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Rivages/noir

Janvier noir, Alan Parks / L’Enfant de février, Alan Parks (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mardi, 22 Septembre 2020. , dans Rivages/noir, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres

Edition: Rivages/noir

 

Janvier noir, Alan Parks, Rivages Noir, février 2020, trad. Olivier Deparis, 523 pages, 10 €

L’Enfant de février, Alan Parks, Rivages Noir, février 2020, trad. Olivier Deparis, 416 pages, 23 €

 

Alan Parks qui publie ici son premier roman policier vient rejoindre ses brillants camarades que sont William McIlvanney, Ian Rankin, Peter May, Gordon Ferris, pour n’en citer que quelques-uns. Est-ce l’urbanisme écossais, les paysages, la pluie ou le whisky qui donne cette saveur si particulière au tartan noir ? Pour notre nouveau venu, après l’avoir lu, on peut penser qu’en plus du reste, une canette d’Irn Bru lui donne son goût incomparable. L’Irn Bru appelé jadis Iron brew est l’autre boisson nationale d’Écosse après le whisky. Cette petite bouteille de breuvage orange s’exporte partout dans le monde excepté dans le complexe de golf de Turnberry, propriété de Donald Trump où ce dernier l’a fait interdire. Revenons à nos moutons.

Kahawa, Donald Westlake (par Jean-Jacques Bretou)

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Lundi, 02 Septembre 2019. , dans Rivages/noir, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA

Kahawa, Donald Westlake, Rivages Noir, juin 2019, trad. anglais (USA) Jean-Patrick Manchette, 640 pages, 10,70 € . Ecrivain(s): Donald Westlake Edition: Rivages/noir

 

L’action de ce roman se déroule en 1977 en Afrique orientale. Il s’agit de détourner un train et sa cargaison de café, principale exportation du pays, d’une valeur de 36 millions de dollars. Ce hold-up est fomenté par un proche, conseiller blanc, d’Idi Amin Dada, le capitaine baron Chase. Ce dernier est associé à des Indo-Pakistanais, anciens habitants et commerçants d’Ouganda chassés par le régime du président sanguinaire, et vivant au Kenya. L’opération sera menée entre autres par deux mercenaires américains, anciens « bérets verts », Lew Brady et Frank Lanigan ainsi qu’Ellen la compagne de Lew.

Cette histoire abracadabrante, qui consiste à faire disparaître au nez et à la barbe de l’armée du président d’Ouganda son train de café, est totalement inventée même si un certain nombre de personnage sont réels, tel l’archevêque Janani Luwum. Elle est néanmoins une formidable illustration de l’état d’esprit qui régnait à cette époque-là dans ce pays et de l’humour de Westlake.

Ceux que nous avons abandonnés, Stuart Neville (par Christelle Brocard)

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Jeudi, 16 Mai 2019. , dans Rivages/noir, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Ceux que nous avons abandonnés, avril 2019, trad. Fabienne Duvigneau, 370 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Stuart Neville Edition: Rivages/noir

 

En l’absence de sa femme et de son fils, M. Rolston a été sauvagement assassiné dans sa demeure. Les soupçons se tournent immédiatement vers les frères Devine, deux jeunes orphelins hébergés par la famille Rolston, que la police retrouve prostrés, couverts du sang de la victime.

Ciaran, le plus jeune de deux prévenus, ne tarde pas à passer aux aveux. Bien qu’il soit difficilement concevable qu’un gosse de douze ans puisse être l’auteur d’un crime si effroyable, rien ne permet de mettre en doute sa culpabilité. Il est dès lors incarcéré dans un établissement pénitentiaire pour mineurs et n’en ressortira qu’après avoir purgé une peine de sept ans. Son frère, Thomas, condamné, lui, pour complicité de meurtre, est relaxé deux ans plus tôt. Le jour de sa libération, Ciaran est confié aux soins d’une conseillère de probation, Paula Cunningham, qui se serait bien passée de cette mission d’une nature doublement délicate.

Willnot, James Sallis (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 21 Mars 2019. , dans Rivages/noir, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Willnot, James Sallis, février 2019, 220 p. 19 € . Ecrivain(s): James Sallis Edition: Rivages/noir

 

 

Comme il en a l’art particulier, James Sallis déconcerte très vite le lecteur qui s’attend à un « roman noir » traditionnel, voire même à un roman noir tout court. Certes la première page nous fait découvrir un mystérieux charnier mis à jour – entrée classique d’un polar – à l’entrée de Willnot, petite ville (ne cherchez pas, vous ne trouverez pas) américaine dont le nom, à n’en pas douter, met d’entrée en doute l’existence réelle. Sallis en fait, en quelques chapitres, une ville à l’image des personnages auxquels il nous a habitués dans ses romans, une ville de solitaires, d’anxieux, de silencieux mais aussi de solidaires, de tolérants.

Willnot, une bourgade comme aucune autre, où rien ne se fait comme ailleurs, où la volonté commune, et communale, a choisi la marge, la bordure d’une géographie, loin du modèle américain. Les gens de Willnot ne ressemblent à personne.

1994, Adlène Meddi

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 16 Novembre 2018. , dans Rivages/noir, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb, La rentrée littéraire

1994, septembre 2018, 328 pages, 20 € . Ecrivain(s): Adlène Meddi Edition: Rivages/noir

Honneur 2018 de la Cause Littéraire

Bien au-delà du roman noir passionnant qu’il nous offre, Adlène Meddi nous dresse un portrait saisissant de l’Algérie des terribles années 90, de ses horreurs, de ses lâchetés et des dégâts irréparables causés aux cœurs et aux esprits de ceux qui les ont traversées. Surtout quand ces cœurs avaient alors 15 ou 16 ans, et qu’ils étaient pleins d’espoir et d’amour avant de connaître la dévastation. Pleins d’idéaux aussi et d’élans libertaires.

Amin, Sidali, Farouk, Kahina, Nawfel et les autres sont lycéens, jeunes, insouciants, remplis de rêves de succès et d’amour. Leur amitié est fusionnelle, ils sont inséparables. On est en 1992 et Alger offre un écrin lumineux à nos compères, à leurs flirts, à leurs jeux, à leurs plaisanteries. Mais l’histoire va frapper et – comme toujours quand l’histoire frappe – violemment, impitoyablement. C’est le début des « années de Braise », celles où le sang algérien va couler à flots, celles où les Algériens vont massacrer des Algériens. Les tueurs sont des deux côtés, Barbus du FIS où flics et militaires ivres de vengeance devant l’hécatombe des leurs. Et, peu à peu, inexorablement, tous vont glisser dans le fleuve de l’histoire, dans le fleuve de sang.