Identification

Editions Léo Scheer

Les Éditions Léo Scheer sont une maison d'édition française créée à Paris en janvier 2000 par Léo Scheer. Elle se spécialise dans la publications de livres de littérature, de sciences humains, de photographie, publiant également La Revue littéraire.

Un temps associées aux Éditions Farrago, Lignes et Manifeste, Al Dante et Via Valeriano dans le cadre d'une société de diffusion nommée La Fédération diffusion, les Éditions Léo Scheer se concentrent à présent essentiellement sur deux collections : « Laureli » et « Melville ».

Le catalogue de la maison compte (en 2010) environ 750 titres, et une trentaine de volumes sont publiés par année.

Les Éditions Léo Scheer sont diffusées en librairies par le Groupe Flammarion et distribuées par UD-Union distribution.

 

J'aime, Nane Beauregard et La Manouba, Solange Mézan

Ecrit par Didier Bazy , le Jeudi, 11 Juillet 2013. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, P.O.L

J’aime, Nane Beauregard, Editions POL, 2006, 93 pages, 9 € La Manouba, Solange Mézan, Editions Léo Scheer, 2011, 75 pages, 16 € . Ecrivain(s): Nane Beauregard Edition: P.O.L

 

 

Une psychanalyse sans coulpe.

J’aime de Nane Beauregard est un bloc sans vide, plein d’amour. Dans le bloc, résistant à toute entropie, circule le fluide vital au milieu de deux êtres : l’auteur(e) et son objet-sujet, Un livre, un hymne, un grand poème. Un texte n’est pas choisi par POL ou Léo Scheer par hasard : il lui faut beaucoup de singularité, et de singularités. Original à force d’être banal : la ligne voulue par Beckett n’est pas seulement inscrite en filigrane, elle est ici une force de création et d’expression.

Un bloc et un seul point. Un point, et « ce n’est pas tout », ne clôt rien, il ouvre. Un point final n’a pas de fin, pas de but. A quoi bon faire le point ? Dérèglement de tous les sens ? Time is out of joint : le temps est sorti de ses gonds. Le temps de la vie est un entre-temps. S’y plonger.

Les grimaces, Jennifer Murzeau

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 16 Mars 2013. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les Grimaces, juin 2012, 167 pages, 17 € . Ecrivain(s): Jennifer Murzeau Edition: Editions Léo Scheer

 

Paris, fin d’année, de nos jours. Les acteurs, rôle principal, Angelina Legrand, la trentaine, chargée de production au sein d’une chaîne de télévision. Rôle secondaire, Alain Hussard, quarante-trois ans, informaticien. Leurs points communs, leur lieu de travail, le même immeuble à La Défense ainsi qu’une propension marquée à une forme d’inconsistance existentielle, quasi-chronique aux yeux des autres, difficile et lourde à supporter par les deux protagonistes.

 

« Il avait l’air d’un con aussi au réfectoire lorsqu’il dépliait son long bras disgracieux à l’image de sa silhouette d’échalas, pour attraper le dernier pamplemousse, qui lui était dérobé avant qu’il l’ait atteint par une main étrangère ou indifférente. […] ce qu’Alain Hussard inspirait avant tout, c’était de l’indifférence. On ne le voyait pas, on ne voulait pas le voir. […] Angelina non plus n’inspirait grand-chose à grand monde, si ce n’est un peu de dédain ou de mépris. Elle vivait repliée sur elle-même ».

La chasse spirituelle, Arthur Rimbaud

Ecrit par Eddie Breuil , le Jeudi, 13 Décembre 2012. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

La Chasse spirituelle, décembre 2012, 448 p. 25 € . Ecrivain(s): Arthur Rimbaud Edition: Editions Léo Scheer

 

Deux livres en un, l’emballage en ayant fait naître un second.

