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Jigal

 

Les Éditions Jigal sont une maison d'édition fondée en 1989 par Jimmy Gallier.

Tout d'abord éditeur du Guide de la musique, et du site http://www.Delamusic.com à destination des professionnels de la musique et du spectacle, Jigal inaugure en 1998 une collection de polars et romans noirs avec la publication d'un premier titre de Del Pappas, le Baiser du Congre.

Les Éditions Jigal, basées à Marseille éditent des auteurs de polar francophone comme Maurice Gouiran, Philippe Georget, Jacques Olivier Bosco, le Juge André Fortin, Pascal Thiriet, Hugues Leforestier, Gilles Vincent, Serge Scotto, Del Pappas, Lilian Bathelot, Tito Topin, Maxime Vivas, Serge Yves Ruquet, Alain Pucciarelli, René Merle, mais également des auteurs de romans noirs et de polars urbains en provenance d'autres suds comme ceux d'Adlène Meddi (Algérie), de Janis Otsiemi (Gabon) ou Pierre Boussel (Maroc), etc

 

African Tabloïd, Janis Otsiemi

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 03 Décembre 2013. , dans Jigal, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Afrique, Roman

African Tabloïd, septembre 2013, 208 pages, 16,80 € . Ecrivain(s): Janis Otsiemi Edition: Jigal

 

Le titre du roman est à la hauteur de l’humour de son auteur. Si Janis Otseimi a sans nul doute une profonde admiration pour l’œuvre de James Ellroy, African Tabloïd n’est certes pas l’équivalent d’American Tabloïd, si ce n’est par l’effet d’une profonde dérision, voire de l’autodérision.

Nous sommes à Libreville, capitale du Gabon, ville opulente en façade, avec ses immeubles de verre et de marbre, mais qui abrite à sa périphérie « des agglomérations hétéroclites, des bidonvilles marécageux, infestés de rats et de moustiques ». Dans cette ville cosmopolite, dans un pays où se côtoient, sans pour autant s’entendre, au sens propre comme au figuré, près de 50 ethnies aux dialectes différents, policiers et gendarmes vont enquêter sur une série de délits et de crimes qui permettent à Janis Otsiemi d’illustrer avec une verve réjouissante quelques uns des maux qui rongent l’ancienne colonie française d’Afrique subsaharienne.

Au menu : corruption des forces de l’ordre, exécution d’un journaliste d’investigation dans un pays où la presse est à la solde du gouvernement, pédophilie et trafic de médicaments, inefficacité de l’administration dépourvue de méthodes et de moyens matériels et financiers, intrusion du pouvoir en place dans les enquêtes et collusions liées au népotisme…

Le chat Ponsard, André Fortin

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 08 Novembre 2013. , dans Jigal, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le chat Ponsard, septembre 2013, 248 pages, 18 € . Ecrivain(s): André Fortin Edition: Jigal

 

André Fortin, avant de devenir écrivain, a été juge d’instruction, juge des enfants, président de correctionnelle. Une carrière professionnelle où il a eu le triste privilège d’être le témoin de vies brisées dès l’enfance par des abandons puis des placements dans des fondations où l’instruction et l’apprentissage de la vie passe aussi par la soumission sexuelle à certains pensionnaires. Il fut le témoin et l’observateur d’une société où les intérêts publics et privés se mélangent, dans une course obsessionnelle au pouvoir et à l’argent. Des observations sans complaisance d’un homme qui se définit comme : « Un témoin engagé, plutôt porté vers les plus faibles car, historiquement en tout cas, le droit est fait pour ça, n’en déplaise à certains : rompre, par l’avènement de la règle, avec la loi de la jungle, la loi du plus fort ».

L’intégrité, l’honnêteté sont-elles des valeurs destinées à disparaître sous les attaques d’un monde à genoux devant le matérialisme, et la justice humaine peut-elle encore aller au bout de sa mission en maniant équitablement la balance et le glaive ? Telles sont, derrière l’intrigue de ce roman policier, les questions que l’auteur aborde avec tact et humanité.

