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Joelle Losfeld

L'échec, James Greer

Ecrit par Yann Suty , le Lundi, 22 Octobre 2012. , dans Joelle Losfeld, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

L’échec (The Failure), traduit de l’anglais (USA) par Guylaine Vivarat avec l’auteur, 4 octobre 2012, 212 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): James Greer Edition: Joelle Losfeld

 

Comme le titre l’indique, L’échec est l’histoire d’un échec. Dès la première page, James Greer fait plonger le lecteur au cœur d’une action très absurde. Ed Mémoir est au volant de sa voiture. Son téléphone sonne, mais il ne répond pas. Et c’est dommage pour lui car il aurait alors entendu que son père venait de rendre l’âme et qu’il lui léguait assez pour financer le développement de son prototype, le Pandémonium. S’il avait entendu le téléphone, il aurait sans doute levé le pied et évité la collision frontale avec un véhicule arrivé à contresens et il ne se serait pas retrouvé dans le coma.

Ed conduisait sa voiture juste après « le fiasco du comptoir coréen ». Il venait de braquer un bureau de change dans l’objectif de mettre la main sur 50.000 dollars qui lui permettraient de financer son projet, le Pandémonium.

Le Pandémonium est une technologie de placement de publicités subsensorielles sur le web. « C’est une manière indétectable d’interférer avec des sites Internet en plaçant des messages subsensoriels qui seraient vus à leur insu par ceux qui consultent le site. Par exemple, si tu détestais les Républicains, tu pourrais aller sur un site républicain pour placer un message disant : Votez démocrate ».

Autour de moi, Manuel Candré

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Août 2012. , dans Joelle Losfeld, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Autour de moi, 31 août 2012.102 p. 11,90 € . Ecrivain(s): Manuel Candré Edition: Joelle Losfeld

Ce petit livre – par la taille – constitue une véritable découverte littéraire. Manuel Candré, pour son premier roman, s’inscrit d’entrée dans ce que la littérature nous réserve de temps en temps, trop rarement, la révélation d’un talent explosif.

Autour de moi est structuré comme un journal intime asynchrone puisque relatant des événements et des affects vécus quelques décennies auparavant, rédigé entre le 4 juillet 2007 et le 9 septembre 2010. Nous sommes conviés à la rude visite de l’enfance du narrateur. Evénements intimes qui ont pour cadre la cellule familiale et donc pour héros le père, la mère, les grands-parents, le « autour de moi » d’un enfant qui, devenu adulte et mûr, se retrouve littéralement obsédé par ces images, ces souvenirs brûlants et douloureux d’une famille à la fois héroïque et banale, grande et pathétique, belle et indigne. Une famille. Dans l’hypothèse permissive qu’elle implique, dans les bassesses qu’elle génère, dans les moments magnifiques où se croisent les rêves de chacun, et dans les trous où échouent lamentablement les idéaux les plus beaux.

L’enfant souffre deux fois semble nous dire ce morceau d’enfance. Il souffre des malheurs, la mort de la mère, l’alcoolisme et la brutalité du père, la dureté de la vie. Mais il souffre aussi, une fois de plus, la plus âpre sûrement, de sa propre fragilité, de sa faiblesse d’enfant, de la palpitation de ses rêves profonds, de l’absurdité magnifique de ses espoirs.

Pfff, de Hélène Sturm

Ecrit par Didier Bazy , le Dimanche, 24 Avril 2011. , dans Joelle Losfeld, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Pfff, 234 p, 18€. . Ecrivain(s): Hélène Sturm Edition: Joelle Losfeld

Premier roman. Coup de maître. Maîtrise de la plume, de la matière des mots, des références et des codes en un bestiaire invraisemblable et cohérent. Des références explicites : Beckett, Musil, Melville. Des références implicites : les inventions de Rabelais et la légèreté minutieuse de Queneau. Des codes : Craven A… toute une époque, baignée de Léo Ferré ? Des signes, retournés : Jaboulay et Chapoutier en Dupont et Dupond, en Schwartz et Negger ? Clins d’œil tous azimuts mais sans débordement ni facilité. Fin de l’éloge. Place aux limites. Sans limites, pas d’éloge.


Au-delà des trouvailles, et sans doute fusent-elles en abondance, on risque de se perdre ou d’être perdu. Est-ce volontaire ? Pfff est un pur « milieu » : ça commence au hasard Odile. A la fin, on reste sur la faim. On est emporté au milieu du désir et des désirs. Un flux héraclitéen râpé par les techniques formelles d’un Raymond Roussel.