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Le Cherche-Midi

Le Cherche midi éditeur (ou Le Cherche midi) est une maison d'édition française fondée en 1978 par Philippe Héraclès et Jean Orizet, dans une librairie de la rue du Cherche-Midi, à Paris.

Sa production est axée sur un choix précis de thématiques : documents, littérature française et étrangère, poésie, humour, livres pratiques et beaux livres.

En 2005, la maison d'édition comptait 27 salariés, 10 directeurs de collection, des collaborateurs extérieurs et un rythme de publication de 120 titres par an ; elle fut rachetée en avril par le groupe d'édition Editis puis en 2008 par le groupe Planeta.

En 1991, avec le concours de la société Schering et sous le Haut patronage du Ministère de l'Agriculture, le Cherche midi a créé le prix littéraire sur manuscrits Olivier de Serres. En 2005, et dans le même esprit, est lancé le prix Terra, du nom de la collection créée en 1991, destiné à récompenser les meilleurs ouvrages inédits traitant « de l'agriculture, de l'alimentation et des territoires ».

 


Oméga mineur, Paul Verhaegen

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 17 Août 2011. , dans Le Cherche-Midi, Les Livres, Recensions, Roman

Oméga Mineur. Le Cherche Midi, Lot 49, 740 p. 25 €. 2010 . Ecrivain(s): Paul Verhaegen Edition: Le Cherche-Midi

 

Il y a des livres qu’on aime tellement qu’on a envie de les partager avec tout le monde. Il y a des livres qui changent la vie d’un lecteur. Il y a des livres comme Oméga Mineur du flamand Paul Verhaeghen.

Oméga Mineur est un monument. Un livre brillantissime comme il n’y en existera peut-être qu’un seul cette année. Ou dans les dix prochaines. Oméga Mineur est un livre total qui a l’ambition folle d’embrasser tout le XXe siècle. Et qui y parvient.

Comment débute-t-on un roman total ? Par une scène de sexe. Parce que « au commencement était l’Acte ».

Par le trou de la serrure, Paul Andermans espionne sa colocataire en pleins ébats. Mais quelque chose l’interpelle. Il a l’impression d’une mise en scène, comme si tout avait été organisé pour qu’il y assiste précisément à ce moment. Pendant plusieurs jours, cette scène va se rejouer dans son esprit et le torturer. Et c’est pourquoi il décide de se lancer dans la rédaction du « Grand livre » que nous pouvons lire.

Sonate cartésienne, William Gass

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 06 Août 2011. , dans Le Cherche-Midi, Les Livres, Critiques, USA, Nouvelles

Sonate Cartésienne (Le Cherche Midi, Collection LOT 49, 20 €) . Ecrivain(s): William Gass Edition: Le Cherche-Midi

Deux ans après la publication française de son monumental Tunnel, résultat de près de trente ans de travail, William H. Gass revient avec un recueil de quatre longues nouvelles comme autant de mini romans. Il y est question d’une femme extra-lucide ; d’un comptable itinérant spécialiste des bidouillages qui tombe sous le charme d’une chambre d’hôtes ; d’une vieille fille amatrice de poésie et tueuse de mouches ; d’un homme devenu un orfèvre dans l’art de la vengeance secrète. Autant de portraits de solitudes et de personnages dont l’existence est faussée par leur perception de la réalité.

Le titre du recueil, Sonate cartésienne, pourrait annoncer un mélange de musique et de philosophie, d’émotion et la raison. Et de musique, il en est bel et bien question, non pas au niveau des sujets abordés mais d’une écriture que Gass compare lui-même à un « thème musical ». Les variations de rythmes alternent, la phrase se fait ample, enveloppante, s’étire sur trois pages avant de brutalement devenir plus saccadée et de multiplier les coupures.

Ainsi qu’il l’affirme, William H. Gass fait la leçon. Et il la fait bien. Il n’est pas du genre à jouer les faux modestes (« Mon Dieu, rappelez-vous que je suis censé penser, sentir et voir pour tout le monde – vous vous en rendez compte ! – c’est ça le vrai boulot de l’auteur, et tout ce temps-là le Christ roupille dans son fauteuil »). Il a parfaitement conscience de son talent et il entend le démontrer en s’amusant avec le lecteur (avec des phrases du type : « Le lecteur attentif aura remarqué »), en disséminant des néologismes ici et là ou en faisant varier la narration de points de vue. Bref, n’est-il pas un excellent écrivain pour tous ceux qui veulent écrire ?