Pour le contenu d’abord. Jean-Jacques Lefrère est très appréciable pour le travail de documentation qu’il mène dans ses différents travaux, et cet ouvrage mérite de servir de référence sur l’affaire de La Chasse spirituelle, qui a fait l’actualité en 1949. Les sources de M. Lefrère sont variées, et il le doit semble-t-il, entre autres, au regretté François Caradec et à Pascal Pia. La Chasse spitiruelle est ce célèbre faux produit par deux comédiens souhaitant prendre leur revanche sur des personnalités ayant égratigné leur représentation d’Une Saison en enfer. M. Lefrère rapporte l’histoire chronologiquement, montrant comment le faux a été divulgué, contesté par Breton (dont l’image est peut-être un peu trop sombre dans l’ouvrage), puis l’amusante tentative qui s’ensuivit pour démêler le vrai du faux, à savoir les réunions organisées entre les divers protagonistes, certains refusant d’admettre, malgré les aveux des comédiens, que le texte pourrait être un faux, et réclamant la réapparition du manuscrit. Parmi les anecdotes peu connues, on apprend que François Mauriac a failli se trouver parmi les piégés, et on découvre une parodie de l’affaire : la revue Le rassemblement avait en écho révélé l’affaire du faux Platon composé par Diogène Laërce (p. 176 et suivantes).

Laisser les cendres s’envoler, Nathalie Rheims

Ecrit par Stéphane Bret , le Lundi, 10 Décembre 2012. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits

Editions Léo Scheer, août 2012, 256 pages, 19 € . Ecrivain(s): Nathalie Rheims Edition: Editions Léo Scheer

 

Comment amortir le choc consécutif au départ d’une mère du foyer familial lorsque l’on est âgée de 13 ans, et que l’on appartient à l’une des familles les plus prestigieuses d’Europe, les Rothschild, dont on découvre sans peine l’identité dans le récit de Nathalie Rheims, Laisser les cendres s’envoler, sans qu’elle mentionne leur nom dans l’ouvrage.

Le titre aurait pu être libellé à l’impératif, c’est l’infinitif du verbe qui est retenu, pour une raison simple : ce travail de deuil de la disparition de sa mère a été long, douloureux, source de recherches sur sa famille, sur les pratiques de cette dernière, sur ses ascendants. Il s’impose comme un constat à la fin du livre, et non comme un impératif.

Ainsi, Nathalie Rheims nous suggère-t-elle que sa mère, enfant elle-même issue du remariage de son grand-père, aurait été fragilisée dans l’atteinte de son propre équilibre affectif. Ce dernier, sa mère semble l’atteindre en tombant amoureuse d’un peintre prétendument avant-gardiste dont Nathalie Rheims tourne en dérision les prétentions, l’arrogance intellectuelle, et surtout la place qu’il prend dans la vie de sa mère, excessive à ses yeux, car provoquant son exclusion affective de la famille.

Ne pleure pas, on se reverra, Géraldine Barbe

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 16 Octobre 2012. , dans Editions Léo Scheer, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Ne pleure pas, on se reverra, 10 octobre 2012, 150 p. 15 € . Ecrivain(s): Géraldine Barbe Edition: Editions Léo Scheer

 

« Elle a dit :

– Ne pleure pas ma petite sœur, on se reverra.

Et elle m’a serrée très fort et très gentiment dans ses bras. C’est drôle qu’elle ait dit ça parce que bien sûr on se serait revues si elle n’était pas morte mais elle est morte vingt jours après et on ne s’est pas revues » (page 65).

 

Marianne, aînée d’une fratrie de trois sœurs, meurt une nuit. La narratrice, benjamine de la famille, revient sur leur relation. Car Marianne a occupé longtemps la place du bourreau, et la narratrice, bénéficiant parfois de la protection du « bouclier » (la sœur du milieu) s’est retrouvée bien malgré elle dans le rôle de la victime.

Syndrome de Stockholm ou configuration familiale finalement classique ? A la mort de Marianne, la narratrice cherche dans le passé toutes les excuses au comportement de son aînée.