Loupo, Jacques-Olivier Bosco

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 07 Octobre 2013. , dans Jigal, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Loupo, septembre 2013, 200 pages, 16,80 € . Ecrivain(s): Jacques-Olivier Bosco Edition: Jigal

 

Il y a du Jacques-Olivier Bosco dans le personnage de Loupo, à moins que ce ne soit l’inverse. Inutile de chercher dans la biographie de l’auteur des points communs avec le parcours chaotique du héros de son dernier polar. Non, l’identification que l’on flaire à chaque page du roman ne passe ni par les origines, ni par l’enfance abandonnée, ni par un CV de bandit spécialisé dans les braquages… Si Bosco est Loupo, ou l’inverse, c’est par la sensibilité exacerbée, par l’incapacité à guérir les bleus à l’âme infligés par les injustices, par la recherche perpétuelle d’un refuge salvateur dans l’amitié virile, le credo dans des valeurs humaines qui se dressent comme autant de remparts face à la désespérance, la jouissance dans l’amour qui donne encore envie d’y croire et de s’accrocher à l’existence. Écorchés, à vif, l’un et l’autre. Parfois désabusés, mais jamais cyniques. La rage en partage, mais aussi et surtout la tendresse.

Loupo, c’est un ancien môme de l’Assistance Publique d’Évry, comme son pote Kangou, le frappé des gros cubes. « Deux loups solitaires et méfiants », 25 piges chacun et déjà à leur actif pas mal de braquages de postes et de banques sur Paris et sa banlieue et qui bénéficient des tuyaux de Le Chat, leur « prospect », au parfum des mouvements de fonds et des sécurités mises en place. Les motos volées et trafiquées pour Kangou, les décisions et les flingues pour Loupo.

Le chasseur de lucioles, Janis Otsiemi

Ecrit par Alexis Brunet , le Mardi, 03 Septembre 2013. , dans Jigal, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Afrique, Roman

Le chasseur de lucioles, février 2012, 208 pages, 16 € . Ecrivain(s): Janis Otsiemi Edition: Jigal

 

C’est une plongée dans le Gabon contemporain que nous propose le romancier Janis Otsiemi. Une plongée dans une réalité bien dure, parfois crue, voire dérangeante. Au pays où le sigle SIDA signifie pour certains « Syndrome inventé pour décourager les amoureux », la vie humaine n’a pas la valeur qu’elle mérite, et celle des lucioles encore moins. Les lucioles, ce sont les prostituées. Mais le savoir avant d’entamer la lecture n’altère en rien cette dernière.

C’est pour se venger de la terrible nouvelle de sa séropositivité que Georges décide de transmettre le syndrome à une de ces lucioles, dans un motel de Libreville, capitale du Gabon. Hôtels de passe, flics de Série B, escroqueries en tout genre, Janis Otsiemi parvient à décrire le quotidien de son pays sans complaisance. A travers un style fait de phrases courtes et de mots bien placés, il réussit dès les premières pages à nous amener dans un univers comme si on y était. Et au passage, nous apprend quelques termes d’argot gabonais.

Djebel, Gilles Vincent

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 08 Juillet 2013. , dans Jigal, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman

Djebel, 256 pages, 8,80 € . Ecrivain(s): Gilles Vincent Edition: Jigal

 

Djebel a pour point de départ la mechta d’Ouadhia en Kabylie. En mars 1960, un détachement de la compagnie du 7e régiment de chasseurs, commandé par le capitaine Murat, campe sous la tente. Le jeune Antoine Berthier, opérateur radio, monte la garde en murmurant des vers de Victor Hugo. Berthier a de la chance. Dans trois jours, c’est la quille, le retour en France, sain et sauf, là où tant d’autres ont laissé leur peau. Quitter l’Algérie dont il ne connaît que « la caillasse et le sang séché » devrait le remplir de joie. Et pourtant, la perspective des retrouvailles l’effraye et le couvre de honte… « Tout le monde s’en est fait un, ici »… tout le monde, sauf lui.

Pas question pour trois gradés de la compagnie de le laisser rentrer « bredouille ». Ce qui se passe ensuite relève de l’impensable, de l’ignoble, de l’inhumain. Trop, beaucoup trop, pour un jeune homme qui choisit sur le bateau qui le ramène vers sa mère et sa sœur jumelle, vers Marseille et ses collines natales de Trets, de se donner la mort plutôt que d’affronter pour le restant de son existence le remords. Pour l’armée, pas question de dire la vérité à la famille. Pendant quarante et une années, Antoine sera mort au combat.