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Quai Voltaire (La Table Ronde)

Editions liés à La Table Ronde

 


La solitude est sainte, William Hazlitt

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 31 Mai 2014. , dans Quai Voltaire (La Table Ronde), Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Iles britanniques

La solitude est sainte, mai 2014, 126 pages, 14 € . Ecrivain(s): William Hazlitt Edition: Quai Voltaire (La Table Ronde)

 

Avant tout destiné à la peinture, William Hazlitt (1778-1830) offre dans La solitude est sainte le rythme et la coulée à la sensibilité romantique du littérateur en lui. Mais le peintre et l’écrivain s’y retrouvent, puisque tous deux exercent le goût de l’observation sur le vif ; l’œil au quotidien sans cesse aux aguets de l’environnement journalier en ses détails et sa vue panoramique ; une érudition empirique fondée sur l’expérience et l’étude de la nature qu’il importe non pas de copier mais d’exprimer (cf. Préface de Lucien d’Azay in La solitude est sainte).

Ce recueil, dont le titre est emprunté au Stello d’Alfred de Vigny, se compose de trois essais dont une sensibilité reconnaissable parcourt la teneur et la cohérence des propos sur l’art de vivre célébré. Partir en voyage ainsi rejoint Vivre à part soi dans la liberté individuelle défendue et illustrée par une solitude choisie et assumée pour mieux vivre en harmonie avec le monde extérieur observé à distance, et avec soi-même. Le goût et l’envie d’une existence itinérante va de pair chez William Hazlitt, qui a publié ces essais en 1821 et 1822, avec des départs non manqués dès que cela lui était possible et pleinement assumés en leur solitude désirée afin, justement, d’aller mieux à la rencontre de l’Autre.

Les jeunes mariés, Nell Freudenberger

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 06 Mars 2014. , dans Quai Voltaire (La Table Ronde), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

. Ecrivain(s): Nell Freudenberger Edition: Quai Voltaire (La Table Ronde)

 

Nell Freudenberger possède un talent rare en écriture : elle parvient à nous passionner de bout en bout en nous racontant une histoire somme toute assez banale à première vue. Jugez-en : George, ingénieur américain début de deuxième âge cherche femme sur asianeuro.com. A l’autre bout du monde, au Bengladesh, une jeune fille, Amina, rêve d’Amérique. Tout cela tombe fort bien et les deux tourtereaux virtuels deviennent réels : Amina s’installe à Rochester (NY) USA et ils se marient. Ajoutez-y les difficultés d’adaptation d’Amina, les soucis familiaux et les hésitations d’un jeune couple et vous aurez résumé le livre. Enfin presque. Et  c’est là que se glisse tout l’art de l’auteure, dans ce presque, dans cet interstice où – de la vie quotidienne – surgit néanmoins l’aventure, l’incroyable incertitude de la vie humaine, la folle épopée du pas grand-chose quand il est porté par des cœurs.

La Terre Promise américaine c’est bien. Mais pas tout à fait. Et, peu à peu, pas du tout. Les regards interrogateurs voire hostiles, le travail précaire, la vie avec George comme ci comme ça. Enfin la vie quoi. Au tamis du regard et des blessures d’Amina, tout cela devient palpitant, presqu’anxiogène. Une sorte de suspense conjugal ou/et de l’immigration.

Souviens-toi de Hallows Farm, Angela Huth

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 27 Juillet 2011. , dans Quai Voltaire (La Table Ronde), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Souviens-toi de Hallows Farm, traduit de l’anglais par Lisa Rosenbaum, Quai Voltaire, 2011, 21 €. . Ecrivain(s): Angela Huth Edition: Quai Voltaire (La Table Ronde)

Souviens-toi de Hallows Farm est un livre sans prétention qui trouvera sa place parmi les lectures légères de vacances. Mais il pose un paradoxe : c’est un beau roman où il ne se passe rien, où les personnages rivalisent de vacuité. L’effet obtenu est curieux, on passe du plaisir à l’agacement d’une page à l’autre. Durant la première partie du livre, on suit ce que nous propose Angela Huth avec le sentiment qu’une tragédie va se nouer. On sait d’emblée que Prue n’est pas faite pour ce lourdaud de Barry, qu’elle a d’autres aspirations, après tout ce qu’elle a vécu dans un volume précédent, Les Filles de Hallows Farm – qu’il est complètement inutile de lire au vu des nombreuses références qui y sont faites ou qu’il faudrait lire avant pour espérer un peu plus de suspens.

Or, en réalité, non, Prue n’aspire qu’à redevenir une volontaire agricole et à s’ébattre dans la campagne. Cette femme est vaine, superficielle. Même la mort de son bébé – spectaculaire scène des prémices d’un l’accouchement parmi une horde de cochons grognant et agressifs – ne l’affecte pas. A l’approche d’un homme, elle entre en mode séduction et croit aimer parce qu’elle le veut. D’échec en échec, cette nouvelle Emma Bovary finit par réaliser qu’elle devrait mener sa vie, seule, comme elle l’entend, c’est-à-dire, dans un jardin.