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Folio (Gallimard)

Collection de poche des éditions Gallimard

 


Un pedigree, Patrick Modiano (par Frank Aïdan)

Ecrit par Frank Aïdan , le Mercredi, 19 Août 2026. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Cette semaine

Un pedigree de Patrick Modiano - 2005

Quand Modiano marchait sur les brisées de Simenon


Pour Gilles mon petit frère perdu le 12 mai 2024

Lorsqu’il publia Un pedigree en 2005, Patrick Modiano allait avoir soixante ans et était éloigné d’un peu moins de dix années de son prix Nobel de littérature qui lui serait décerné en 2014. L’on vit alors la référence à Pedigree publié en 1948 par Georges Simenon alors qu’il était âgé de quarante-cinq ans, et écrit après qu’on lui eut diagnostiqué en 1941 une très courte espérance de vie causée par des problèmes cardiaques (1). Mais l’on vit moins ou pas du tout que là où l’écrivain belge avait ôté tout article de son titre (Pedigree tout court un peu comme s’il ne pouvait s’agir que du sien), Modiano, lui, avait opté pour l’indétermination, l’indéfini de l’article « un » comme pour renvoyer au caractère commun de sa filiation. Il allait d’ailleurs encore plus loin que son titre à travers l’aveu suivant : « Je suis un chien qui fait semblant d’avoir un pedigree. Ma mère et mon père ne se rattachent à aucun milieu bien défini » (p. 13)(2).

Dimanches d’août, Patrick Modiano (par Marie-Pierre Fiorentino)

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 18 Juin 2026. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Dimanches d’août, Patrick Modiano, Folio 1989 (parution en 1986), 186 pages, 7,99 euros. . Ecrivain(s): Patrick Modiano Edition: Folio (Gallimard)


« Toute la journée, je l’attendais, allongé sur le lit de ma chambre.

Le soleil, à travers les persiennes,

dessinaient des taches blondes

sur les murs et sur sa peau. »

Est-ce parce que le narrateur, photographe, a aimé les jeux de lumières sur les murs et la peau de Sylvia que le souvenir que l’on risque de garder du roman est associé à la série de Lucien Clergue, Nus zébrés ? Le héros du roman, en tout cas, a renoncé à devenir artiste, disposé tout au plus à vivre de polaroïds vendus aux touristes de passage sur la Promenade des Anglais. En attendant, il s’est laissé photographier par un confrère et le cliché le représentant lui en rappelle un autre, conservé dans son portefeuille.

L’homme qui écrivait les arbres, Jean Giono (par Charles Duttine)

Ecrit par Charles Duttine , le Mardi, 16 Juin 2026. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’homme qui écrivait les arbres, Jean Giono, Editions Gallimard. Folio. Sagesses vertes, Avril 2026, 96 pages, 4€ Edition: Folio (Gallimard)

 

Au royaume des arbres

Il y a de multiples manières d'aborder l'œuvre de Giono. La nature en est une, avec les paysages de Haute-Provence, les collines, les grands espaces solitaires, la Durance et ses affluents, et enfin la présence des arbres. Pour ces derniers, il nous vient à l'esprit immanquablement sa belle nouvelle "l'homme qui plantait des arbres". On pense également à l'un de ses romans majeurs "Un roi sans divertissement" où tout commence autour de la figure majestueuse d'un hêtre. Ou encore, dans ses romans "Que ma joie demeure" ou "Le Chant du monde" dans lesquels les paysages forestiers donnent une impression de force immense où l’homme peut retrouver comme une forme de vitalité.

Et un petit bonheur de l’édition vient de nous être livré. Folio, dans sa collection « Sagesses vertes », rassemble quelques textes de Giono dans un ouvrage intitulé « L’homme qui écrivait les arbres ». L’ouvrage est composé de cinq textes, récits qui tiennent de l’essai ou de l’article de presse, écrits entre 1930 et 1960.

Rue de l’Espérance, Alexandre Courban (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mercredi, 03 Juin 2026. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Rue de l’Espérance, Alexandre Courban – 1935 – Folio – 288 pages – 9,50 € Edition: Folio (Gallimard)

 

Samedi 8 décembre 1934, Édouard Blutoir est installé dans le café qui fait l’angle du boulevard Kellermann et de la rue de l’Amiral-Mouchez dans le 13ème arrondissement. Il regarde son canon de blanc en hésitant, la veille il s’était promis que ce serait le dernier. Il est ouvrier, tourneur-fraiseur, et fier de sa condition. Pourtant, il doit sa présence ici, à cette heure-là pour avoir perdu une main à la suite d’un accident du travail en octobre 1931 chez Gnome et Rhône. Infirme, ils l’ont jeté à la rue et néanmoins, dans l’âme, il appartient toujours à cette classe ouvrière dont il porte fièrement le couvre-chef : la casquette. Celle que mettent les bourgeois pour faire du sport, une casquette plate avec un bouton sur le dessus presqu’un signe de ralliement. Car c’est l’époque des rebuffades chez les ouvriers et l’on rêve d’une union solide des partis politiques de gauche. On est à la veille du Front Populaire. Et, c’est aussi l’heure de la course aux armements. La preuve, à condition d’être soumis, ce qui n’a pas été forcément le cas de Blutoir, on trouve facilement du travail dans les grandes usines métallurgiques de la région parisienne. On embauche à Villacoublay chez Bréguet, à Billanccourt chez Farman, chez Lorraine Dietrich à Argenteuil

La mélancolie de la résistance, Laszlo Krasznahorkai (par Anne Morin)

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 01 Juin 2026. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman, En Vitrine

La mélancolie de la résistance, Laszlo Krasznahorkai, traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly, Gallimard 2006, folio n° 6152, 443 pages. . Ecrivain(s): László Krasznahorkai


Une boucle, une ronde, un rythme oppressant avec une reprise à chaque nouveau chapitre de la phrase terminale du précédent, comme le jeu des Surréalistes et des enfants, un « marabout, bout de ficelle » qui fait ressortir l’enchaînement lancinant ou accéléré des personnages à l’histoire.

Que se passe-t-il dans cette ville fantôme laissée à l’abandon, oubliée, où tout devient poussière, se dégrade, où les monuments tombent d’eux-mêmes, où l’on marche sur des détritus accumulés et les gravats des habitations ?

Un étrange convoi survient et stationne sur la place principale, on y montre en attraction une baleine morte monstrueuse.

La place de cette ville dont on suit quelques-uns des habitants se peuple soudain d’une foule de personnages venus d’ailleurs, attendant l’ouverture des guichets.