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Actes Sud

Et maintenant il ne faut plus pleurer, Linn Ullmann

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 27 Mai 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

Et maintenant il ne faut plus pleurer, traduit du norvégien par Céline Romand-Monnier, mai 2014, 416 pages, 23,00 € . Ecrivain(s): Linn Ullmann Edition: Actes Sud

 

Cela s’ouvre avec un titre qui semble annoncer une certaine légèreté, sauf que c’est la traduction française qui induit cela. Il semblerait en effet que « la précieuse » ou « le trésor » serait une traduction plus fidèle au titre original. La traduction américaine, The Cold Song, n’est pas plus fidèle mais cela n’a apparemment pas empêché le titre de compter parmi les best-sellers outre-atlantique.

Au départ cela ressemble à une dramatique ou à une grande série télé pour l’été, avec une famille plutôt aisée qui se retrouve dans la maison de campagne familiale où vit Jenny, la grand-mère au caractère bien trempé, comme l’on dit. Complétons le tableau avec Siri, la fille unique qui a réussi (elle possède deux restaurants) mais qui entretient des relations plutôt tendues avec sa mère. Il y a bien sûr aussi son mari, Jon, écrivain en panne sur le troisième tome de sa trilogie depuis des mois. Ils ont aussi deux filles, dont l’aînée, Alma, commence à poser quelques problèmes somme toute relativement « normaux » pour ses 12 ou 13 ans, seuil de l’adolescence.

Yamabuki, Aki Shimazaki

Ecrit par Stéphane Bret , le Samedi, 24 Mai 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Québec

Yamabuki, avril 2014, 144 pages, 13,80 € . Ecrivain(s): Aki Shimazaki Edition: Actes Sud

 

Zakuro Toda est une jeune femme japonaise, partisane de l’égalité entre les sexes, du libre choix de son futur époux. Elle est la nièce de Mme Aïko Toda qui va fêter bientôt son anniversaire de mariage avec Tsuyoshi Toda, rencontré il y a déjà quelques décennies.

Pour assurer son choix, elle décide de prendre conseil auprès de sa tante, femme mûre et expérimentée. En apprenant la future visite de sa nièce, Aïko Toda remonte le fil de ses propres souvenirs, de sa jeunesse dans le japon de l’après-guerre, marqué par l’occupation américaine, le sort des prisonniers de guerre japonais détenus en Sibérie, et dont on ne sait s’ils sont toujours vivants ou exécutés. Elle se souvient des usages du Japon d’alors, de la bonne éducation que l’on doit acquérir pour trouver un mari. On y apprend qu’elle admire son époux, salarié d’un entreprise prestigieuse. Il voyage, se comporte comme un samouraï, sert les intérêts de son pays, contribue à sa restauration. L’auteure décrit les aspects de la vie quotidienne d’alors, le poids du miaï, sorte d’institution des mariages arrangés, qui pesait sur les destinées des Japonaises…

Education d’un enfant protégé par la Couronne, Chinua Achebe

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 23 Mai 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Biographie, Récits

Education d’un enfant protégé par la Couronne (The Education of a British-Protected Child), traduit de l’anglais nigérian par Pierre Girard, octobre 2013, 200 pages, 21,80 € . Ecrivain(s): Chinua Achebe Edition: Actes Sud

 

Chinua Achebe est un immense romancier. On le sait, bien qu’on ne le sache pas encore assez.

Mais Chinua Achebe est aussi un écrivain engagé, un homme politique, un militant des droits de l’homme en général, un défenseur des droits de l’homme africain en particulier, un défenseur farouche et éclairé de cette histoire de l’Afrique et de ses peuples qu’ont si régulièrement occultée, voire niée, les personnalités politiques et les historiens « occidentaux », jusque dans certaines phrases prononcées encore en 2007 par un président de la République des Droits de l’Homme dans le tristement célèbre discours de Dakar.

Chinua Achebe avait 78 ans lorsqu’il a achevé cet ouvrage au long titre, recueil d’essais, de discours, de réflexions, et de souvenirs personnels, souvent intimistes, marquant des étapes essentielles de sa vie de personnage public et de personne privée, et repérant les événements ayant provoqué ou accompagné l’évolution de sa pensée politique, et en particulier de sa vision personnelle des rapports de l’Afrique au reste du monde.

Maluco, Napoleon Baccino Ponce De Leon

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 16 Mai 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman

Maluco, Napoleon Baccino Ponce De Leon, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Nelly Lhermillier, 408 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Napoleon Baccino Ponce De Leon Edition: Actes Sud


S’il s’abaisse, je le vante

S’il se vante, je l’abaisse.

Jusqu’à ce qu’il comprenne

qu’il n’est qu’un monstre incompréhensible.

(Pascal)

 

Bienvenue dans la Nef des fous. Certains livres, discrets, sont de petits chefs-d’œuvre. Merci Claudine Chapuis pour ce livre Fou, Maluco. Merci pour le récit picaresque de ce gnome juif converti violemment sous les moulinettes de l’Inquisition, obligé de parjurer sinon sa foi, du moins son assignation à être juif : si Juanillo savait vaguement qu’il était un peu juif (on lui a dit que sa mère était une putain juive) quelques questions alambiquées et cruelles lui auront asséné la certitude de son devenir-juif.

Excursions dans la zone intérieure, Paul Auster

Ecrit par Philippe Derivière , le Vendredi, 09 Mai 2014. , dans Actes Sud, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Biographie, Récits

Excursions dans la zone intérieure, traduction de l’américain par Pierre Furlan, mai 2014, 363 pages, 23 € . Ecrivain(s): Paul Auster Edition: Actes Sud

 

 

Trente ans après l’Invention de la solitude, son premier livre autobiographique, Paul Auster revient sur les traces de son propre passé, à cette époque lointaine où l’enfant faisait ses premiers pas dans le monde et s’efforçait de comprendre une réalité qui lui échappait en grande partie. « Nous sommes des inconnus pour nous-mêmes », disait déjà Julien Green. A l’instar du romancier français, Paul Auster voit dans l’enfant qu’il était un étranger, un double dont l’existence lui paraît aussi incertaine qu’un personnage de fiction. C’est donc le tu qu’il choisira pour s’adresser à ce fantôme dont il rassemblera les souvenirs, les ferveurs et les troubles, afin qu’apparaisse dans le cristal de la langue cette ébauche de soi-même qui nous tient lieu d’identité : « Exhume les vieilles histoires, fouille autour de toi pour trouver ce que tu peux, puis élèves les tessons vers la lumière pour les examiner. Fais-le. Essaie ».