Les Forêts de l'impossible, Jean Orizet (par Didier Bazy)

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 21 Mai 2011. , dans Le Cherche-Midi, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Les forêts de l’impossible (œuvre en prose 1), 2011, 466 p, 21 € . Ecrivain(s): Jean Orizet Edition: Le Cherche-Midi

Encyclopédiste, archiviste, promoteur, éditeur, Jean Orizet est un passeur, passeur de poésie, passeur de vie, passeur de vies et d’œuvres.
Poète lui-même et méta-poète, il est l’inventeur de l’entretemps.
Qu’est-ce que l’entretemps ? Par le mot-valise, le concept est construit. L’entretemps est une création. Fil rouge, lien initiatique, accord fraternel, l’entretemps dénote une ambition modeste et une lucidité audacieuse.
Depuis le voyageur absent jusqu’à la publication récente du tome 1 de ses Œuvres en prose, JO, (Je Olympien – qu’il me pardonne) cultive la terre des mots, les siens et ceux des autres, pour, génér(h)eusement, offrir à la dégustation quelques millésimes choisis. Les géants tutoient les méconnus et la dégustation savante suggère des découvertes.
Ici sont rappelées les valeurs sûres. Ainsi les grands crus : Apollinaire, Blanchot, Bonnefoy, Borges, SJ Perse, Bosquet, Char, Gracq, Mallarmé, Michaux, Césaire, Nerval, Neruda, Pessoa, Prévert, Reverdy, Rimbaud, Rilke, Valéry, Verlaine, Virgile, Segalen…
Et là s’offrent à la main tendue : Kowalski, Levet, Brauquier, Cavafis, et… Fred.
JO ouvre grande la fenêtre à Fred. Qui est donc Fred ?

Les Foudroyés, Paul Harding (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 04 Mai 2011. , dans Le Cherche-Midi, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Les Foudroyés, 186 p. 15 € . Ecrivain(s): Paul Harding Edition: Le Cherche-Midi

 

Le livre débute alors que George agonise sur son lit de mort, victime d’un cancer en phase terminale. Il est installé dans le séjour de sa maison. Séjour dans lequel sont installées de nombreuses horloges. George était en effet horloger. Les membres de sa famille, enfants, petits-enfants, viennent veiller sur lui.
Huit jours avant de mourir, George commence à avoir des hallucinations. La maison, par exemple, s’effondre tout à coup sur lui. Mais George se souvient également. Mais est-ce un vrai souvenir ? Ou est-ce une autre forme d’hallucination ?
« Allongé sur son lit de mort, George avait envie de revoir son père. Il avait envie d’imaginer son père ».
Il se souvient donc de son père, Howard. Vendeur itinérant, il sillonnait les routes du pays sur sa carriole, disparaissant parfois de la maison pendant des semaines. Son père était épileptique. S’il s’arrangeait pour cacher ses crises à ses enfants, George en fut témoin de quelques-unes qui le secouèrent, notamment, quand, au cours de l’une d’elles, son père le mordit.

Générosité, Richard Powers (par Yann Suty)

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 30 Avril 2011. , dans Le Cherche-Midi, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Générosité, 480 pages, 22 € . Ecrivain(s): Richard Powers Edition: Le Cherche-Midi

Thassa Amzwar est une jeune femme heureuse. Un peu trop même pour certains. Elle est tout le temps contente. « C’est comme si elle prenait de l’ecstasy en continu ». Rien ne semble pouvoir lui enlever son sourire des lèvres et l’empêcher de voir la vie en rose. « Cette Algérienne possédait quelque chose de contagieux. Impossible de résister à son allégresse : c’était comme avoir 7 ans et se retrouver à dix heures de son huitième anniversaire ».
« Quand le temps se gâte, son ravissement augmente. Elle arrive en classe sous une averse glacée, la tunique et le pantalon trempé, les cheveux chocolat collés en tresse sur les épaules. Elle se plante dans l’encadrement de la porte […] et rit comme si elle revenait de Disneyland. “Quel temps ridicule ! C’est fantastique !” »
Pour son professeur Russel Stone, cet état perpétuel d’optimisme ne va pas de soi. Etre tout le temps heureux ? Irradier de bonheur ? Propager sa félicité à son entourage, comme une véritable contagion ? C’est d’autant plus anormal que Thassa Amzwar ne présente pas le « profil » pour être heureuse. Elle est en effet une « enfant de la mort », une traumatisée. Algérienne, elle s’est réfugiée au Canada après que ses parents aient été tués lors d’émeutes en Kabylie. Ensuite, elle a déménagé à Chicago pour y suivre des études dans l’objectif de devenir réalisatrice.