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La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

Collection de poche des éditions de la Table Ronde

 

L’éclipse de lune de Davenport et autres poèmes, Jim Harrison

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 21 Mars 2017. , dans La Table Ronde - La Petite Vermillon, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Poésie

L’éclipse de lune de Davenport et autres poèmes, janvier 2017, trad. américain Jean-Luc Piningre, édition bilingue, 192 pages, 7,10 € . Ecrivain(s): Jim Harrison Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

Sans être en rien lyrique ni romantique, le poète-romancier Harrison en pur réaliste réussit à nous convaincre, le temps de la lecture de ses poèmes, de faire un bout de trajet américain avec lui. En Amérique profonde, cela va sans dire, tant les poèmes regorgent d’allusions à ces terres de solitude, pleines d’animaux (pumas, coyotes, corbeaux), à l’heure où Jim se donne un rien de vitalité en humant l’air de lune, la tombée du soir, en décrivant les alentours de son chez soi.

J’ai lu que dans

l’immensité sauvage

le vieux Nieh dressa un tigre des montagnes

à porter son bois pour le feu.

Le poète recueille le menu, l’infime, les vibrations, les altérations de l’air, les violences communes, et distille une mélancolie de fin du monde, où il se sent devenu trop vieux pour vivre les changements.

Mon amie Nane, Paul-Jean Toulet

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 23 Février 2017. , dans La Table Ronde - La Petite Vermillon, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Mon amie Nane, janvier 2017, 187 p. 7,10 € . Ecrivain(s): Paul-Jean Toulet Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

Il faut loyalement avertir tout lecteur de ce joyau littéraire : il sortira de ce livre éperdument amoureux de Nane et pour longtemps. Nane c’est Paris, la beauté, l’esprit, la joie d’être jeune et adulée par les hommes. Nane c’est l’insouciance des fêtes, des salons, des spectacles, du tout-Paris bourgeois du début du XXème siècle. Mais Nane c’est, d’abord, une jeune femme issue du peuple et qui s’est hissée dans le monde avec ce que la nature lui avait donné de mieux, sa beauté. Elle fait commerce de son corps mais en demi-mondaine, comme on disait alors. Aujourd’hui on utiliserait sûrement « call-girl » mais en tout cas jamais putain. Nane a trop de charme et d’intelligence pour ce terme brutal et jamais, le narrateur – Toulet sûrement – ne se permettrait son usage.

Ce roman, est-ce un roman ? Pas vraiment. On a une succession de tableaux mettant Nane dans diverses situations, devant son miroir, chez sa mère, à Venise, lors d’un apéritif mondain. Une succession qui, irrésistiblement, fait penser au théâtre, si prisé alors sur les boulevards parisiens. Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit point d’un « théâtre de boulevard » balourd et souvent trivial tel qu’on le connaît aujourd’hui. Non, nous sommes plutôt du côté de Labiche, avec des dialogues pétillants, un humour souvent très drôle, des personnages décalés et toujours étonnants.

Bottins proustiens, Michel Erman

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 12 Décembre 2016. , dans La Table Ronde - La Petite Vermillon, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Bottins proustiens, septembre 2016, 240 pages, 7,10 € . Ecrivain(s): Michel Erman Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

Deux dictionnaires – celui des personnages, celui des lieux – composent cet essai, écrit par un spécialiste proustien, de l’Université de Bourgogne. Comme le rappelle avec sagacité Erman, la Recherche, selon Georges Poulet, « s’affirme comme une recherche, non seulement du temps, mais de l’espace perdu » (p.132).

Le catalogue des personnages proustiens tient, il est vrai, du bottin. Aux principaux s’ajoutent tous les seconds couteaux d’un univers aristocratique et bourgeois. Albertine, la mère, Charlus, la Verdurin, Swann, Saint-Loup, Morel, Gilberte, la duchesse de Guermantes, Françoise, occupent avec la tante Léonie et Odette de Crécy le premier plan d’une œuvre de trois mille pages, qui fourmille de personnages, parfois très secondaires. C’est la richesse de la Recherche que d’offrir un tel tableau d’époque. Proust réussit par le dialogue à individualiser chaque être et le langage révèle caste et appartenance. Les comtes, les marquis abondent, puisque le Côté de Guermantes – celui du Faubourg Saint-Germain – est le fief des anciennes aristocraties, qui logent encore dans des hôtels particuliers (aussi peut-on lire Rohan ou Noailles ou Grammont sous les patronymes proustiens inventés, quoique Guermantes soit une municipalité bien réelle d’Ile de France).

Le Prince des Cravates, Lucien Daudet

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 26 Octobre 2016. , dans La Table Ronde - La Petite Vermillon, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Prince des Cravates, septembre 2016, 120 pages, 5,90 € . Ecrivain(s): Lucien Daudet Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

Avec ce bref roman, nous sommes plongés en pleine période proustienne, avec les décors, les soirées mondaines et les sentiments adéquats. Le héros de ce livre, Albert Salvage, est le prototype du mondain, revenu du service militaire, fêté par son milieu, et qui se voit tout d’un coup projeté dans un voyage, par le biais d’une invitation assez inattendue. Un ami de son père, Archibald Glenlyon Stetson l’invite ainsi près de Londres. Le roman pour l’essentiel déroule les fastes de Broadmore et le charme de la belle lady Glenlyon Stetson, Guanhamara.

L’ambiance est digne des romans du subtil Boylesve (Le parfum des îles Borromées) et annonce celle que Proust, grand ami de Daudet, va décrire à l’envi dans La Recherche.

Albert profite de cet univers facile, avec sa « fée », tout englué dans les sentiments, la complicité sans problème…

Le manteau de Proust, Lorenza Foschini

Ecrit par Philippe Leuckx , le Samedi, 22 Octobre 2016. , dans La Table Ronde - La Petite Vermillon, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Italie

Le manteau de Proust, La Petite Vermillon, traduit de l’italien par Danièle Valin, 144 pages, 5,90 € . Ecrivain(s): Lorenza Foschini Edition: La Table Ronde - La Petite Vermillon

 

L’essai de Lorenza Foschini illustre, sans jeu de mots, un pan entier de la vie de Proust et de son cher manteau mondain. Comme il révèle l’engouement de Jacques Guérin, amateur proustien des premières heures et collectionneur de tout ce qui touche à cet univers aussi mystérieux qu’intrigant.

Ce livre, donc, n’est pas seulement une enquête minutieuse quasi ethnographique sur le destin de cette pelisse proustienne, retrouvée au Musée Carnavalet, et de tout ce qui entoure cette découverte.

A l’origine, bien sûr, il est cette relation particulière qu’un proustien, Guérin, a réussi à nouer avec la belle-sœur et légataire de Marcel Proust, Madame Robert Proust, qui, d’abord réticente, permit à Jacques Guérin de retrouver certains manuscrits et autres objets des dernières heures de l’illustre écrivain.

Cette relation découvre aussi le mépris dans lequel Marthe, la belle-sœur, tenait l’œuvre de Marcel. Elle consentit cependant à laisser filer quelques traces ; elle en perdit beaucoup, puisqu’elle brûla nombre de papiers et d’écrits.