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La Pléiade Gallimard

 

La Pléiade est "l'élite" de Gallimard. L'entrée d'un auteur dans cette prestigieuse collection vaut mieux que bien des prix !

 

Marguerite Duras, L’Amant et autres écrits en La Pléiade (par Ivanne Rialland)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 23 Mars 2026. , dans La Pléiade Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, En Vitrine, Cette semaine

Marguerite Duras, L’Amant et autres écrits, préface de Julien Piat, textes établis, présentés et annotés par Sylvie Loignon et Julien Piat, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2026, 915 pages, 64 euros. . Ecrivain(s): Marguerite Duras Edition: La Pléiade Gallimard

 

Pour célébrer les trente ans de la mort de Marguerite Duras, la Bibliothèque de la Pléiade propose un tirage spécial regroupant les différents textes du cycle autobiographique indochinois, soit, dans l’ordre de leur parution, Un Barrage contre le Pacifique, L’Éden Cinéma, L’Amant et L’Amant de la Chine du Nord. Ont été reprises aux Œuvres complètes les présentations, extraits d’entretien, ébauches et versions antérieures, ainsi qu’une série de photographies, puisées pour certaines dans les Lieux de Marguerite Duras, pour d’autres dans l’Album Pléiade édité en 2014 par Christiane Blot-Labarrère.

Le volume ne comporte ainsi que peu d’éléments inédits, mais il offre pourtant une riche expérience de lecture en invitant à lire de façon suivie l’ensemble du cycle. On en suit les transformations et les échos au gré des quarante années qui séparent Un barrage contre le Pacifique (1950) et L’Amant de la Chine du Nord (1991).

Philip Roth, Romans (1993-2007) en La Pléiade (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 13 Janvier 2026. , dans La Pléiade Gallimard, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Philip Roth, Romans (1993-2007), édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski, avec la collaboration de Nicolas Cavaillès, Aurélie Guillain et Paule Lévy, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », septembre 2025, L + 1610 pages, 76 €.

En janvier 1988, Philip Roth reçut dans sa chambre d’hôtel new-yorkaise l’appel téléphonique d’un de ses cousins en Israël, lui reprochant à demi-mot de ne pas être venu le voir, alors qu’il se trouvait en ce moment à Jérusalem, comme l’avaient rapporté les médias locaux. À peine remis de sa surprise, le romancier américain répondit à un autre coup de fil, cette fois de son confrère Aharon Appelfeld, lui demandant pourquoi, avant de se rendre en Israël, il était passé par Gdansk et pour quelle raison il avait éprouvé le besoin d’y rencontrer Lech Wałęsa, rencontre dont un journal israélien s’est fait l’écho. Comme il suivait à ce moment de son existence un puissant traitement anti-dépresseur (dont on connaît les redoutables effets secondaires), Philip Roth se demanda s’il n’était pas victime d’hallucinations aussi élaborées que vicieuses (« C’est Zuckerman, me dis-je, espérant follement et bêtement m’en tirer par une pirouette, c’est Kepesh, c’est Tarnopol et Portnoy – ils ne font plus qu’un, ils sont sortis des livres et, pour se moquer, ils se sont incarnés en un fac-similé caricatural de moi-même ») et, depuis son hôtel de New York, il se décida à appeler Philip Roth dans son hôtel à Jérusalem.

Italo Calvino, Romans en La Pléiade (par Laurent Fassin)

Ecrit par Laurent Fassin , le Mardi, 06 Janvier 2026. , dans La Pléiade Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, En Vitrine, Italie, Cette semaine

Édition d’Yves Hersant, textes traduits de l’italien par Yves Hersant, Christophe Mileschi, Martin Rueff et Roland Stragliati, bibliothèque de la Pléiade, Paris, éditions Gallimard, 2024. . Ecrivain(s): Italo Calvino Edition: La Pléiade Gallimard

