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Folio (Gallimard)

Collection de poche des éditions Gallimard

 


Intégrale H.P. Lovecraft, Tome 3, L’Affaire Charles Dexter Ward, Howard Philip Lovecraft (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 04 Février 2025. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Fantastique

Intégrale H.P. Lovecraft, Tome 3, L’Affaire Charles Dexter Ward, Howard Philip Lovecraft, Éditions Mnémos, mai 2022, trad. américain, David Camus, 168 pages, 19 € Edition: Folio (Gallimard)

 

Resté inédit du vivant de Lovecraft, qui trouvait imparfait ce récit, son plus long, L’Affaire Charles Dexter Ward, publié pour la première fois dans la revue Weird Tales en 1941, est depuis considéré comme l’un des textes majeurs d’un auteur surtout connu pour sa mythologie autour de Cthulhu, cycle de fantasy horrifique qui a même inspiré des disques de rock progressif. Pour citer le docteur Willett dans une lettre publiée en fin de volume, ce roman est l’histoire d’un jeune homme qui « n’a jamais été un monstre, ni même vraiment un fou, mais seulement un garçon avide de découvertes, studieux et curieux, dont l’amour pour le mystère et le passé a causé la perte. Charles est tombé sur des choses qu’aucun mortel ne devrait connaître, et a remonté le temps plus loin qu’il n’est recommandé d’aller, vers ces années d’où quelque chose a surgi pour l’engloutir ».

Trilogie d’une nuit d’hiver, Katherine Arden (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 28 Janvier 2025. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, USA, Roman

Trilogie d’une nuit d’hiver : L’Ours et le rossignol (9,40 €), La Fille dans la tour (9,40 €), L’Hiver de la sorcière (9,90 €), Katherine Arden, Folio, mai 2024, trad. anglais (USA) Jacques Collin Edition: Folio (Gallimard)

 

L’Ours et le rossignol (9,40 €), La Fille dans la tour (9,40 €), L’Hiver de la sorcière (9,90 €), Katherine Arden, Folio, mai 2024, trad. anglais (USA) Jacques Collin

La Russie du XIVe siècle, sous les règnes successifs d’Ivan II et Dimitri Ier Donskoï : un double moment-clé dans l’histoire de ce pays destiné à devenir un empire. D’une part, la religion chrétienne prend peu à peu le pas sur le paganisme ; d’autre part, Dimitri, grand prince de Moscou et de Vladimir, prend son indépendance par rapport à la Horde d’or des Tatars, et remporte une victoire décisive lors de la bataille de Koulikovo. C’est ce cadre historique qu’a choisi Katherine Arden pour raconter sa Trilogie d’une nuit d’hiver, trois romans à lire d’une seule traite pour qui aime la fantasy.

Kallocaïne, Karin Boye (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 14 Janvier 2025. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

Kallocaïne, Karin Boye, Folio, juin 2024, trad. suédois, Leo Dhayer, 288 pages, 9,40 € Edition: Folio (Gallimard)

 

Publié en Suède en 1940, Kallocaïne a aussitôt été traduit en anglais et a pu ainsi influencer fortement George Orwell pour son propre 1984, même si on se doute que Boye a elle-même été influencée par Le Meilleur des mondes de Huxley. On peut donc de bon droit considérer ce roman comme l’un des chefs-d’œuvre de la dystopie, genre qui surgit à l’époque où les totalitarismes naissaient et s’enracinaient en Europe, et qui connaît toujours un grand succès aujourd’hui.

La société que décrit Boye est basée entièrement sur la surveillance de tous par tous (dans cet ordre d’idée, chaque foyer se voit imposer une « assistante domestique » choisie par l’État), avec une subdivision et un cloisonnement des forces productives (le narrateur, Leo Kall, habite ainsi la « Ville de Chimie n°4 »), et une obligation pour chaque citoyen de prendre part à des exercices militaires au moins quelques soirs par semaine. Les enfants sont des inconnus, l’on se marie sans affection, l’on vit dans des appartements minuscules où les pièces sont modulables, l’on mange des plats peu nourrissants, l’on doit se soumettre à l’auto-critique – bref, l’on vit dans un État totalitaire où le bien-être individuel doit passer après « la sécurité de tous, la sécurité de l’État ».

L’Enchanteur, René Barjavel (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 09 Septembre 2024. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Enchanteur, René Barjavel, Folio, 1987, 480 pages, 9,90 € Edition: Folio (Gallimard)

 

Depuis plus de neuf cents ans, Merlin hante la littérature et l’imaginaire occidentaux, avec juste un passage à vide durant la Renaissance – mais un retour en force depuis l’époque romantique. Aujourd’hui encore, séries télévisées, parodiques ou non, et films s’inspirent de cette figure du magicien conseiller des rois et prophète. Et si l’influence de Merlin sur Gandalf, le magicien de Tolkien, est diffuse (Tolkien s’inspirait d’un fonds nordique plutôt que celtique), elle est évidente sur Dumbledore, le directeur de Poudlard, l’école de magie créée par J.K. Rowling pour sa saga Harry Potter. Bref, Merlin est une figure omniprésente, comme un point de repère dans l’histoire des histoires racontées.

Il était logique que Barjavel, en 1984, pour ce qui va s’avérer être son avant-dernier roman, choisisse de s’attacher à la destinée de cette figure emblématique entre autres d’un rapport fort à la nature, ce Merlin qui en vient à se fondre dans la forêt, devenant « bois vif, écorces, racines, feuilles vertes et feuilles mortes, graines germées, sèves montantes, odeurs mouillées, couleurs lavées que le soleil revenu chauffait et caressait ».

Le Chevalier aux épines I, Le tournoi des preux, Jean-Philippe Jaworski (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 03 Septembre 2024. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Fantastique

Le Chevalier aux épines I, Le tournoi des preux, Jean-Philippe Jaworski, Folio, mai 2024, 736 pages, 11,70 € Edition: Folio (Gallimard)

 

Il convient d’être honnête : non, bien qu’il ait reçu le prix Elkabin.net, le premier tome du Chevalier aux épines, la nouvelle incursion de Jean-Philippe Jaworski dans le Vieux Royaume, n’a pas convaincu, voire a lassé. De toute façon, on sait qu’un prix n’oblige en rien à l’adhésion – ce même prix avait couronné Deniers jours d’un monde oublié de Chris Vuklisevic, et ce roman avait agacé bien plus que plu. Mais là, il s’agit de Jaworski, dont l’œuvre a été célébrée à deux reprises en ces pages, et la déception est d’autant plus grande.

Tâchons d’expliquer pourquoi Le Tournoi des preux est tombé des mains. L’histoire est celle d’un chevalier, Ædan de Vaumacel, qui aurait dû se présenter comme champion de la duchesse Audéarde de Bromael, accusée d’adultère, mais en a été empêché. Il réapparaît un an après le procès, alors qu’elle est emprisonnée, désireux de restaurer son honneur et celui de la dame, emprisonnée. À cela se mêlent une histoire d’enfants de gueux enlevés et des tensions politiques au sein du duché de Bromael. Tout est donc en place pour un roman épique.