une crapule qui louchait et qui s’appelait Boone May, avec la tête du hors-la-loi Frank Towles. Tout homme intelligent est donc obligé de réfléchir aux choses de la mort… »

Avec Deadwood, aventurez-vous dans l’Ouest américain, le vrai. Celui des cow-boys, plutôt que des indiens, mais loin des clichés hollywoodiens. Le western auquel nous convie Pete Dexter n’a rien de très glamour. Ou bien, il est ultra réaliste, c’est selon.

Tous les personnages, à l’exception d’un seul (et peut-être le plus fou de tous), ont existé et on été présents à Deadwood dans les années 1870. On retrouve des noms rendus mythiques par le cinéma : Wild Bill Hicock, Calamity Jane. Mais sous un jour beaucoup moins flatteur. Ce ne sont que des pochards, des dégueulasses qui ne se lavent qu’une fois de temps en temps, et qui n’ont pas franchement le profil de héros sauvant la veuve et l’orphelin. Au contraire.

Scènes de vie villageoise, Amos Oz

Ecrit par Anne Morin , le Jeudi, 17 Novembre 2011. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Récits, Israël

Scènes de vie villageoise, 6,20€. . Ecrivain(s): Amos Oz Edition: Folio (Gallimard)

Pardon à ? - pour ? - ceux qui voient ces Scènes de vie villageoise comme une comédie humaine, au prétexte aussi que les personnages resurgissent d'une histoire à l'autre. Peut-être n'ont-ils pas effleuré le sommaire :


Les héritiers

Les proches

Creuser
Perdre
Attendre
Les étrangers

...Chanter
Ailleurs, dans un autre temps.

Père et fils, Larry Brown

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 06 Novembre 2011. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Père et fils (Father and son) Traduction de l’américain par Pierre Furlan Gallimard, 1996, 376 p. – Repris en Folio, n°3608, 2002, 436 p. . Ecrivain(s): Larry Brown Edition: Folio (Gallimard)

 

Le roman noir n’est jamais aussi bon que lorsqu’il vire en tragédie.

Même si ce livre évoque aussi, par son titre, la littérature russe, en reprenant celui de l’une des œuvres phares de Tourgueniev, l’histoire est très américaine et plonge dans le Sud cher à Faulkner. Ce Sud populaire et sale, de petits Blancs, au cœur d’une végétation luxuriante, battu par vents et tempêtes, où l’alcool coule à flots et le crime est toujours (trop) facile. Un décor idéal pour laisser le bien et le mal s’affronter.

Le mal, c’est Glen Davis qui sort de prison. Il y a passé trois ans pour avoir renversé un enfant au volant de sa voiture, alors qu’il conduisait en état d’ébriété. Il revient au pays, retrouve son père, Virgil, et son frère, Puppy. Mais ces années de prison ne l’ont pas calmé, bien au contraire.

Sa mère est morte pendant sa détention, mais personne n’ose révéler à Glen dans quelles circonstances de peur de se frotter à sa colère.