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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Le rire de la méduse Manifeste de 1975, Hélène Cixous (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 04 Mai 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le rire de la méduse Manifeste de 1975, Hélène Cixous éd nrf Gallimard, 53pp, 11€90 Edition: Gallimard


Quel homme (mâle !) se prétend-on pour oser écrire sur Hélène Cixous ?

Et pire, risque insensé, pour tenter de s’appareiller à Le rire de la Méduse, Manifeste de 1975, publié en 2024 à la NRF ?

Ce pourrait être un tract dont Gallimard a pris l’habitude, son format court et vif correspondrait, mais Le rire de la méduse mérite mieux, la collection ivoire, dite blanche est à bonne hauteur – pour ne pas dire auteure.

Tout le système phallogocentré en prend pour son grade, et à juste titre ! Y compris l’éditorial !

Écris, que nul ne te retienne, que rien ne t’arrête ; ni imbécile machine capitaliste où les maisons d’éditions sont les rusés et obséquieux relais des impératifs d’une économie qui fonctionne contre nous et sur notre dos ; ni toi-même.

André Malraux et la tentation de l’Inde, études, textes et documents réunis par Jean-Claude Perrier (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Jeudi, 30 Avril 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, La rentrée littéraire, En Vitrine, Cette semaine

André Malraux et la tentation de l’Inde, études, textes et documents réunis par Jean-Claude Perrier, éditions Gallimard et Ambassade de France en Inde, 2004, 263 pages, 25 euros Edition: Gallimard


J’ai sous les yeux une photographie en couleur, où l’or domine, de la colossale Maheshamurti de la grotte d’Elephanta au large de Bombay (aujourd’hui : Mumbai). On distingue André Malraux au premier plan, de profil, en costume et cravate mais ayant tombé la veste, les mains dans les poches, le visage et le corps marqués par l’âge (il a cinquante-sept ans…).

La Maheshamurti représente Shiva sous ses trois aspects : le créateur des quatre ères cosmiques ; celui qui les préserve ; puis qui les détruit pour qu’un cycle recommence. Cette illustration (le photographe, Jacques de Potier, travaillait pour Paris Match) occupe la couverture du beau livre publié conjointement par les éditions Gallimard et l’Ambassade de France en Inde en octobre 2004 sous la direction de Jean-Claude Perrier, André Malraux et la tentation de l’Inde. Elle m’a incité à relire les Antimémoires pour y redécouvrir, par-delà la mythomanie malrucienne, les causes d’une fascination prolongée sur plus de quarante ans.

La chute de Luis Ocaña dans le col de Menté – Christian Laborde (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 09 Avril 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

La chute de Luis Ocaña dans le col de Menté – Christian Laborde – poésie – Préface d’Éric Fottorino – Gallimard – 56 p. – 10 euros – 12/03/26 . Ecrivain(s): Christian Laborde Edition: Gallimard

« Col de Menté, col de Dante, cercles de l’Enfer. La roue tourne. Christian Laborde a arrêté son stylo-sismographe au point de douleur. Là où se fige la grandeur. »

Éric Fottorino

« jeudi 8 juillet 1971 / le soleil est partout et l’ombre nulle part / Luis / tu réclamais la montagne la voici sous les roues / Luis / les cimes te voulaient elles t’ont / sur leur dos tu te meus et vous ne faites qu’un / ciel virages vélo tout est la même chose / tout se confond tout est apothéose »

Christian Laborde

« col de Menté / col de Menté menteur / maudit col de Menté / la montagne grelotte / maintenant c’est le grain / maintenant c’est la flotte / la drache la radée la rabasse la renâpée / celle que les bergers recourant au gascon / notamment chagat / et le T se prononce et lui-même fait peur »

Christian Laborde

Le ciel a disparu, Alain Blottière (par Patrick Abraham)

, le Mardi, 10 Mars 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Edition: Gallimard


Je n’entreprendrai pas de résumer le dernier roman d’Alain Blottière afin de laisser aux lecteurs le vif plaisir de la découverte tel que je l’ai l’éprouvé moi-même. Je me contenterai d’en éclairer l’intrigue avant d’établir des correspondances avec quelques-uns des livres précédents de l’auteur.

Le ciel a disparu est construit sur une double narration, la deuxième soulignée par l’italique. Le premier narrateur prend la parole en 2050 et revient sur des faits qui se sont déroulés vingt-quatre plus tôt, à partir de mai 2026, appartenant donc à son passé mais, pour nous, en février de cette même année, situés dans un futur proche.

Le premier narrateur a une quarantaine d’années en 2050. C’est un adolescent de quinze ans en 2026, vivant à Sifra, une oasis égyptienne, avec son grand-père adoptif, l’écrivain septuagénaire Ayann Ader. On aura deviné qu’Ayann Ader est le narrateur du récit enchâssé. Les fidèles de Blottière, à qui Ader ressemble par divers traits sans s’identifier à lui, songeront bien sûr à l’oasis de Siwa, qui joue dans sa vie un rôle si important.

L’Époux, constat, Patrick Autréaux (par Luc-André Sagne)

Ecrit par Luc-André Sagne , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Époux, constat, Patrick Autréaux, collection « Sygne », Éditions Gallimard, coédition Labor et Fides, 2025, 208 p. 20 euros Edition: Gallimard

 

Rarement auront été tressés ensemble comme ici, dans ce qui se présente non comme un roman ou un récit ou encore un journal mais comme un « constat » (c’est le sous-titre), les trois thèmes distincts de l’orientation sexuelle, de la religion juive et du savoir scientifique.

« L’Époux » du titre renvoie directement au premier thème. Les toutes premières pages s’ouvrent en effet sur le mariage civil, laïque de deux hommes dont l’un est le narrateur, celui qui relate les faits a posteriori, du côté donc, si l’on veut reprendre les catégories de Gérard Genette, d’une analepse, d’une remémoration, et l’autre homme le sujet principal du texte qu’on peut nommer « l’Epoux ». Aucun prénom ni nom pour les distinguer, le premier s’adressant simplement par un « tu » au second.

C’est leur histoire, émaillée de tiraillements et de quasi-ruptures, mais débouchant finalement sur une réconciliation et un renouvellement de leur amour, qui est ici évoquée tout au long du livre, à travers les multiples questionnements du narrateur et ce constat précisément qu’il fait, essentiel, qu’ « un visage m’habite (…), le tien coïncide ».