Identification

Seuil

Les Éditions du Seuil sont une maison d'édition française créée en 1935.

Maison très respectée dans le milieu de l'édition, entretient de bons rapports avec ses auteurs. Elle a notamment publié les œuvres de Jacques LacanRoland BarthesPhilippe Sollers (première période) ou plus tard Edgar MorinMaurice Genevoix ou Pierre Bourdieu.

On the brinks, Sam Millar

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

On the Brinks, traduit de l’anglais (Irlande) Patrick Raynal, mars 2013, 360 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Sam Millar Edition: Seuil

 

« On était vendredi soir. J’aurais dû être au Star à boire une bonne pinte au son d’un orchestre épouvantable massacrant d’épouvantables imitations de Fleetwood Mac. Au lieu de ça, j’avais les couilles à l’air, le cul serti de chevrotines de goudron, et les balloches d’une méchante couleur magenta.

Et j’avais même pas encore atteint le Bloc. Putain, ça allait être un très long voyage dans la nuit ».

Récit autobiographique, On the Brinks, tient aussi, par les incroyables rebondissements de la vie de Sam Millar, du roman noir et du roman d’aventures. Membre de l’IRA participant durant ses années de détention à Long Kesh à la Blanket puis à la Dirty Protests, Millar rejoint les États-Unis après sa libération et sera à l’origine de l’un des plus gros braquages de l’histoire du pays : sept millions de dollars dérobés dans un dépôt de la Brinks à Rochester.

Tout cela, Millar le raconte avec détachement, humour et une bonne dose d’autodérision. Passant rapidement sur son enfance à Belfast, il divise son livre en deux grandes parties correspondant aux deux grandes aventures de sa vie.

La dernière nuit de L'Emir, Abdelkader Djemaï

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Vendredi, 29 Mars 2013. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Maghreb

La dernière nuit de l’Émir, 2012, 160 pages, 14,44 € . Ecrivain(s): Abdelkader Djemaï Edition: Seuil

 

Dans un récit où la réalité et la fiction, l’Histoire et l’épopée se mêlent et cohabitent intimement, Abdelkader Djemaï fait revivre l’Émir Abd el-Kader. Le fil conducteur de ce récit étant le thème de l’exil.

Chef de résistance, poète et ami des livres, un esprit humaniste d’une grande ouverture, l’Émir Abd el-Kader (1808-1883) a inspiré par sa vie et ses actes tant d’essayistes et d’artistes, du XIXe siècle à nos jours ; tant de livres d’Histoire, de peintures, de récits… lui ont été consacrés.

S’inspirant largement de la vie de l’Émir, Abdelkader Djemaï focalise son livre La dernière nuit de l’Émir, un récit, sur le dernier jour que l’Émir, ses proches, et ses compagnons ont passé sur le sol natal : le 24 décembre 1847. Après plus de dix années de résistance, marquées par des trêves et des traités (Traité Desmichels, Traité de Tafna), l’Émir décide de se rendre aux Français, sentant l’impuissance des tribus face à une armée puissante en matériel et en nombre. L’Émir obtient, lors de sa reddition, la promesse d’être conduit avec ses compagnons à Alexandrie ou à Saint-Jean-D’acre.

Mauvaises passes, Mohamed Al-Azab

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 01 Mars 2013. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Pays arabes

Mauvaises passes (Wuqûf mutakarrir), traduit de l’arabe égyptien par Emmanuel Varlet, Seuil, format kindle février 2013, 176 pages . Ecrivain(s): Mohamed Al-Azab Edition: Seuil

 

Nous est familier, dans le roman, l’usage de la troisième personne, qui instaure, entre le personnage « IL » et le narrateur, la distance maximale.

Nous sommes habitués, également, à l’emploi du JE, qui abolit cette distance pour donner l’illusion que le narrateur et le héros sont une seule et même personne.

Mohamed Al-Azab, pour ce roman court et dense, a fait le choix d’une autre perspective, beaucoup moins courante : le narrateur s’adresse au personnage principal en utilisant le TU.

Certes nous connaissons des exemples de romans à la deuxième personne (La Modification, de Michel Butor, ou Un homme qui dort, de George Pérec, pour ne citer que ceux-là). Dans ces exemples, le narrateur s’adresse au lecteur, et l’institue, de gré et de force, héros du récit.

Liquidations à la grecque, Petros Markaris

Ecrit par Mohammed Yefsah , le Mercredi, 06 Février 2013. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman

Liquidation à la grecque, 2012, trad. du grec Michel Volkovitch, 327 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Petros Markaris Edition: Seuil

 

Grandeurs et limites de Robin des Bois

 

C’est à la Grèce de la tourmente, de l’angoisse et du lendemain incertain, retentissement de la crise économique, que s’intéresse Liquidations à la grecque, dernier roman de Pétros Márkaris, et bien sûr au crime, au sens large, puisqu’il s’agit d’un roman policier.

En suivant l’enquête du commissaire Charitos, meurtre après meurtre, le narrateur nous plonge dans la Grèce actuelle et dans le système financier. Le commissaire mène son investigation dans une Athènes rythmée par les embouteillages, causés par les grèves et l’agitation sociale. La tension des masses se faufile, de passage en passage, au cours des déplacements de Charitos. Une poignée d’hommes, riches et puissants, demande à la majorité de se serrer la ceinture, de trimer plus. Dans l’angoisse, parfois le désespoir, cette majorité dans un premier temps calcule ses centimes, recourt à la débrouille, réinvente la solidarité pour ne pas sombrer. Sauver l’immeuble en feu, dans le brouillard de la fumée, c’est ce qu’exige le pyromane. A la violence souterraine, silencieuse, aux allures légales, répond la violence lisible, sur soi ou pour contester par la lutte.

L'étrange destin de Katherine Carr, Thomas H. Cook

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 29 Janvier 2013. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman

L’étrange destin de Katherine Carr (The Fate of Katherine Carr, 2009), traduit (USA) Philippe Loubat-Delranc janvier 2013, 296 p., 19,80 € . Ecrivain(s): Thomas H. Cook Edition: Seuil

Thomas H. Cook est un habitué des intrigues retorses aux constructions complexes qui font émerger les non-dits, les cadavres bien rangés dans les placards, la difficulté et parfois l’hypocrisie qui régentent les relations familiales et en particulier la complexité des rapports père-fils.

L’étrange destin de Katherine Carr ne déroge pas à la règle mais Cook y pousse bien plus loin les traits qui caractérisent son œuvre.

Quelque part, sur un bateau, George Gates, journaliste pour une feuille locale d’une petite ville provinciale, raconte à un homme dont on ne saura rien d’autre que le nom l’histoire de sa vie après la mort de son fils enlevé puis assassiné et dont on a repêché le corps en décomposition dans une rivière. Il raconte comment, après cette perte insoutenable, il a ressassé pendant des années chaque minute de la journée fatale. Et les vieux souvenirs. Il raconte aussi comment un ancien policier lui a parlé de la disparition, vingt ans plus tôt, de Katherine Carr, une poétesse et romancière qui a laissé derrière elle un étrange manuscrit qui pourrait aussi bien être une fiction que le récit des mois précédant le jour où elle s’est volatilisée. Il raconte enfin comment, pour Alice, une enfant passionnée d’énigmes policières et sur le point de mourir de la progeria, il s’est lancé sur les traces de Katherine Carr.