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Arléa

 

Après vingt-cinq ans d’existence et plus de neuf cent cinquante titres au catalogue, Arléa poursuit son chemin, guidé par les exigences fixées lors de sa création : authenticité, qualité et originalité.

Régularité et constance sont des clefs de notre ligne éditoriale, nous publions trente titres nouveaux chaque année, poches compris.

Les grands classiques de l’Antiquité (qu’il s’agisse de textes grecs, latins, hébreux, sanscrits ou arabes), les premiers romans, les traductions contemporaines les récits de voyage, contes de Noël ou essais en tous genres...

Et rien de ce qui touche à la littérature ne nous est indifférent.

(Site de l'éditeur)

 

Comme une ombre portée, Hélène Veyssier (par Sandrine Ferron-Veillard)

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Vendredi, 18 Septembre 2020. , dans Arléa, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Comme une ombre portée, Hélène Veyssier, août 2020, 129 pages, 17 € Edition: Arléa

 

Une musique, une peinture, une sculpture. Une photographie. La pièce majeure qui suit une existence, la décrit, l’habite. Ou la fait vaciller. Comme si chacun d’entre nous avait un objet qui le bouleverse, un ou plusieurs, qui le traduit.

Ce livre, c’est un couloir d’entrée. Et une peinture. C’est une phrase qui centre et fait basculer toutes les autres. À haute voix et dans le silence. Oui lire à haute voix le silence du livre. La force des images perdues qu’il génère. La réparation qu’il induit. Les formes abominables que les blessures prennent lorsqu’elles cicatrisent.

Elles cicatrisent. 1958, 1981, 1989. Trois seuils. Trois cycles.

J’aurais pu m’arrêter là. Regretter un manque d’épaisseur. J’avais lu vite. En quelques heures j’avais traversé les murs sans l’excitation de la pièce qui suit. L’après.

Je n’avais pris aucune note. J’avais recopié une seule phrase.

Ozu, Marc Pautrel (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 18 Septembre 2020. , dans Arléa, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Ozu, juin 2020, 168 pages, 9 € . Ecrivain(s): Marc Pautrel Edition: Arléa

 

A une certaine époque, bien avant la redécouverte de Yasujirô Ozu, vers les années 1978-1979, l’on connaissait très peu de films du grand cinéaste japonais, à peine six films dont Claude-Jean Philippe avait donné une bien belle lecture dans les Dossiers du Cinéma, parus en 1970 chez Casterman.

Le romancier Pautrel, par ce bref roman, donne l’occasion à un jeune public et aux fans de toujours, de revenir sur un parcours étonnant. Contrairement à ses deux pairs, Kurosawa, et Mizoguchi, de nombreuses fois primés lors des festivals européens, et ce dès 1950, à Venise surtout, Ozu avait connu un plus long purgatoire. Il fallut attendre quinze ans au-delà de sa mort en décembre 1963 pour qu’on parle enfin de cette œuvre née dans le muet, et qui trouva sa plus haute période artistique de 1949 à 1963.

Roland Barthes, Au fil du temps, Patrick Mauriès (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 16 Mars 2020. , dans Arléa, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Roland Barthes, Au fil du temps, Patrick Mauriès, février 2020, 96 pages, 9 € Edition: Arléa

 

Quand Mauriès ressuscite Barthes… chez Arléa

Les années 70 furent les années liées à tout jamais à la nouvelle critique, à l’épanouissement d’une nouvelle linguistique (Barthes, Lévi-Strauss, Todorov…), à la découverte des analyses structuralistes et lacaniennes, de la sémiotique textuelle (d’un côté, Jakobson, de l’autre Lacan, Ginette Michaud (FR), Ginette Michaux (BE)). Un ouvrage, parmi tous, compta : le fameux S/Z de Barthes et ses fameux décodages !

La critique traditionnelle, lansonienne, picardienne prenait du plomb dans l’aile et il devenait vain de croire qu’on pouvait épuiser les significations d’un texte par les seules références biographiques ou thématiques.

Un seul, un grand, échappait à cette polémique (qui dura fin années soixante/début des années 70) : Bachelard, phénoménologue littéraire hors pair : son imaginaire poétique, sa méthode des quatre éléments passés au crible du regard du philosophe rationaliste éblouissaient.

Proust Vermeer Rembrandt, Jean Pavans (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 12 Novembre 2018. , dans Arléa, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Proust Vermeer Rembrandt, octobre 2018, 84 pages, 7 € . Ecrivain(s): Jean Pavans Edition: Arléa

 

Le spécialiste de Henry James consacre ici un petit livre à Proust et à sa manière de lier peinture et littérature.

Il paraît dans une collection précieuse et élégante, et la couverture occupée aux 2/3 par la reproduction de Vue de Delft, célébrissime tableau du grand Hollandais Vermeer, est une splendeur. De plus, chaque lettre qui compose les prénom et nom de l’auteur se voit gratifiée d’une couleur différente.

En tant que tel, le petit livre est composé de trois parties : un essai de Jean Pavans, La mort en sa peinture, la note de Proust axée sur Ruskin et Rembrandt et le fragment de La Prisonnière (ouvrage posthume, publié en 1923) relatant La mort de Bergotte.

L’essai de trente-trois pages mesure combien art – peinture, musique – et littérature ont une place de choix dans La Recherche. Bien avant Focillon, Proust s’est penché, avec Ruskin, qu’il a traduit et présenté, sur les liens complexes entre l’œuvre d’art et la propre lecture de soi.

Faune et flore du dedans, Blandine Fauré, par Sandrine Ferron-Veillard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Lundi, 15 Octobre 2018. , dans Arléa, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Faune et flore du dedans, août 2018, 220 pages, 20 € . Ecrivain(s): Blandine Fauré Edition: Arléa

 

« Il faut faire de la nature un projet de droit », déclarait Michel Serres (1), ajoutant qu’il faudrait urgemment « trouver un avocat à la nature ». Trouver des remèdes. Plus de marrons, plus de fleurs, plus de merles, plus de mésanges, plus de moineaux, plus d’abeilles, plus d’insectes pour nous importuner. La Nature ne nous dérangera plus. Et ça se joue à trois ans près. Le vivant qui meurt dans nos appareils, pour nos pulsions, grâce à nos progrès. Pourtant ! Nous avions toutes les bonnes raisons d’agir ainsi. Il fallait bien pallier la peur ancestrale, n’est-ce pas, la peur matrice de nos cerveaux, réduire la dépense d’énergie pour maintenir nos existences. La vie avec une belle majuscule, quitte à tuer tout ce qui la menace directement.

La Nature.

Ne croyez donc pas que ce livre est un manifeste. Ne cherchez d’ailleurs pas de qualificatif, vous n’en trouverez point. D’une nature plutôt épiphyte. Car s’il devait être un végétal, il serait une liane.

Épiphyte, qui croît sur d’autres plantes sans en tirer sa nourriture.