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Joelle Losfeld

La trilogie babylonienne, Sébastien Doubinsky

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 20 Août 2013. , dans Joelle Losfeld, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La trilogie babylonienne, Traduit de l’anglais par Sébastien Doubinsky. 209 p. 20 € . Ecrivain(s): Sébastien Doubinsky Edition: Joelle Losfeld

 

Que ce soit dit d’entrée – et ici écrit – Sébastien Doubinsky est un architecte et un styliste. Sa maîtrise de l’art romanesque en est époustouflante.

Architecte. Tout dans ce livre est bâti en passerelles, en arc-boutants, en galeries de ronde, en abymes, en correspondances. Un « narrateur », passablement déjanté, caché derrière des masques de couleurs, nous l’annonce d’ailleurs dans le premier volet du triptyque. Comme un guide qui nous indiquerait grosso modo le chemin dans les méandres, seuils et répliques de la narration. Dans une amusante adresse au lecteur :

« Ah vous êtes là… Déjà ?... On aurait dû me prévenir… Enfin, ne vous inquiétez pas, je vous en prie… Cette histoire finira par prendre tout son sens – Du moins, je l’espère. On n’est plus sûr de rien de nos jours. »

Autour de moi, Manuel Candré (2ème recension)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 30 Mai 2013. , dans Joelle Losfeld, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Autour de moi, juin 2012, 11,90 € . Ecrivain(s): Manuel Candré Edition: Joelle Losfeld

Autour de moi qui, contrairement à ce que pourrait induire son titre, n’a rien d’une autofiction nombriliste, est le fruit d’un long travail sur le souvenir. Manuel Candré, dont c’est le premier livre, y fait en effet resurgir de lourds souvenirs d’enfance, essentiellement familiaux, qui l’ont constitué en tant qu’adulte, retrouvant en quelque sorte son noyau primitif dans ce moi enfant – ou adolescent. Il nous expose ainsi une série d’images fortes encore prégnantes, ou des instantanés qui semblent révéler des négatifs oubliés, se gardant bien d’établir entre eux une hiérarchie, de les ordonner en une chronologie rigoureuse ou d’en gommer les répétitions signifiantes. Un travail qu’une phrase tirée d’une scène où le héros revient sur les lieux de son enfance qualifie parfaitement : « Je fais des tours sur moi-même, pour tout embrasser ».

L’auteur embrasse en effet tout ce monde environnant plombé par la mort omniprésente, à commencer par celle – fondatrice – de la mère, ainsi que par la défaillance du père alcoolique et violent. Et il réussit à restituer ces « instants d’enfance » dans toute leur complexité et avec cette vivacité que lui offre le recours au temps présent. De courtes scènes qui souvent se répondent, se répètent ou s’opposent de manière très contrastée, violentes ou douloureuses mais aussi tendres et joyeuses, mêlant avec une tension extrême amour et haine ou désespoir, prière et colère ou joie et terreur, parfois jusqu’en leur sein même.

Cinq femmes chinoises, Chantal Pelletier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 16 Mars 2013. , dans Joelle Losfeld, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Cinq femmes chinoises, janvier 2013, 130 p. 14,90 € . Ecrivain(s): Chantal Pelletier Edition: Joelle Losfeld

 

 

Projet du plus grand intérêt : écrire sur la Chine actuelle, ce géant en devenir, ce dragon flamboyant, qu'on regarde tous. Le faire, par la face - moitié du ciel ; les femmes, sur plusieurs générations.  Entrer dans cet univers, non de l'intérieur de l'empire du milieu, mais, d'ici – regard occidental,  qui décline, mine de rien, une connaissance intime de cette planète étrange, interdite, encore...

La Chine et ses femmes habitent des rayons entiers de littérature occidentale. On a tous été nourris des superbes personnages de Pearl Buck, bien sûr ! D'Han Suyin, et, de la magnifique petite tailleuse échappant, par Balzac, à la Révolution Culturelle, via l'écriture serrée  de Dai Sijie, auteur franco chinois.

On était loin, dans l'ancienne Chine, loin, encore, au temps de Mao.

Confusion, Neil Jordan

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 24 Janvier 2013. , dans Joelle Losfeld, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Confusion (Mistaken). Trad. de l’anglais (Irlande) par Florence Lévy-Paoloni. 352 p. 22 € . Ecrivain(s): Neil Jordan Edition: Joelle Losfeld

 

 

Troublant. Jusqu’à l’extrême puisque le trouble porte sur l’identité même des (deux ?) personnages centraux du livre. Qui est qui dans le duo ? Le narrateur est-il le narrateur ou celui pour qui on ne cesse de le prendre tout au long de l’histoire. Kevin ou Harry ?

 

Dans une construction qui constitue une toile serrée de lieux, Neil Jordan nous emmène dans le dédale de ses obsessions. Les énigmes de l’amour, du sexe, de la filiation, des peurs de l’enfance. Avec, bien sûr, les figures inévitables de son univers, Bram Stoker, Dracula, les vampires, purement imaginaires ici. Bien sûr, il s’agit du premier roman du réalisateur de « Entretien avec un vampire ». Toute l’œuvre cinématographique de Jordan est hantée par les contes pour enfants sur leur versant noir, terrifiant. « La compagnie des loups » était déjà une version fantastique du « Petit Chaperon Rouge » qui croise le thème du Loup-Garou.

Les quatre éborgnés, Alice Massat

Ecrit par Gilles Brancati , le Mardi, 08 Janvier 2013. , dans Joelle Losfeld, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Les quatre éborgnés, sortie : 10 janvier 2013, 160 p. 16,90 € . Ecrivain(s): Alice Massat Edition: Joelle Losfeld

 

Bienvenue chez vous, « frères humains ». Jusqu’à quel degré ressemblons-nous aux personnages du livre. Sommes-nous Lune, Jefferson, Gaspard, Ugolin ou bien plus sûrement un peu tous à la fois au gré des circonstances de nos vies. Par choix ou par nécessité ? Car c’est le propos de ce livre : jusqu’où sommes-nous capables d’aller pour satisfaire nos besoins ? Jusqu’à demander un sac rempli de billets de banque en échange d’une déclaration publique ? S’agit-il d’un « œil pour œil », d’individus en situation d’échanges permanents. Feutrée ou plus violente, la sollicitation des autres et l’ajustement de nos comportements est permanent.

Lune débute un stage dans un journal qui hésite pour sa une entre deux sujets et les traite parallèlement jusqu’au dernier moment. S’ensuivent des rencontres dans un univers beaucoup plus réduit qu’on ne le croit. La « une » la plus probable concerne un écrivain dont Lune est devenue la secrétaire par le hasard d’une rencontre et dont il est le protecteur. Elle n’a pas d’objectif précis, elle est en errance affective et professionnelle et sans les ressources qui lui offriraient une autonomie. Ses choix, comme ceux des autres, sont alors guidés par la nécessité. Elle n’y échappe pas, elle est une héroïne ordinaire.