Identification

Rivages

Dans la lumière, Barbara Kingsolver

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 08 Janvier 2014. , dans Rivages, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Dans la lumière, Traduit (USA) par Martine Aubert août 2013, 560 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Barbara Kingsolver Edition: Rivages

 

Voici un étonnant roman, un pavé même, qui au début peut faire peur. En effet, on se demande un peu ce qu’on fait là, plongé brusquement dans le quotidien d’une famille américaine moyenne, éleveuse de moutons dans les Appalaches, un milieu rural et clos dont la vie est rythmée par les saisons et l’Église.

Tout démarre au moment où Dellarobia s’apprête à commettre l’irréparable. Dellarobia est la mère de deux jeunes enfants, Cordelia et Preston, et l’épouse presque accidentelle de Cub, suite à une grossesse à 17 ans, dont l’enfant mort-né a basculé dans le silence et un oubli imposé. Ce mariage précipité l’avait empêchée, elle qui était plus brillante que la moyenne locale, d’aller étudier à la fac, pour se retrouver à la place, jeune épouse installée dans la chambre d’enfant d’un jeune homme bon mais lourdaud, écrasé par son père mais surtout sa mère, Hester, une femme de poigne, rude et méprisante. Les parents de Dellarobia étaient morts, la belle-famille était propriétaire d’une exploitation, c’était donc à considérer comme une chance.

Nowhere to run, Gerri Hirshey

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 25 Novembre 2013. , dans Rivages, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Nowhere to run, Etoiles de la soul music et du Rythm & Blues, trad. (USA) Nicolas Guichard septembre 2013, 478 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Gerri Hirshey Edition: Rivages

 

C’est en 1984 que Gerri Hirshey publie ce livre et c’est en 2013 que les Editions Payot Rivages proposent cette traduction de Nicolas Guichard. Comme le sous-titre l’indique, Nowhere to run est une histoire de la soul music, du rythm & blues depuis ses origines jusqu’aux constellations que cette musique a engendrées.

Le titre tout d’abord. Nowhere to run est le titre d’une chanson que Martha Reeves interprétait en 1965 avec les Vandellas, chanson dans laquelle elle disait  l’emprise de cette musique « dont on ne peut plus se passer, on est tombé amoureux de cette musique, on ne peut la soumettre, mais on ne peut l’abandonner. » Ceci est vrai des musiciens les plus connus comme de ceux qui ont eu une carrière plus modeste.

Comment expliquer une telle emprise ? Deux réponses sont données par l’auteur ; les origines, les racines de cette musique et pour les musiciens le sentiment d’imprimer (de graver) une phase importante voire essentielle de la musique nord américaine et mondiale.

La vie secrète d'Emily Dickinson, Jerome Charyn

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 14 Novembre 2013. , dans Rivages, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

La vie secrète D’Emily Dickinson. Traduit de l’anglais (USA) par Marc Chénetier septembre 2013. 427 p. 24,50 € . Ecrivain(s): Jerome Charyn Edition: Rivages

 

Il faut en avertir le futur lecteur : quelle que fût la vie réelle d’Emily Dickinson, vous ne pourrez plus jamais penser à elle, ou rencontrer l’un de ses textes, sans donner au personnage une autre « réalité » que celle que bâtit Jerome Charyn dans ce livre brillant, attachant, délicieux !

Car c’est bien une partie importante de la vie de la grande poétesse américaine qui constitue le sujet de ce livre. Biographie alors ? Définitivement non, même si Charyn s’est armé jusqu’aux dents des outils nécessaires à rendre sa fiction parfaitement vraisemblable. Il s’agit bel et bien d’un roman dont l’héroïne est Emily Dickinson – la Emily Dickinson de Jerome Charyn, éperdument amoureux du personnage qui fut le premier poète qu’il ait jamais lu.

« Elle était le premier poète que j’eusse jamais lu, et je fus d’emblée accroché, hypnotisé, parce que son écriture enfreignait toutes les règles. Les mots provoquaient leur propre réaction en chaîne, leur propre feu. Elle était capable d’abasourdir, de charmer et de tuer « avec des dagues de mélodie ». Je ne me suis jamais vraiment remis de l’avoir lue. »

Le langage des cactus, O. Henry

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 06 Novembre 2013. , dans Rivages, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Nouvelles

Le langage des cactus, traduit de l’Anglais (USA) par Jean-Paul Gratias, août 2013, 153 pages, 7,65 € . Ecrivain(s): O. Henry Edition: Rivages

 

Le monde de O. Henry


Le langage des cactus est un recueil de huit nouvelles à l’épaisseur inégale. Cependant, la concision de l’écriture et la densité dramatique de certaines nouvelles comme la nouvelle-titre, ou encore celle intitulée Une croqueuse de diamant, donnent à voir le talent de cet auteur inspiré.

Les histoires mises en scène par O. Henry oscillent entre le tragique lié aux petites ironies de la vie quotidienne et le burlesque des situations. Aiguisé par son sens de l’observation, l’auteur s’inspire des drames et faits ordinaires qui font et défont une vie. Son décor est planté à New York, une ville cosmopolite et déjà à l’apothéose en termes de prouesses technologiques et de modernisme. Mais lorsque le lecteur se penche sur le sort de ses personnages, il remarque que cette ville en passe de devenir tentaculaire broie les plus humbles d’entre eux. Et plus précisément, O. Henry donne la voix à ces « petits gens » qui essaient tant bien que mal de survivre dans cette grande agglomération indifférente à leurs difficultés économiques et financières.

Faillir être flingué, Céline Minard

Ecrit par Laurence Biava , le Mercredi, 21 Août 2013. , dans Rivages, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Faillir être flingué, 21 août 2013, 336 p. 20 € . Ecrivain(s): Céline Minard Edition: Rivages

 

Céline Minard revient en cette rentrée littéraire 2013, deux ans après So Long Luise, avec cette fresque admirable, épopée et odyssée fondatrice, étrange et complètement à part, lugubre et vociférante, où tous les héros ouvrent des yeux blancs et révulsés au fur et à mesure que leurs histoires avancent. C’est un roman différent et perplexe qui travaille les chairs, les cœurs, les âmes et le mental, où la sensation de vivre et de survivre est omniprésente, étendue comme les plaines de l’Ouest américain, où tous les chemins de traverse permutent et se convoquent. C’est un texte comme on n’en fait plus, organique, crypté et magnifique, symbolique, fondateur, transfiguratif, avec une écriture constamment fine, toujours ciselée, taillée à la serpe.

Faillir être flingué, aussi étrange et halluciné que son titre. Tout se joue dans cette grande plaine américaine. Formidable western poétique, tragique avec tout ce que la nature humaine compte en densité et en théâtralité. Un western, un vrai, avec des indiens, des cow-boys, de la poussière et des sortes d’attaques de diligence. Un western des origines, lyrique, dramatique ou burlesque, célébrant les frontières mouvantes de l’imaginaire.