Étroits sont les liens que réalisateurs et écrivains italiens entretiennent avec l’Histoire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Italo Calvino ne se distingue pas en cela, lui qui a vu le jour en 1923 à Santiago de Las Vegas, à Cuba, et entrera sous le nom de « Santiago » dans la Résistance en rejoignant les Brigades communistes Garibaldi, groupe de partisans proches du parti, en 1944. Toutefois, ce n’est pas seulement l’Histoire, dont il est devenu l’un des témoins et acteurs, qui va guider ses pas ; mais bien plutôt la fiction : « L’attrait de la narration est une donnée première chez Calvino. Ce qu’il a révélé de son enfance, ce que l’on sait de ses lectures ou des premières pages qu’il a écrites l’atteste de toutes les manières possibles. Il a été fasciné par tout ce qui lui offrait le plaisir d’une histoire : livres d’images, films, récits.[1] »

Si « la résistance m’a mis au monde même comme écrivain [2]», déclarera-t-il au cours de sa carrière, un premier roman d’inspiration néo-réaliste, Le Sentier des nids d’araignée (1947), le voit délibérément prendre ses distances avec son existence propre. L’épreuve dont par chance il s’est tiré sain et sauf lui semble « pauvre, dérisoire », au regard de l’imagination qu’il sollicite aisément et dont il tire de vives satisfactions.

Alice suivi de La Chasse au Snark (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 28 Novembre 2025. , dans La Pléiade Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Alice suivi de La Chasse au Snark, traductions nouvelles, Philippe Jaworski, éd. bilingue, 207 illustrations, 1024 p., éd. Gallimard/La Pléiade, n°681 de la collection, 2025, 64 €

 

Royaumes enchantés

Les célèbres récits : Aventures d’Alice sous terre / Aventures d’Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du miroir, et ce qu’Alice y trouva, suivis de Le Frelon emperruqué et de La chasse au Snark, écrits par Charles Lutwidge Dodgson (alias Lewis Carroll, né en 1832 à Daresbury, et décédé en 1898 à Guildford), font l’objet d’une nouvelle traduction établie par Philippe Jaworski qui précise : « Le diacre Charles Lutwidge Dodgson n’a cure de célébrer la morale conventionnelle quand il écrit des histoires sous le pseudonyme de Lewis Carroll ». La composition des textes s’apparente au collage, au rêve, où, néanmoins, les rituels, les éléments du récit et les mœurs restent typiquement anglais. Lewis Carroll rédige les Aventures d’Alice « sur le fond sinistre de massacres en Irlande, d’oppression dans les manufactures et de la philosophie utilitariste de Bentham. » [Jaworski]. Le texte de Carroll est juxtalinéaire, d’une écriture ronde, qu’il illustre de dessins assez naïfs.

Les Trois Villes, Émile Zola, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade (par Gilles Banderier))

Ecrit par Gilles Banderier , le Jeudi, 13 Novembre 2025. , dans La Pléiade Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, En Vitrine

Les Trois Villes, Émile Zola, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », mars 2025, XLII + 1888 pages, 79 €.

 

Depuis bien des années déjà, on discute régulièrement du caractère opportun (ou non) et indispensable (ou non) de telle ou telle nouveauté venue étoffer le catalogue de la « Bibliothèque de la Pléiade ». Même préfacé par feu Marc Fumaroli, feu Jean d’Ormesson était-il plus important qu’Érasme, Milton, Leopardi, Thomas Mann ou Hermann Broch, tous absents dudit catalogue ? À qui observerait que le comité éditorial de la Pléiade est libre de publier qui il l’entend, on répondra que ce n’est pas tout à fait exact, car la Pléiade, imitée par des éditeurs étrangers (en Italie, Mondadori et Einaudi, qui a fait paraître sous le vêtement de la collection française des auteurs que celle-ci n’a pas publiés en France), a acquis le statut d’une collection semi-officielle, où l’on peut à bon droit s’attendre à trouver les plus grands auteurs étrangers, mais aussi et surtout les plus grands écrivains de ce qu’un critique anglais appelait « the third classic », après la Grèce et Rome : la littérature française.